‹ Contribution à l'étude du traitement des gangrènes par artérites par la méthode de SilbertChapitre 22 sur 32 · TECHNIQUE DE LA METHODE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE LA METHODE

Le traitement consiste tout d’abord à injecter dans les veines une solution hypertonique de chlorure de sodium. On se sert d’eau fraiche distillée, filtrée et immédiatement stérilisée, Cette stérilisation immédiate est importante pour éviter Ja contamination, car les bactéries se développent rapidement dans cette eau distillée. Un écart au sujet de ce facteur technique du traitement est le plus souvent la cause d'apparition de frissons ou de réactions de température à la suite de l’injection.

On fait dissoudre dans cette eau du chlorure de sodium de facon à obtenir une solution hypertonique à 5 %.

Les injections sont faites dans les veines superficielles de la région du coude, Si, par hasard, les veines du bras sont très petites, on injecte la solution dans la jugulaire externe.

La dose initiale à injecter est de 150 centimètres cubes afin de tâter la susceptibilité du malade, Les injections suivantes seront de 300 cc. (soit 15 gr. de chlorure de sodium). Le liquide étant fait pour se diffuser lentement, 1e temps nécessaire pour faire chaque injection sera habituellement de dix minutes. Pendant ce temps, le malade reste allongé. k

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À la fin de l'injection, le malade ressent une sensation de chaleur au visage et il accuse üne soif intense. Les injections sont, en général, bien supportées, Après l'injection, le malade peut se lever et retourner à son travail.

On fait alternativement trois injections par semaine, puis deux pendant trois mois, enfin ure injection par mois ultérieurement. La longueur des intervalles peut s’accroître si l’état du malade le permet.’

La durée totale de ce facteur du traitement varie de six semaines à deux ans, tout compte étant tenu de chaque cas individuel. Il est prudent de répéter ces injections pendant des mois et des années. Les malades pourront s’en passer seulement lorsque tous les symptômes auront disparu ou lorsque le maximum d'amélioration aura été obfténu.:

En même temps que le malade suivra le traitement par les injections intraveineuses de solution saline hypertoni-. que, il devra cesser radicalement l’usage du tabac, car le tabac joue le rôle de cause excitante dans la thrombo-angéite oblitérante.

En effet, S. SILBERT a remarqué parmi de nombreuses études sur la thrombo-angéite oblitérante que tous ses malades étaient des fumeurs et qu’en cessant de fumer, la maladie s’arrêtait, alors qu’au contraire, l’usage poursuivi du tabac en amenait la progression. Dans de nombreux cas, les malades qui avaient été améliorés, dans d’excellentes conditions par le traitement et l’arrêt du tabac, ont montré de nouveaux ‘symptômes et des troubles lorsqu'ils recommençaient à furner. Pratiquement, dans tous les cas de rechute avec formation d’ulcèré ou de gangrène ayant nécessité l’amputation, on a remarqué que les malades avaient été autorisés à reprendre l’usage du tabac.

Dans quelques Cas précoces de thrombo-angéite oblitérante, l'arrêt du tabac sans même aucun traitement, a procuré une complète dispañition de tous les symptômes. La

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La La De D] 1 " concordance fréquente de l'emploi du tabac avec l’appari

tion et l’évolution de la maladie est trop frappante pour être ignorée. Bien qu’il puisse exister une sensibilité allergique constitutionnelle du tabac, comme semblent l’indiquer les cuti-réactions pratiquées par SILBERT et HaARKkaAvVY, il est impossible d’écarter le rôle de cet agent comme une cause favorisante.

SILBERT ne pense pas qu’il puisse exister des cas “à thrombo-angéite oblitérante chez de nombreux fumeurs. Si

de tels cas ont été observés, il reste à savoir si les malades :

non fumeurs étaient bien atteints de thrombo-angéite oblitérante, Ce qui est difficile à déterminer, car il n’y a pas de signes pathognomoniques de clinique ou de laboratoire, par: lesquels la thrombo-angéite oblitérante puisse être reconnue, ou si ces malades non fumeurs n'étaient pas atteints d’une artérite due à d’autres causes, telles que la syphilis, le rhumatisme articulaire aigu et les toxines de toutes sortes. &

Pour établir qu’une thrombo-angéite oblitérante peut survenir chez un non fumeur, il faut que le cas soit vraiment typique. Or, SILBERT n’a jamais rien vu -de tel. Les thrombo-angéitiques étant de grands fumeurs, si on veut les traiter avec toutes: les chances de succès, on doit les prier de s’arrêter de fumer. Il'est très souvent difficile de faire accepter cette restriction au malade, mais on ne peut pas faire autrement, car l'arrêt de l’usage du tabac est une partie du traitement aussi importante que la pratique des injections intraveineuses de solution salée hypertonique.

De plus, tous les malades présentant des ulcères ou des foyers de gangrène doivent rester le plus longtemps possible avec leur membre dans une position horizontale et on veillera à ce qu'aucun poids ne repose sur le pied malade. On mettra donc un cerceau entre les couvertures et ce pied. On défendra au malade d’avoir le pied comprimé dans une chaussure quelconque, On bourra ÿ adjoindre les

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séances de d'athermie. Le traitement local, dans beaucoup de cas, consiste simplement au nettoyage avec de l’éther et en application d'huile de foie de morue mélangée à une . solution de Dakin. Si ce traitement augmente l'infection on emploie éventuellement l'immersion de la partie malade dans une solution de Carrel-Dakin. En cas de plaies d’apparence saine, on entoure souvent le membre de bandes. En cas de gangrène, on fait des incisions et des DEAR humides.

Le soulagement de la douleur causée'par les ulcérations ou par la gangrène des orteils ou du pied, présente un problème spécial. Tout d’abord, Silbert s’est efforcé de les calmer par des applications locales d’onguents contenant des anesthésiques, mais les résultats furent si désastreux qu’il en abandonna l'usage, car sous ces onctions, les ulcères s’étendaient rapidement sans que le traitement agisse sur eux, Il est revenu à une autre méthode qu’il a systématisée. En 1893, Ed. QuÉNU avait préconisé, mais sans grand écho, une méthode consistant en l’exposition de la section des nerfs périphériques et il avait essayé d'attirer Pattention sur êlle, ën Pappliquant à trois cas en 1910. En 1922, SiLBERT l’a mise en pratique quoiqwon ait essayé d’obtenir les mêmes résultats par les injections d'alcool. Il l’a appliquée dans une trentaine de cas et il a obtenu d’heureux effets. Les nerfs périphériques sont exposés par de petites incisions au-dessus du cou-de-pied, ils sont sectionnés et on suture immédiatement, La cicatrisation des incisions opératoires se fait, en règle générale, par première intention et il n’y a pas de paralysie capable de gêner la marche. La sensibilité revient complètement dans un délai variable de six mois à un an. Aucun ulcère trophique ne peut survenir. Cependant l'opération n’est pas à conseiller. dans les cas où il y a de fortes douleurs sans lésion locale. Le siège de la gangrène ou de l’ulcère indiquera le nerf à sectionner. Si on a affaire à une gangrène de la plante

des pieds ou de l'extrémité des orteils, on sectionnera le nerf tibial postérieur, si elle est étendue sur la face dorsale du pied et que la plante du pied soit saine, on sectionnera le nerf musculo-cutané, si elle siège sur le bord externe du pied en remontant sur la région calcanéenne sans occuper la face plantaire, on sectionnera le saphène externe, si la gangrène siège dans l’espace qui sépare le premier du deuxième orteil, il faut sectionner le nerf tibial antérieur qui donne des collatéraux dorsaux. profonds innervant cette région. Le tibial postérieur et le nerfs musculo-cutané innervant la plante du pied et la face dorsale du pied on les sectionnera quand la gangrène oecupera les faces dorsales et plantaires sans atteindre le bord externe du pied, la région calcanéenne, les malléoles et l’espac: entre le premier et le deuxième orteil. Si la gangrène occupe la plante du pied, toute la face dorsale y compris l’espace entre le premier et le deuxième orteil sans atteindre la région Ccalcanéenne, le bord externe et les malléoles, on seclionnera le tibial postérieur, les musculo-cutané et le tibial antérieur. Si la gangrène atteint la plante du pied, toute la face dorsale du pied, la régior® caleanéenne externe en respectant la partie interne, on sectionnera le tibiai postérieur, la saphène externe, le tibial antérieur et le musculo-cutané. Si la face externe, les régions dorsales et plantaires et le bord interne du gros orteil sont indemnes de

gangrène et si la région de la malléole interne et une par-

tie du bord interne du pied sont occupés par la gangrène, on sectionnera les branches terminales du crural.!

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