‹ Contribution à l'étude du traitement des luxations de l'épaule compliquées de fractures de l'extrémité supérieure de l'humérusChapitre 14 sur 41 · NOUVELLES THÉORIES · texte numérisé non relu

NOUVELLES THÉORIES

C’est à Poirier et à Mauclaire que revient le grand mérite d’avoir, en 1892, éclairci la question en donnant pour la première fois un aperçu schématique du mécanisme.

D'abord ils distinguent très nettement les fractures du col anatomique de celles du col chirurgical.

Puis, pour les premiers, ils font encore la distinction entre : |

Les fractures par cause directe : Dans un premier temps, par suite de la rotation interne ou externe concomitante, le col anatomique se brise sur le « contour » de la cavité glénoïde. Le trauma continuant d'agir chasse la tête de la glène dans un deuxième temps. Les fractures par cause indirecte. Dans un premier temps, il y a subluxation ; dans un deuxième, fracture du col sur le bord antérieur de la glène ; dans un troisième, « la tête reste dans l'aisselle et l'extrémité fracturée de l’humérus vient au devant de la cavité glénoïde ».

En LR

Même distinction pour les fractures du col chirurgical.

Traumatisme de cause directe : Premier temps, luxation ; deuxième temps, fracture contre la glène, la caracoïde ou les côtes.

Traumatisme de cause indirecte : Luxation encore au premier temps et fracture consécutive ici par cause indirecte, au lieu de moindre résistance.

En résumé : Dans les fractures du col anatomique la fracture précède la luxation. « Il n’y a pas de luxations de l’épaule compliquées de fracture du col anatomique, il n’y a que des fractures du col anatomique compliquées de déplacement extra capsulaire de la tête humérale. » (Poirier et Mauclaire.)

Dans les fractures du col chirurgical, c’est la luxation qui précède la fracture. Donc ici seulement il y a luxation compliquée de fracture.

En 1928, Gérard Marchand reprend l’étude du mécanisme de la double lésion et arrive aux conclusions suivantes :

1° Dans iles fractures du col anatomique, la luxation est dans l’immense majorité des cas le fait primitif, la fracture le fait secondaire.

2° Dans les fractures du col chirurgical : la luxation est le plus souvent le fait initial, maïs elle peut être le fait secondaire.

I1 développe son étude en se basant sur trois ordres de faits :

Les encoches et les cas de fractures partielles ;

La fréquence de la luxation avec fracture du col anatomique chez l’homme jeune ;

: L'existence de décollements épiphysaires ou de fractures du col chirurgical avec luxation chez lenfant. k

Il sépare nettement les cas de col anatomique des cas de col chirurgical.

1° Fractures du col anatomique

Là, il distingue encore :

a) Luxation antéro-interne. — out en expliquer le mécanisme, Marchant se base sur l’étude de pièces anatomiques intermédiaires à l’état normal et à l’état de fracture luxation : Cas d’encoches ou de fractures partielles du col anatomique. :

Observation de Legueu (Clinique Chir. de l'Hôtel Dieu, 1901). Résumé : Luxation intracoracoïdienne avec engrènement du col anatomique sur le bord antérieur de la glène. Lésion par cause directe.

Observation de Bennett (British Medical Journal, 1881). Résumé : Luxation intracoracoïdienne avec fracture partielle du col anatomique contre le bord antérieur de la glène. Lésion par cause directe.

Observation d’Eve (Royal Medical and Surgical Society, 1881). Résumé : Luxation sous-coracoïdienne avec fracture partielle du col anatomique contre le bord antérieur de la glène. Lésion très probablement par cause directe.

Ces trois observations contredisent donc la théorie

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