‹ Contribution à l'étude du traitement des métrites cervicales chroniques par l'électrocoagulation en particulier des exocervicites chroniquesChapitre 12 sur 19 · DANS · texte numérisé non relu

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Cliniquement la symptomatologie de ces diverses formes de métrite chronique est assez différente.

L’exocervicite a une symptomatologie très riche, son diagnostic est facile, son pronostic est bénin ; elle est le triomphe de l’électrocoagulation.

Pertes blanches ou jaunâtres quelquefois sanguinolentes, douleurs pelviennes et souvent douleurs lombaires, fatigue générale, amaigrissement, tels sont les troubles qu’elle occasionne et qui amènent, habituellement, la malade à consulter.

Le toucher ne donne habituellement pas grand renseignement si la métrite est isolée et ne s’accompagne pas d’annexite. Il est, néanmoins, capital à faire pour justement éliminer du traitement les cas où une annexite importante ou mal refroidie accompagne l’exocervicite. Le spéculum fait pratiquement à lui seul le diagnostic : gros col, ulcération, périorificielle rouge, plus ou moins étendue, plus ou moins régulière, dont on pourra avec avantage déterminer les limites exactes en utilisant le test de Schiller.

Néanmoins, avant de recourir à l’électrocoagulation, il faut être certain qu'il ne s'agit pas d'un cancer du col au début, ou d’une ulcération de métrite en train de dégénérer, c’est-à-dire qu’au moindre soupçon il ne faudra pas hésiter à faire une biopsie.

L'endocervicite a une symptomatologie plus discrète. Une grosse glaire verdâtre, filante, sort par

l'orilice cervical. Aucun traitement n'arrivera à as-

sécher ce col, si on ne détruit pas profondément la muqueuse malade et les glandes infectées. C’est dire combien ici l'indication de l’électrocoagulation est formelle. Mais dans l’endocervicite ses succès ne sont pas aussi retentissants que dans l’exocervicite. Il y a, suivant l'expression de Marcel, un certain nombre de « ratés ».

Dans ce travail, nous voulons d’ailleurs nous borner à l’étude de l’électrocoagulation dans le traitement de l’exocervicite.

TECHNIQUE DE L’ELECTROCOAGULATION

1° Quel mode d’électrocoagulätion employer.

Nous savons qu’il existe pratiquement deux grands types d’électrocoagulation :

— L'électrocoagulation faite en Monopolaire d’une part ;

—— L'électrocoagulation faite en Bipolaire d’aure part:

La première ne nous intéresse pas: Dans le traitement des métrites, cette méthode n'est pas utilisée.

Sur la seconde, il convient de s'étendre un peu.

L'électrocoagulation faite en Bipolaire peut l'être de deux façons.

— Soit en Bipolaire Monoactive appelée par abréviation Bi-Mono. Ici deux électrodes, l’une active, qui servira à détruire les lésions ; elle aura un tout petit diamètre pour que la densité électrique à son niveau soit très forte ; l’autre indifférente sera constituée par une large plaque métallique de façon qu'à son niveau la densité électrique, c’est-à-dire, la quantité d'électricité passant par l'unité de surface, soit très faible.

— Soit en Bipolaire Biactive appelée couramment Biactive. Ici, pas d’électrode indifférente ; les deux électrodes sont actives ; elles sont de même diamètre, jumelées, montées sur un même manche porte-électrodes. Elles peuvent être représentées par deux petites boules métalliques ou deux petites pointes séparées entre elles par une distance infime, 2 ou 3 millimètres environ. C’est entre ces deux électrodes actives que se fait la coagulation recherchée.

À l'hôpital Broca nous avons utilisé surtout la seconde de ces méthodes, c’est-à-dire la Bipolaire Biactive. Elle présente sur la première des avantages indiscutables.

L’électrocoagulation est certainement mieux supportée, car elle est moins sensible.

L’escarre surtout, qu’elle détermine, est une escarre en surface qui s'étend peu dans la profondeur des tissus, alors que l’électrocoagulation en Bipolaire monoactive donne une escarre triangulaire qui s'étend dans la profondeur.

Cette forme de l’escarre n'est pas sans importance.

| Au moment de la chute de cette escarre, la petite perte sanguine qui l'accompagne habituellement reste minime si l’escarre est superficielle, cas de l'électrocoagulation en Bipolaire biactive ; elle peut être, au contraire, d'une certaine abondance si l’escarre a gagné en profondeur, cas de l’électrocoagulation en Bipolaire monoactive. De plus, la cicatrice

obtenue après la chute de l’escarre restera toujours une cicatrice souple si cette escarre n’a intéressé que la muqueuse ; elle pourra, comme après l'application de Filhos être rétractile si l'escarre trop étendue en profondeur a été intéresser les plans musculaires.

2° Technique proprement dite.

Choix du moment pour faire l'électrocoagulation.

Lorsque l’électrocoagulation a été décidée chez une malade atteinte d’une métrite chronique du col, il faut choisir une date pour faire cette intervention. Le moment le plus favorable est le 3° ou 4° jour qui suivra la fin des règles. Il faut, en effet, que l’escarre produite puisse peu à peu se détacher, puis tomber et la cicatrisation de la plaie produite, se réparer avant que les règles n'arrivent. Or, la chute de l’escarre demande 10 à 15 jours, la cicatrisation environ le même laps de temps.

Quand renouveler l’électrocoagulation ?

I résulte de cela qu'une seule électrocoagulation doit être faite dans l'intervalle d’un mois.

Technique opératoire

— Position gynécologique.

— Spéculum.

— Nettoyage du col que l’on débarrasse autant que possible de ses sécrétions.

Dans certains cas de petite exulcération, il peut être intéressant d'en délimiter exactement les contours en utilisant la méthode de Schiller, c’est-à-dire en projetant à l’aide d’un vaporisateur de la solution de Lugol sur le col. Les parties saines se colorent en brun foncé, les parties malades ne prenant pas le Lugol deviennent, de ce fait, beaucoup plus

visibles.

Il est inutile de recourir à une anesthésie locale ou régionale, l’électrocoagulation est habituellement très bien supportée.

L’électrode choisie, habituellement une électrode Bipolaire Biactive à boules, est branchée sur l'appareil dont le réglage est établi pour fournir une intensité suffisante, l'intensité nécessaire pour la diathermiocoagulation est de l’ordre de 150 à 300 milliampères.

L’électrode est mise en place sur le col; à ce moment, alors que le contact entre l’électrode et le col est établi, mais à ce moment-là seulement, l'opérateur fait passer le courant en appuyant sur la pédale interruptrice. |

L'opérateur voit apparaître sur le col au pourtour des boules de l’électrode une escarre blanchätré ; lorsque celle-ci paraît suffisante, le courant est interrompu, puis le contact entre le col et l’électrode suspendu.

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