‹ Contribution à l'étude du traitement des luxations de l'épaule compliquées de fractures de l'extrémité supérieure de l'humérusChapitre 7 sur 41 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Maintes fois déjà le titre de ce travail a été repris; car la même question toujours s’est posée : de la double lésion, fracture et luxation, laquelle d’abord faut-il traiter ?

Parcourons si vous le voulez bien, très rapidement les solutions apportées à ce problème aux différentes époques.

Depuis Malgaigne, il est classique de rappeler que Pasierates, 50 ans avant J.-C., conseillait de réduire la luxation d’abord, de traiter ensuite la fracture et qu'Heliodore était du même avis.

Mais très vite, ce furent des opinions adverses. Aristion recommandait de faire des tractions pour réduire à la fois la fracture et la luxation.

Au moyen-âge, l’école française restait dans un scepticisme thérapeutique prudent. « On traitera d’abord la luxation, la fracture ensuite >» « ou inversement selon la commodité ».

Ces méthodes éclectiques aboutissent, vu la grande difficulté de la réduction, à ce fait : laisser consolider la fracture, puis lorsque le col est résistant, tenter la réduction de la luxation. Aïnsi se dessine peu à peu une méthode qui sera la méthode classique ap-

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préciée par des autorités incontestées, tel que J.-L. Petit, Dupuytren, Boyer : « Dans les articulations orbiculaires avec fracture près de l’article, la réduction est impossible et même dangereuse. Il faut attendre que le col soit assez solide pour qu’on puisse réduire la luxation. »

C’est cette méthode que défend Morel-Lavallée dans sa thèse d’agrégation de 1851.

Cette même année pourtant, Richet, dans un mémoire célèbre, va conseiller une autre ligne de conduite. Il conclut à la possibilité de réduire les luxations de l’extrémité supérieure de l’humérus et du fémur, compliquées de fracture de ces os. Au procédé de réduction qu’il décrivait minutieusement, il donnait le nom de « coaptation » ou de « refoulement ». Cette méthode de refoulement que devait consacrer le rapport de Gosselin à la Société de Chirurgie, allait détruire la technique ancienne défendue par Morel- Lavallée. En 1855 paraissait le « Traité des Fractures et des Luxations » de Malgaigne où était conseillée la méthode de Richet. Il ajoutait qu’en cas d’échec « une fois l’inflammation passée et les craintes de suppuration évanouies, il faudrait, par des exercices fréquents et persévérants, rendre au membre affecté le plus de mobilité possible ».

C'était le recours à une troisième méthode née entre temps : la méthode des mouvements dite méthode de Riberi. Ce dernier écrivait en 1901 : « Dans la plupart des cas, il est préférable d'abandonner toute tentative et de traiter immédiatement le blessé par le massage, l’électrification, et surtout des mouvements

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