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plus volumineux. L'écartement qui les sépare est d'un bon travers de doigt, hémartrose assez abondante, Empossibilité de tout mouvement. Gouttière ouatée et compresses d’eau blanche,
A partir de ce moment, l'opération est décidée, mais on attend que le gonflement ait un peu diminué. C’est un homme fort, vigoureux, de bonne constitution.
Opération le 19 mai. Incision czarbe externe, lambeau rejeté en dedans. Ecoulement d'une certaine quantité de liquide rougeñtre. 11 existe des caillots entre les surfaces fracturées : avec une éponge trempée dans du naphtol camphré et exprimée. ils sont enlevés. Les parties fibreuses ne sont pas trop irrégulièrement déchirées, mais elles se placent manifestement entre les deux fragments. On les relève et on fait la suture en lacet et le pansement.
Aucune réaction ; pas de fièvre. La première nuit cependant le malade s’est plaint de douleurs assez vives.
A partir du lendemain, rien à noter, le malade va bien.
Le 9e jour, on fait un seul pansement pour enlever les “fils. Quelques jours après on se contente de saupoudrer le genou avec de la poudre de bismuth et Fon met seulement une bande et de la ouate.
Le vingt-troisième Jour, le malade se lève avec des
béquilles et le vingt-sixième après son opération, il part
ere,
pour Vincennes, le 45 juin 1892. Le cal est osseux : la rotule est à peine augmentée de longueur de quelques
millimètres.
Elle est également un peu élargie. I n°y a pas d’atrophie de la cuisse à la mensuration ; mais les muscles paraissent un peu mous et flasques. Il commence à faire quelques mouvements actifs de flexion, mais qui ne sont pas très accentués. Quatre jours après être arrivé à V incennes, il marchait avec une canne : c'était le trentième jour après son Opération:
Le 20 décembre 1892, c'est-à-dire sept mois après, nous revoyons le malade. Il nous apprend qu'après sa sortie de Vincennes, il a fait très-rapidement des progrès. Depuis qu'il est revenu chez lui, il fait un travail des plus fatigants il est cocher livreur chez un marchand de métaux. Il monte dans la journée de nombreux étages avec des lingots de plomb ou d’étain de poids variable (25-30-70-109 kilos). Toutefois à partir de 60 kilos, il éprouve encore un peu de fatigue du côté de sa jambe droite. Pas d’atrophie. Cal osseux, la rotule fracturée n'a que quelques millimètres de plus de hauteur que la rotule saine. La flexion depasse largement l'angle droit ; elle est presqu'aussi complète que du côté sain. La peau glisse parfaitement Sur les parties
profondes.
Le 31 Mars 1893 (dix mois après l'opération) le malade va idéalement bien. Il à une très grande force et une très grande solidité dans sa jambe blessée, La veille, 30 mars, ia pu charger 3.009 kilos de plomb sans fatigue particulière de ce côté. Tous les mouvements sont revenus ; il monte et descenT1 parfaitement les escaliers. FE n'a jamais eu ni entorse, Li chute, ni aucun accident du côté de son genou. C’est la restitution ad integrum dans le sens le plus complet.
OBSERVATION HI (Opsration par M. Périer)
CH. âgée de 32 ans, employée dans une fabrique de jouets d'enfants, est amenée à Lariboisière, le 28 juin 1892. Fracture transversale Simple de là rotule. Un doigt d'écart entre les fragments. Suture des parties molles: pas de suture osseuse. Consolidation en vingt-cinq jours. La malade sort, en marchant bien, le 7 août. La plaie cutanée à tres légèrement supuré.
La malade quelque temps après sa sortie de l'hôpital a pu reprendre son travail où elle est occupée toute la journée, Elle l'a toujours continué sans interruption, sauf pour une bronchite qui la obligée à rester chez elle pendant quinze jours. Elle monte et descend les escaliers
facilement; elle habite au deuxième étage et va chercher
uue où deux fois par jour de l'eau dans la cour avec un seau qui contient au moins dix à douze litres. Elle n’a pas de douleur et n’a eu aucun actident du côté de la jambe blessée. Bref, si elle ne toussait pas, cette malade irait admirablement bien. Elle marche sans boiter. Il est impos- Sible, en examinant les deux genoux, de reconnaître le côté blessé : la cicatrice cutanée en est la seule trace.
Cal osseux. La rotule à à peine trois ou quatre LL mètres de plus de longueur, la largeur est la même. La flexion active qui dépasse de beaucoup l'angle droit, n’est pas tout-à-fait aussi complète que du côté opposé (la malade ue s'est Jamais exercée à faire des mouvements). Pas d'atrophie. La peau est parfaitement mobile sur les parties
profondes. Ensomme, le résultat est parfait.
OBSERVATION IV (Opération par M. Picqué)
B., âgé de 29 ans, maçon, entre à Lariboisière, salle A. Paré, le 8 août 1892. Le jour même, le malade est tombé sur le genou et cet accident a déterminé chez lui une fracture de la rotule gauche.
Examen : marche impossible, Ecart de deux centimètres à deux centimètres et demi ; fragment inférieur tres petit,
Hémarthrose abondante.
Suture le 10 août par M. Picqué, qui remplacé M. Périer. Incision courbe externe.
Articulation largement ouverte. Fragment inférieur très court. La surface fracturée se trouve retournée vers Parti: culation, de sorte qu'un appareil n'aurait jamais pu mettre ces surfaces en bon contact. L’articulation est remplie de
caillots.
Lavage au s<ublimé et au naphtol cambré. Suture des parties molles par le procédé du lacet. Pas de suture osseuse. M. Picqué place un autre point de suture à soie entre le tendon et le ligament rotulien. Suture de la-peau au crin de Florence. Immoôbilisation avec'les lamelles de gine, la jambe étant en extension,
25 août. — On enlève les fils Réunion par première ntention.
26 août. — Pas d’écartement entre les fragments. Le briceps est un peu mou et présente une très légère atrophie, mais il se contracte fort bien,
28 août. — Le malade se lève et marche deux heures avec ses béquilles. On lui conseille de frictionner lui-même un peu son muscle.
10 septembre. — Le malade fait de rapides progrès. II monté les deux étages de Lariboisière, la flexion se fait
très bien. IL marche presqu'aussi bisn qu'avant l'accident.
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Il a cependant encore un peu de raideur dans l'articulation.
21 septembre. — Le malade quitte l'hôpital: il marche bien, il n’a pas d’atrophie, la flexion est presque complète.
Le malade, après sa sortie de l'hôpital, à bientôt repris son travail de macon. Il marchait très bien ; montait et descendait parfaitement à une échelle. Il ne S’est Jamais plaint de sa jambe et n’a jamais eu aucun accident de ce côté. Au commencement de l'hiver, il est rentré dans son pays. comme font beaucoup d'ouvriers de son métier ; mais comme eux, il ne tardera pas à revenir au printemps à Paris.
OBSERVATION V (in thèse Gilis) (Opération par M. Périer) :
B. R., âgé de 41 ans, menuisier, entre à l'hôpital le 24 octobre1892, salle À, Paré, n° 20.
La veille, vers deux heures de l'après-midi, monté sur une échelle, il arrangeait une fenêtre à 4 mètres de hauteur environ, quand les pieds de l'échelle ont glissé; il est tombé à plat ventre : il s’est relevé, a fait quelques pas en avant en traînant la jambe et est° allé S'asseoir sur les marches d’un escalier.
Transporté chez lui, un médecin, M. Cayron, est appelé
et voit le blessé immédiatement après l'accident. diagnostique une fracture de la rotule et lui conseille d'entrer à Lariboisiére, ce qu'il fait le lendemain.
Cest un homme robuste, se portant habituellement très bien. Il n'a gardé lé lift que pendant huit jours en 1889 pour une fluxion de poitrine.
25 Octobre — Epanchement considérable, gonflement énorme ; examen difficile, On ne trouve pas de séparation nette des fragments, cependant vers la pointe de la rotule. on sent une dépression assez nette. — Traitement : gouttière et glace.
26 Octobre. — Même état. La dépression que l'on constate parait bien inférieure pour une fracture de la rotule, On peucbre vers le diagnostic d'arrachement du ligament rotulien.
Cependant les jours suivants le gonflement à diminné, etle diagnostic précédent ne Satisfait pas entièrement, parce que l’impotence du membre est absolue et qu'on obtient de la mobilité anormale avec de la crépitation qui parait osseuse.
31 Octobre. — M. Périer, après avoir de nouveau examiné le malade, pense qu'il y a une fracture de la rotule, accompagnée peut-être d’une lésion du ligament rotulien, at propose la suture au malade qui l'accepte.
3 Novembre, — Opérations. M. Nélaton, qui venait voir
le procédé en lacet, assiste directement M. Périer.
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Incision courbe externe. Lambeau rejeté en dedans. On constate d’abord une déchirure transversale nette du surtout rotulien au niveau de la pointe de la rotule, ce qui avait fait penser à un arrachement du ligament rotulien. Passant alors le doigt par cette fente, M. Périer constate la fracture de la rotule qui s’est produite un centimètre plus haut que là déchirure des parties molles. On s'explique alors les sensations diverses que l'on éprouvait à l'examen et l'incertitude dans laquelle on était de tout rattacher à une fracture de la rotule où à un arrachement du ligament. En réalité, le diagnosticde M. Périer se trouvait confirmé, il y avait fracture de la rotule et le surtout rotulien était également déchiré. La même constatation à été faite par M. Nélaton. Nettoyage au naphtol camphré et suture
en lacet. Pas de drainage.
4 Novembre. — Pas de température. Pouls excellent. Mais le malade a eu des douleurs pendant la nuit. Les jours
suivants la douleur se calme. Aucune réaction.
16 Novembre. — La compression $’est un peu relâché. Premier pansement. Réunion parfaite, on enlêve les erins
de Florence. Salol, ouate, attelles de zinc.
25 Novembre. — Pas de température. Deuxième
pansement. On supprime les attelles et on ni per-
met de se lever, C'est le vingt-deuxième jour. apres l'opération, S |
26 Novembre. Le malade qui n'attend pas qu'on lui donne des béquilles, a marché la veille pendant deux heures en s’accrochant au lit et en s’asseyant de, temps en temps. Il s’est appuyé plusieurs fois sur sa jambe. Le pansement présente une tache grosse comme une pièce - de 1 franc. à
On enlève le collodion ; l'examen ne dévoile aucune collection liquide, inais toute la zone qui avoisine l'incision est rouge et un peu tuméfiée. On refait uu pansement au salol et au collodion et on garde le malade au lit.
27 Novembre. — Le collodion est encore taché d'un liquide clair et séreux, nullement purulent. Toute la région opératoire est couverte de petites vésicules du volume d’une tête d'épingle, donnant un aspect eczémateux. Il existe d’ailleurs en ce moment dans la salle deux ou trois malades qui ont de petites éruptions semblables. Le malade ne souffre nullement, il n’a pas de température et il mange bien. Mais il éprouve sur tout le genou une démangeaison très vive. Si bien que plusieurs fois il à pendant la nuit déchiré son pancement.
On supprime le collodion et pendant une huitaine de
jours on lui graisse le genou avec de la vaseline boriquée,
Puis on se contente de saupoudrer avec du bismath. Ce incident, de peu d'importance en lui-même, oblige le malade à garder le lit trois semaines de plus qu'il ne l’aurait fait sans cela, etil quitte l'hôpital seulement vers la fin de Décembre. .
24 janvier 1803. — On revoit le malade, il marche bien n'a aucune douleur, monte parfaitement un escalier. La cuisse droite est amssi volumineuse que la gauche, mais le genou est resté un peu plus gros. Le cal est osseux: le diamètre vertical de la rotule droite à près de un centimètre de plus que du côté sain ; le diamètre transversal est plus long de un demi-centimètre ; mais cela n'incommode pas du tout le malade. La flexion dépasse de beucoup l'angle droit: l'extension est facile.
Le malade raconte que pendant son Séjour à Vincennes il à vu trois où quatre malades qui, comme lui, avaient eu uué fracture de la rotule. IIS avaient été traités par des appareils ; nHfs aucun n'avait marché aussitôt que lui. Il ne s'étaient levés qu'au 40° où 59° jour et l’un d'eux était même resté quatre mois à Fhôpital.
7 Avril 93. — Le malade à repris son travail à la fin du mois de janvier et depuis il Fa continué sans interruption et
sans se plaindre de Son genou.