AVANT-PROPOS
Au moment d'accomplir, en soutenant notre ‘thèse, le” dernier acte de notre scolarité, c’est pour nous un devoir bien grand et bien doux que d’exprimer toute notre respectueuse gratitude et notre admiration aux maîtres de cette Ecole qui se sont attachés, tant à la Faculté qu'à l'Hôpital, à nous enseigner « l’art de guérir ».
Parmi ces maîtres, nous devons une mention spéciale à ceux qui se sont particulièrement intéressés à nous, surtout à l’occasion de notre thèse.
Nous sommes heureux de pouvoir témoigner ici toute notre reconnaissance à Monsieur le Professeur MASSABUAU qui a bien voulu accepter la présidence de notre thèse et nous réserver toujours un accueil affable et paternel.
Que Monsieur le professeur J. VIRES nous permette de lui affirmer toute notre admiration pour son enseignement clinique si clair, si intéressant et si méthodique.
À notre jeune maître, Monsieur le Professeur agrégé A. GuiBar, nous exprimerons particulièrement notre gratitude: maître compétent, autant qu’aimable, il a su distraire quelques instants de son labeur incessant pour nous . tracer les grandes lignes de notre sujet et nous diriger par ses conseils pratiques et autorisés.
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À Monsieur le Professeur agrégé A. AIMES qui nous fait l'honneur d’accepter de faire partie du jury de notre thèse et qui nous a prodigué à la Faculté un enseignement si clair et si compétent de la Pathologie chirurgicale, nous lui témoïgnons toute notre reconnaissance.
Enfin, nous exprimons nos sincères remerciements à Monsieur Samuel SILBERT, de New-York, et à Monsieur le Professeur Raymond EEIBovIcr, de Paris, qui nous ont fourni des observations et des matériaux pour la rédaction de ce modeste travail.
Ve ats INTRODUCTION
Les gangrènes par artérite peuvent se diviser en deux grands groupes: les gangrènes sèches et les gangrènes humi-
des. Nous laisserons de côté ces dernières dont on ne dis-
cute plus, au point de vue du traitement, que sur l’opportunité et le niveau de l’exérèse fhirurgicale.
Nous consacrerons cette étude au-traitement de gangrènes sèches des membres inférieurs dont la fréquence semble s’être accrue ces dernières années. Certes, il ne s’agit pas d’une maladie nouvelle, car en 1900, l’école ahatomopathologique allemande, et en 1908 BUERGER, avaient décrit lPendartérite oblitérante génératrice de ces gangrènes.
Néanmoïns, ces travaux étrangers n'avaient pas suscité
décho en France jusqu’à ces dernières années. À partir de 1922, après une étude de cette maladie faite par GILBERY et COURY, la gangrène par endartérite oblitérante ést devenue une maladie d'actualité. Comme il est banal en pareil cas, les Communications et les articles se sont multipliés à son sujet. Des théories cherchant à expliquer leur pathogénie ont été émises. Des méthodes de traitements basées sur ces théories ont été préconisées. Le traitement a donc
été voué aux tâtonnements et aux médications symptoïna-
tiques. On a essayé des moyens médicaux simples: tels que Pactinothérapie, l’héliothérapie, la diathermie, les injec-
D Pr LA 1 ME
tions d’acétylcholine, les cures thermales de Royat ou de Bains-les-Bains, les injections d’extrait de muscle de veau, d'extrait thyroïdien, d'extrait ovarien, les injections d’insuline, les injections intraveineuses de vaccin antityphoidique ou de Pmelcos. On a essayé aussi des moyens agissant sur le système sympathique, comme J’artériectomie, la sympathectomie péri-artérielle, la sympathectomie lom-
baire, la gangliosympathectomie lombo-sacrée et un succé-
dané de cette méthode: la radiothérapie dorso-lombaire. Certains ont voulu agir sur le spasme artériel en agissant sur les glandes endocrines. OPPEL et LERICHE ont fait la surrénalectomie; Basraï et DocLioTri, la parathyroïdectomie. On a tenté de faire la ligature de la veine fémoralé, l’anastomose artério-veineuse, la ligature de l'artère fémorale superficielle. Enfin, on a essayé la thérapeutique anticoagulante par les injections de solution de RINGER- LocKkE, l’administration de grosses quantités de sérum phy-
siologique par sonde duodénale, les injections intraveineu-
ses de citrate de soude.
Toutes ces méthodes ont été très décevantes au point de ne pouvoir empêcher le malade de recourir à lamputation. Monsieur Samuel SILBERT ayant préconisé une méthode dont il a publié les premiers résultats il y a dix ans et ces résultats nous ayant séduit, nous avons eu l’occasion de lémployer avec succès dans le Service de Chirurgie de Monsieur le Professeur MASSSABUAU. Ù
À la lumière de ce succès personnel, de ceux de M. S. Siz- :
BERT, de New-York, et de M. le Professeur R. LEIBOvVIGI, de
Paris, qui ont eu l’amabilité de faciliter notre travail par Ê
l'envoi de documents, nous exposerons les bases, la tech- L
nique et les résultats de cette méthode de traitement, après
avoir donné un très court aperçu sur Pétiologie, la patho- 1 génie, l’anatomié pathologique et la symptomatologie des :
gangrènes par artérite.
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OBSERVATIONS
2 OBSERVATION
due à l’obligeance de M. le Professeur Massabuau
Le 7 juin 1935, entre à l’hôpital Suburbain (cliniques Saint-Eloi) de Montpellier, dans le Service de Chirurgie générale de Monsieur le Professeur MassaBuAu, M. Grou.…. Alph..., âgé de 57 ans, agriculteur.
Le malade déclare qu’il a présenté une ulcération du gros orteil gauche il y a six ans, une ulcération du STOS OTteil droit il y a trois ans, et une escarre du troisième orteil gauche il y a un mois et demi. Cette escarre s’est agrandie et l’ongle est tombé. Le gros orteil droit et le deuxième orteil gauche ont présenté, eux aussi, une ulcération par la suite.
Ce malade nous apprend que depuis trois ans il présente de la claudication intermittente prédominant au mollet gauche aveé une sensation de tiraillement dans le mollet et qu’il est obligé de garder toujours ses jambes pendantes au bord du lit car il ressent des picotements dans les pieds. If a constaté la chute des poils de ses jambes et des