‹ Contribution à l'étude du traitement des luxations de l'épaule compliquées de fractures de l'extrémité supérieure de l'humérusChapitre 11 sur 41 · MÉCANISME DE LA DOUBLE LÉSION · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE LA DOUBLE LÉSION

Avant d'étudier comment se produit cette double lésion, voyons quel en est le traumatisme causal.

Dans presque tous les cas, il s’agit d’une chute d’un lieu élevé ou alors d’un choc violent. L'action du traumatisme est soit directe, soit indirecte.

Souvent la complexité du traumatisme ne permet guère de démêler son caractère direct ou indirect. Fréquemment on peut aussi noter une action renouvelée, notion qui aura toute son importance à l’étude du mécanisme.

En face de la double lésion comme celle qui nous intéresse, plusieurs théories ont essayé d’en expliquer le mécanisme de production.

À. — Première hypothèse :

La luxation précède la fracture

Boyer écrivait au début du xx‘ siècle : « Une fois que la fracture est effectuée, les fragments offrent trop peu de prise aux puissances extérieures et jouissent d’une trop grand mobilité pour pouvoir se luxer. » Cette opinion fut aussi celle d’Ozenne, de Dupuy de Frenelle, des auteurs allemands Kœnig,

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Schoch, enfin deux thèses, celle d’Oger en 1884 et celle de Le Bras en 1904, concluent de la même façon, sans nier toutefois un certain éclectisme. Tous ou presque citaient le malade de Mabboux, dont l’autopsie révéla une fracture du col anatomique ; la tête était en luxation sous-coracoïdienne et, fait primordial : forte ecchymose, aspect violacé de la partie antérieure de la glène. De là ils concluaient que la fracture s’était faite sur cette zône, la tête étant déjà luxée.

Ces auteurs citaient encore le cas d’Eve : Il y avait luxation sous-coracoïdienne. L’autopsie montra une encoche au niveau de la partie postérieure du col anatomique, et dans cette encoche s’engageait exactement le bord antérieur glénoïdien.

Ces faits démontraient la luxation préexistante à la fracture. D’autre part, ne s’expliquant pas facilement la luxation consécutive à la fracture, on ne l’admettait pas. Par contre, on s’expliquait fort bien la fracture consécutive à la luxation, soit fracture directe, mais surtout indirecte. Belle, en 1863, montrait le rôle fracturant du bord glénoïdien. Pour la fracture indirecte tout s'explique par lappui de la tête contre un point osseux : coracoïde, acromion, côtes ou bien par un mouvement de levier. Levier du premier genre avec comme point d’appui l’insertion deltoïdienne, comme puissance le poids du bras, et comme résistance le contact huméral au rebord glénoïdien antéro-inférieur. |

Cette hypothèse de la luxation primitive est certai-. nement la plus aisément compréhensible.

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