‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Néphrites aiguës anuriquesChapitre 37 sur 41 · Avant : Période du 28 juin au 8 juillet · texte numérisé non relu

Avant : Période du 28 juin au 8 juillet

Le traitement institué comporte l’ingestion de 2 litres d’eau lactosée par jour, l’injection sous-cutanée de 500 à 1.500 cm° de sérum glucosé et l’injection intraveineuse quotidienne de novocaïne à 1 %.

A la suite de ce traitement, la malade ébauche une crise urinaire, le volume des urines augmentant de 300 à 1.500 cm le 1° juillet, bien que la concentration uréique urinaire reste basse. Le taux de l’urée sanguine s’abaisse parallèlement à 3 gr. 75 % le 1” juillet, et à 2 gr. 70 le 3 juillet.

Cette amélioration est passagère, le volume des urines retombant rapidement. L’azotémie augmente : 3 gr. 60 le o juillet, 4 gr. 16 le 6 juillet, 4 grammes le 7 juillet,

À la suite de deux infiltrations novocaïniques lombaires, on assiste à une seconde ébauche de diurèse, le volume des urines atteignant 1.500 em° le 8 juillet.

Cependant, le même jour, l’urée sanguine monte à 4 gr. 15 par litre et l’ébauche de diurèse avorte, le volume urinaire retombant à 500 cm° par vingt-quatre heures.

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L’état général de la malade est impressionnant: dyspnée et torpeur dominent le tableau. Le pouls est à 106, mais la tension artérielle est satisfaisante : 13—0,

Le 4 juillet, la fièvre remonte à 39°2 par suite de l’apparition d’un foyer congestif du sommet gauche, et oscille ensuite entre 37°2 et 38°3. On ajoute au traitement 200.000 unités de pénicilline par jour.

2. Période de dialyse péritonéale : du 9 juillet au 15 juillet. On décide de recourir à la dialyse le 9 juillet.

Deux sondes de PEZZER sont placées, l’une au point de Mac BURNEY, et l’autre symétrique dans le flanc gauche. La sonde droite est reliée à un tube de caoutchouc par où arrive le liquide de dialyse, celle de gauche est reliée à un bocal dans lequel on recueille le liquide de dialyse.

Le liquide employé est celui préconisé par BASSET et ses collaborateurs : solution d’électrolytes divers, glucosée hypertonique, contenant de la sulfadiazine, de la pénicilline et de l’héparine. La formule par litre est la suivante :

NA en de tre uen 9 gr

LEA EN SR PA MAO ONE ASS 0 gr. 20 Me ae Cent ese 0 gr. 10 AUBIN eea nROete 0 gr. 20 Na POS Net 0 gr. 05 NAECO ZE ES Le 0 gr. 50 Glucose anni ES 1 gr.

auxquels on ajoute 20 grammes de la solution :

Sulfadiazine sodique...... 2 gr. 90 Hétarmners ira 100 mgr.

Pénicilline sodique....... 600.000 unités

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Grâce à l’héparine, la dialyse péritonéale peut être continuée pendant quatre jours sans incidents. Le volume total de la solution introduite pendant ces quatre jours atteint 26 litres. Sur ces 26 litres, seulement 8 IL. 800 sont récupérés par le tube d’évacuation. La concentration du liquide de dialyse est très basse en urée le premier et le second jours, elle s’améliore le troisième et le quatrième jours. Le total de l’urée soustraite à l’organisme par la dialyse atteint cependant 13 gr. 53. Le tableau suivant indique les quantités de liquide dialysé dans le péritoine et les concentrations uréiques observées.

Volume du liquide dialysé et quantité durée extraite par cette voie.

LIQUIDE [URÉE DU LIQUIDElURÉE DU LIQUIDE DATES DE DIALYSE | (grammes par | (grammes par ÉVACUÉ (lit.) | litre de liquide) 24 heures)

10 juillet 1,250 0,25 0,30

11 juillet 1,800 0,60 1,08

12 juillet 4 2,55 10,20

13 juillet 1,750 1,10 1,95 TOTAUX 8,800 15:99

Les effets de la dialyse sont impressionnants. Le taux de l’urée sanguine tombe :

2 gr. 25 le 13 juillet, 1 gr. 85 le 14 juillet, lgr. 35 le 15 juillet,

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Polyurie considérable, le volume urinaire augmentant à 2 litres par jour, puis à 3 L. 500, pour atteindre 4 1. 500 le 14 juillet, lendemain du jour où la dialyse est finalement arrêtée. Il faut remarquer cependant que la concentration uréique urinaire reste basse (1 gr. 45 par litre le ‘12 juillet, et 1 gr. 10 le 13 juillet). Pendant les quatre jours de dialyse, le volume total des urines émises par la malade est de 8 IL. 150, représentant environ 10 grammes d’urée éliminée par cette voie, taux inférieur à celui soustrait par le liquide de dialyse.

Pendant la durée de la dialyse, le fait le plus remarquable est l’absence complète de complication infectieuse péritonéale.

Par contre, trois sortes d’accidents :

1. Quelques œdèmes : malléolaires, lombaires et palpébraux, conséquence du passage d’une partie du liquide introduit dans le péritoine dans les espaces intersticiels;

2. Des phénomènes de congestion pulmonaire ayant nécessité l’administration de 1.000.000 d’unités de pénicilline par jour;

3. De la dyspnée due au soulèvement du diaphragme par le liquide de dialyse et à la congestion pulmonaire. C’est l’importance de cette dyspnée qui fit interrompre la dialyse le quatrième jour.

3. Après la dialyse péritonéale : du 13 juillet au 4 octobre.

L'évolution favorable se poursuit. La diurèse présente des fluctuations importantes : à la polyurie initiale, fit

PRE re NT

suite une oligurie de courte durée, ayant son maximum une semaine après la fin de l'irrigation péritonéale. L’hyperazotémie s’abaisse progressivement :

1 gr. 35 par litre le 17 juillet, 1 gr. 16 par litre le 20 juillet, 0 gr. 50 par litre le 27 juillet, 0 gr. 20 par litre le 2 août. Pendant cette période de lente rémission, deux faits saillants dominent le tableau clinique :

a) Une anémie importante du type monochrome avec leucocytose et polynucléose;

b) Des phénomènes congestifs pleuro-pulmonaires d’allure traînante qui durèrent sept semaines, malgré la pénicilline, avec état subfébrile.

La cuti-réaction était positive, mais les tubages gastritiques donnèrent un résultat négatif.

Après sept semaines, apyrexie et effacement complet du foyer.

Guérison le 4 octobre 1948.

OBSERVATION N° 10 (RICHET, A. MEYER-HEINE, J. MAssé et J.-J. BERNIER.)

M'° L.., 22 ans, travaillant dans un laboratoire de chimie, entre dans le service le 2 juin pour anurie.

La malade est somnolente, ne répond pas à l’interrogatoire, et ce n’est qu'ultérieurement que l’on reconstitue l’histoire de la maladie.

Le vendredi 28 mai, elle ingère dans un but de suicide, du bichlorure de mercure. Elle en avait préparé 1 à 2

nie

grammes dans un verre d’eau froide, mais tout n’était pas dissous. On ne sait quelle quantité de sublimé fut réellement absorbée, d’autant plus qu’une demi-heure après elle vomissait d’une façon abondante, vomissements aqueux, jamais sanglants. Pas de diarrhée, pas de stomatite, la diurèse est encore normale.

Les 29 et 30 mai, la malade est très asthéniée, somnolente, toute tentative de nourriture réveille des vomissements. Elle urine deux fois, et en petite quantité, en quarante-huit heures. La dernière miction a lieu le 30 mai au soir.

Les 31 mai, 1” et 2 juin, la lassitude, la somnolence s’accroissent.

L’anurie est définitivement installée.

Le 2 juin, la malade est pâle, l’urine à une odeur ammoniacale. |

La langue est rose, humide. Pas de stomatite. Le cœur est normal. T. A. 12—8.

Le sondage ramène quelques em° d’une urine contenant de l’albumine et de nombreux cylindres granuleux. UÜrée sanguine : 2 gr. 80 par litre.

Réserve alcaline : 33 volumes %.

Urée urinaire : 7 gr. 80 par litre.

Les 3 et 4 juin, l’état clinique est stationnaire. La malade vomit. Pas de diarrhée.

Pendant cette période, on injecte quotidiennement

250 cm° de sérum glucosé à 40 % et 250 cm° de sérum bicarbonaté à 12,50 %.

Le 5 juin, l’état clinique s’aggrave.

L’azotémie est montée, en soixante heures, de 2 gr. 80 à 4 gr. 20. |

Les urines restent rares (150 cm° en 24 heures, avec 7 grammes d’urée pour 1.000 cm°). |

On note à l’examen du fond de l’œil, un œdème rétinien de tout le pôle postérieur, quelques fines suffusions sanguines le long des vaisseaux, surtout à droite.

Devant ces différents facteurs de gravité, on pratique une dialyse selon la technique de DÉROT, TAURET et REYMoND.

Le liquide de dialyse employé est la solution d’ABBOT et SHEA.

Pour un litre :

INAGÉ TE Ar PE CUT TRE 6 gr. 10 RÉCIT Her OR TR AINRRE 0 gr. 35 MECS 0 gr. 05 LE ei EEE PR AU HSE 0 gr. 23 PONS RON 0 ent CONS EEE OR RES 2 gr. 20 Glucose her pre 10 à 20 sr.

À 17 heures, début de la dialyse.

Le 6 juin, à 16 heures, fin de la dialyse.

On a injecté, en vingt heures, 15 1. 500 du mélange. Il a été évacué 14 litres. Ce liquide de sortie contenait : 42 gr. 25 d’urée :

dont environ 20 grammes d’azote protidique, soit en tout 22 grammes d’azote non protidique. L’urée sanguine s’est abaissée à 2 grammes par litre. La malade est en parfait état, calme, reposée; le pouls est bon.

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Elle a uriné, pendant ces vingt-quatre heures, 250 cm° d’urines contenant 7 gr. % d’urée.

On commence, un traitement par la pénicilline 200.000 unités par jour intramusculaires.

Au cours de la nuit, la malade est asthénique, dyspnéique (type KÜssmauL). Elle est couverte de plaques de cyanose. On injecte, par voie intraveineuse, 500 ‘em de sérum glucosé à 40 % et 500 cm° de sérum bicarbonaté à12:50:%%

Le 7 juin, la malade est calme et répond aux questions.

Elle vomit assez souvent. |

Dans la journée, la respiration se ralentit à nouveau; elle est irrégulière.

Puis la malade va de mieux en mieux, et le 11 juin, l’amélioration clinique est manifeste. La respiration

devient facile.

Urée sanguine: mr 3 gr. 60 AZOte LOAl 7 0 etes 1 gr. 94 AzDie UTéIqUE ie 1 gr. 80 Azote- résiduel... ... re or LA (hvcémie enr runs 0 gr. 74 Urines par 24 heures. ..... 1 1. 250 Tree urinaire: "fur, 10 gr. 75

On cesse le traitement pénicilliné.

A partir de cette date, l’amélioration va se poursuivre constamment. |

La malade urine de 1 1. 500 à 1 1. 750 par jour, du 12 au 21 juin, puis du 22 juin au 26 juin, 2 1. 300 à 2 L. 500, avec une concentration variant de 12 gr. 5 au

début à 4 grammes.

Bu CT

Au total, du 3 juin au 26 juin, la malade a éliminé par les urines 295 grammes d’urée, soit 140 grammes d’azote et environ 20 grammes d’azote non uréique.

L’urée sanguine se maintient entre 3 gr. 40 et 3 gr. 50 jusqu’au 14 juin.

Elle tombera brusquement à 2 gr. 65, le 15 juin.

Puis elle descend progressivement jusqu’à 0 gr. 20, le 26 juin.

Au point de vue clinique, les vomissements cessent le 15 juin.

La malade a éliminé par cette voie, environ 7 grammes d'azote.

Hypothermie entre 35° et 36° jusqu’au 20 juin. Elle atteint 36° seulement le 22 juin.

Amaigrissement de 10 kg.

Au point de vue alimentaire, la ae a reçu :

Jusqu'au 10 juin :

Sérum glucosé à 40 %, par voie intraveineuse ou rectale.

Du 10 au 18 juin :

90 gr. de lait sec; 100 gr. d’hydrates de carbone:

20 gr. de beurre; Fruits à volonté.

À partir du 19 juin :

500 gr. de lait; Viande grillée; Biscottes ; Purée; 50 gr. de beurre; 500 gr. de fruits.

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À la sortie du service, le 26 juin, l’état est excellent. Deux mois plus tard :

Urée : 0 gr. 25; plus aucun trouble.

Constante d’AMBARD : 0, 065.

Aucune séquelle péritonéale ni rénale.

OBSERVATION N° 11 (J. Oimer, E. ABrcNozr, M. LALLEMAND, M. DonGier et J. COLONNE.)

M'* B.., âgée de 26 ans, est admise à la clinique médicale thérapeutique, le 1” décembre 1949, pour une anurie post-abortum.

La date de ses dernières règles se situant aux environs du 1” octobre, cette malade a reçu, au début de novembre, trois injections de benzo-gynæstryl 5, puis, vers le 20 novembre, a procédé à la mise en place d’une sonde intracervicale, semble-t-il; enfin, le 25 novembre, elle absorbe quatorze pilules à base d’absinthe, de safran et d’aloès, spécialisées sous le nom de « Pilules Américaines », et, le lendemain, utilise à nouveau une sonde. Cette dernière manœuvre s’accompagne d’une douleur aiguë et d’hémorragie. Les deux jours suivants, la malade perd du sang, des caillots et des membranes.

Cependant, l’oligurie qui s’installe, dès le 26, aboutit progressivement, trois jours après, à une anurie totale, tandis que l’azotémie atteint 2 gr. 40 %. La malade reçoit alors 1.000.000 d’unités de pénicilline, du sérum glucosé hypertonique et cinq infiltrations des pédicules rénaux à

la novocaïne, sans résultat.

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