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Ce qui est davantage à considérer, c’est la fréquence par rapport aux luxations de l’épaule en général.
La statistique la plus importante à ce sujet, celle à laquelle nous nous arrêterons, semble être celle de Gubler. Cet auteur, en 1922, sur 2.527 luxations de l'épaule en avait vu 4 compliquées de fractures du col de l’humérus, soit 0,158 %, ou 1 cas sur 637 luxations. Donc avant le nombre de luxations de l’épaule que l’on est appelé à rencontrer, la double lésion, quoique rare, n’est pas exceptionnelle. Considérant la lésion de l’humérus, Ross, en 1913, à l'Hôpital de l'Université de Philadelphie, sur 84 cas de fractures du col chirurgical, en trouve 3 avec luxation et, sur 63 cas de fractures semblables observées à l'Hôpital Allemand de la même ville, 5 s’accompagnaient de lüxation soit une proportion de 5,5 %.
Cette statistique diffère peu de celle, plus générale de Santec (1924) qui sur 75 fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus en trouve 4 accompagnées de luxation.
Si l’on considère la notion d’âge, on voit que c’est entre 40 et 50 ans que l’on rencontre le plus grand nombre de cas : 26 %. Avant et après, la proportion est moindre : 16 % de 30 à 40 ans, 10 % jusqu’à 30 ans, 21 % de 50 à 60 et atteint encore 18 % de 60 à 70 ans. Puis on ne relève plus que des cas exceptionnels, de ces notions, il résulte que celle de l’âge n’est pas en rapport avec celle de l’activité physique de l'individu puisque la plus forte proportion se rencontre entre 40 et 60 ans — plus de la moitié des cas — après 60 ans, le quart des cas. Ces chiffres deviennent beau-
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coup plus suggestifs si l’on ne considère que les cas où la luxation se complique de fracture du col anatomique. On voit qu’il y a un maximum relatif après 60 ans ; c’est cependant avant cet âge que l’on rencontre plus des trois quarts des cas — plus de la moitié se produisant avant 50 ans. Or il est classique de dire que « les fractures du col anatomique s’observent surtout, sinon exclusivement, chez les vieillards >» (Tanton). Il y a là une contradiction entre l’apparition de la fracture simple et de la fracture avec luxation chez le vieillard.
L’étude de la double lésion est également intéressante chez l’enfant. Certes, elle s’y rencontre si peu que Tanton la traite de « rarissime » et il ajoute : « on devra penser plutôt à la fracture sous-tubérositaire ou au décollement épiphysaire. » Clavelin, à son tour, dit : « Chez l’enfant, c’est exclusivement la fracture très basse du col chirurgical qui se produira, la luxation de l’épaule n’existe pas chez lui. » Cependant A. Peraldi, dans sa thèse, établit que la luxation de l’épaule existe bien chez l’enfant et que d'autre part cette luxation peut se compliquer soit d’un décollement épiphysaire, soit d’un véritable trait de fracture.