DER PRES
révélée par l’examen électrique, qui est apparue pendant la convalescence, oriente fortement vers ce diagnostic.
L'origine infectieuse de l’anurie peut être aussi discutée. algré l’absence de fièvre, l’inéfficacité de la pénicilline, le caractère négatif des hémocultures, en raison des manœuvres abortives intra-utérines. On sait qu’en pareil cas, c’est surtout le Perfringens qui est en cause et que celui-ci réalise habituellement des hépato-néphrites. Cependant, dès 1934, le professeur HARVIER signalait Pexistence de formes anictériques des septicémies à Perfringens, se traduisant particulièrement par une néphrite anurique. Nous ne pouvons donc conclure formellement quant à l’étiologie de cette anurie post abortum. +.
Quoi qu’il en soit, l’évolution de cette anurie nous apporte, du point de vue thérapeutique, d’utiles consi dérations.
Il est, en effet, hors de doute que chez notre malade les médications classiques et même les infiltrations des pédicules rénaux sont demeurées incapables de rétablir la fonction rénale.
C’est donc aux méthodes palliatives d'épuration artif cielle qu’il a fallu demander le sursis indispensable à là réfection du parenchyme rénal et la reprise de son activité normale, = Nous avons utilisé successivement l’exsanguino-transfusion et la dialyse péritonéale. Après trois séances d’exsanguino-transfusion totalisant 10 litres de sang, la quantité d’urée éliminée éliminée s'élevait à 35 grammes. Malgré
ce résultat, l’état de la malade s’aggravait et il a fallu
recourir à une dialyse : en douze heures, 15 litres de liquide entraînaient 30 grammes d’urée et, cette fois, l'amélioration immédiate se maintenait jusqu'à la guérison.
OBSERVATION N° 12 (M. Déror, J.-J. BerNIER, M. LEGRAIN et P. PIGNARD.)
M'* L..., traitée en août 1949.
Néphrite aiguë à Clostridium Perfringens avec intoxication par l’apiol.
Au septième jour, en phase d’anurie, la malade est traitée par le rein artificiel; 15 litres de sang sont épurés, l’urée de la malade baisse de 4 grammes à 2 gr. 30.
Le lendemain, la malade est agitée, la tension artérielle s’élève, mais tout rentre dans l’orde en vingt-quatre heures.
Le onzième jour, l’anurie persistant, une exsanguinotransfusion classique de 7 litres est pratiquée.
La diurèse reprend le treizième jour, elle reste assez basse quelques jours et, au quinzième jour, on fait une courte dialyse qui ramène 21 grammes d’urée. La diurèse reprend, atteint bientôt 2 litres et l’urée sanguine baisse. C’est alors que se déclanche un grand syndrome hémorragique.
La malade meurt d’une hémorragie méningée au vingtet-unième jour.
M. J.…., traité en janvier 1950,
Anurie post-transfusionnelle au cours d’une gastrectomie.
Le malade est envoyé dans un état très grave, l’azotémie est très élevée, il n’urine plus depuis sept jours. Il est en occlusion paralytique post-opératoire.
Une première exsanguino-transfusion entraîne un choc important; une épuration par le rein artificiel est entreprise alors qu'il est déjà dans un coma profond.
Au cours de l’opération, presque contre toute attente, le malade sort de son coma. La tension, d’abord très basse, se relève. L’urée sanguine, après 15 litres, est tombée de 6 gr. 60 à 5 gr. 60. Après trente-six heures de demiconscience, le malade meurt brusquement de collapsus cardio-vasculaire.