‹ Contribution à l'Etude du Traitement des Fractures Récentes de la Rotule: Par la SutureChapitre 7 sur 15 · RASE · texte numérisé non relu

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Abudge 1869, Heine (1874) publièrent des observations dont les résultats étaient peu encourageants.

Alors apparaît l'ère de l’antiseptie, (1873) et Là, comme dans toute la chirurgie en général, là méthode Listérienne devait profondément modifier les résultats de la suture 0sseuse. Lister lui-même pratiqua là première suture de l’olécrâne, mais c'est Cameron de Glascow qui fit la première suture de la rotule, en appliquaut là méthode antiseptique ( 5 Mars, 1877) la suture fut faite au fil d'argent, les résultats furent bons, quoique le malade n'eut qu'un cal fibreux ; Lister appliqua ensuite à la rotule le procédé qu'il avait suivi pour lolécrâne, et, en 1877, six mois plus tard après l'observation de Cameron, il publia un cas de suture de fracture récente de la rotule dont la guérison fut complète au bout dé 6 semaines avec consolidation osseuse ; ce résultat eut un grand retentissement et les observations ne tardèrent pas à se multiplier.

Ce fut surtout à l'étranger qu’elles furent pratiquées. Van der Meulen (d'Utrecht) 1878, en 1879 Rose, Melkler Socin, Laujenberk, publient des observations de suture dans les fractures récentes, et Kænig, Royes,Bell traitérent par le même procédé des fractures anciennes.

En 4880, Kocher, de Berne, publie un nouveau procédé

de suture : apparaissent ensuite plusieurs travaux de

ot

critique : citons entre autres l’article de Poinsot dans la Revue de chirnrgie (1882). la thèse de François (Lyon 1882). La question fut discmée à la Société de chirurgie à la suite de la lecture d’une observation de Beauregard, du Hâvre (1883) dans laquelle la suture fut pratiquée pour une fracture récente ; la guérison fut obtenue assez rapidement et au bout de quelques mois le malade pouvait se servir

librement de sa jambe pour monter un escalier,

M. Chauvel fit un rapport à propos de cette observation, il fut présenté à la Société le 7 novembre 1883, ses conclusions étaient les suivantes : Malgré les grands services que la suture peut rendre dans certains cas, il y à lieu de la repter dans les fractures récentes et de la réserver pour les cas dans lesquels les moyens ordinaires de traitement ont échoué.

Dans la discussion consécutive, M. Lucas Champinnière se déclare pour la suture, dans tous les cas, MM. Gillette, Verneuil et Richelot se rallièrent au contraire à l'opinion de M. Chauvel.

A partir de cette époque, on communique chaque jour de nouvelles observations suivies de succès : Wahl donne 38 observations avec 34 succès, Lister 7 observations suivies toutes de succès, en même temps que dans la Lancet, il

indique avec précision les règles opératoires, Dverneresse

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fait une statistique de 88 cas et conclut en disant que les insuccès sont dus à des fautes opératoires de la part de chirurgiens peu soigneux et ne pratiquant pas avec rigueur les règles de l’antiseptie.

Néanmoins, Labonne dans sa thèse (12 mars 1884) se déclare encore opposé à la suture dans les fractures récentes, sous l'inspiration du professeur Verneuil ; d'autre part, Jalaguier, dans un travail de critique auquel il ajoute 9 cas nouveaux à ceux donnés par Dverneresse, conelut ainsi : |

« En résumé, sans vouloir préjuger du sort que lavenir réserve à [a nouvelle méthode et tout en tenant compte des succès remarquables que lopération a pu donner entre les mains de chirurgiens tels que Lister, Blonham, Cameron, Mac Ewen, dont on doit admirer lhabileté et le bonheur, il faut reconnaîtré que dans les fractures sous eutanées de la rotule, l'ouverture de Particulation du genou suivie de la suture des fragments constitue un moyen trop hasardeux, qu'elle à trop de revers à son actif pour qu'il soit permis d'y recourir de prime abord. »

M. Chaput, dans sa thèse 1885, arrive aux mêmesconclusions ainsi que M. Ballue, qui préconise l'application des griffes de Duplay pour des fractions récentes; si en France

la suture n'avait encore à cette époque que peu d'adeptes,

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il n’en est pas de même à l'étranger : Stimson, Siduez Jones, Dennis, obtiennent de beaux résultats, ainsi que Rushmore et Mac Even. Malgré ces succès, deux nouvelles thèses combattent la suture en France, celle de Bodeau, de- Bordeaux, et celle de Graverry. C’est en 1889 que la nouvelle méthode acquiert surtout de nombreux adeptes. M. Lucas Championnière publie de nouvelles observations suivies de succès, ainsi que M. Feliset.

Devant le congrès de chirurgie (1889), les anciennes méthodes sont encore défendues par plusieurs chirurgiens, et Huot, de Lyon, se déclare partisan avec le professeur Tripier de la méthode hollandaise, et, à lappui de cette opinion, il rapporte 33 observations de malades ainsi traités avec succès.

En 1891, M. Lucas Championnière présente à la Societé de Chirurgie deux malades: l’un traité par la griffe de Duplay, et qui au bout de cinq mois à une marche tout-àfait insuffisante, tandis que l'autre, opéré par la suture, il Ya à peine trois semaines, à pu se rendre à pied à la Société de chirurgie; à la suite de cette présentation, M. Monod communique de nouveaux cas de suture, ainsi que MM. Schwactz, Reclus, Quenu.

Anderson dans un article de la Lancet (2 juillet 1892)

préconise une nouvelle méthode de traitement basée sur

l'épaisseur et la résistance du tissu fibreux qui recouvre antérieurement la rotule et adhère intimement aux deux fragments. IL est très facile de passer en avant de chaque fragment dans ce tissu une longne aiguille transversale, le rapprochement des extrémités de ces aiguilles assurera le contact absolu des fragments; dans quatre cas ainsi traités, l’auteur a obtenu deux réunions osseuses certaines, dans les autres, la nature du cal était moins évidente, mais il n°y

avait. pas d'écoulement.

En 1893 (13 Juillet), M. Berger présente une petite fille atteinte de fracture de la rotule, le traitement par l’immobilisation dans lextension ayant échoué, l’auteur pratique la suture des fragments, mais le fragment inférieur étant très petit, se fractura dès qu'on voulut le perforer: séance tenante, la suture de la rotule fut remplacée par un enroulement, un véritable cerclage de la rotule avec un fil d'argent Saivant toute la circonférence de l'os et rassemblant ses fragments ; au bout de quarante Jours l'appareil fut enlevé, la consolidation paraissait complète, et la marche ne tarda. pas à se faire sans aucune boiterie. M. | Berger conclut ainsi : la suture osseuse véritable parait devoir être préférée pour les cas ordinaires, mais quand lun des fragments est très petit, que l'os est fuable et n'offre pas

un point d'appui solide à la suture lorsque les fragments

sont trés multiples et la fracture très irrégulière, on peut avoir recours avec avantage au procédé de contention que auteur vient d'employer et de décrire et pour lequel il propose le nom de « cerclage de la rotule ».

En 1893, parait la thèse de Gilis, travail remarquable, dans lequel l'auteur fait un historique complet de la suture, historique auquel nous avons largement puisé, il montre les avantages de la suture sur tous les autres procédés, établit un parallèle entre les résultats obtenus par les méthodes anciennes et ceux obtenus avec la suture osseuse ; après avoir décrit les différents procédés de suture, il préconise une nouvelle méthode, la suture en lacet de M. le Docteur Périer, montre des avantages et termine par le résumé des

observations de fractures de la rotule traitées par là suture.

Depuis cet important travail, il n’est paru aucun mémoire en France relativement à la question qui nous occupe ; en Angleterre et en Amérique au contraire, ont paru de nombreuses observations ; la plupart des auteurs précenisent la suture, Park, Tuquam. Postuskoff, cependant, Bryant est partisan dans certains cas. de l'extension continue, sans maintenir les malades au lit et Soutter publie un cas de fracture de la rotule traitée par le massage ; viennent les travaux récents de Fiorani, de Mackie, de

Koïite, de Sega,

Lane

Chaput publie dans là Revue dorthopédie, un eas de fracture ancienne traitée par l’extirpation totale de los, produisit une amélioration fonctionnelle considérable. Villeneuve pratique la suture métallique extra-osseuse avec SUCCÈS. |

On peut avec Gilis diviser l'historique de la suture pour fracture de rotule en trois périodes :

40 Une période avant l'ère antiseptique pendant laquelle on ne rencontre que quelques cas isolés, et dont les résultats furent peu encourageants.

2° Une période qui date de l'ère antiseptique et qui remonte au Jour où Lister pratiqua cette opSration pour la première fois; elle est caractérisée par ce fait que les chirurgiens, encore peu familiarisés avec Les audaces que permet l’antisepsie, hésitent à pratiquer l'ouverture d'une articulation.

3° La troisième période commence le jour où cette opération fait son apparition en France, c'est-à-dire vers 1883, et depuis cette époque, le nombre de ses partisans

a été en augmentant de Jour en Jour.

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