‹ Contribution à l'étude du traitement des paralysies diphtériques: Par le Sérum AntidiphéritiqueChapitre 3 sur 12 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La question du traitement des paralysies diphtériques par le sérum antidiphtérique est encore discutée. |

Sans vouloir retenir l’argument des adversaires de la méthode sur la plus grande fréquence -des paralysies diphtériques depuis l’apparition de la sérothérapie, il est certain que la médication spécifique de la diphtérie, si elle | guérit à merveille les accidents locaux, ne prévient pas toujours les complications paralytiques consécutives. Estce à dire qu’elle soit absolument inefficace vis-à-vis d’une paralysie confirmée? Nous ne le pensons pas.

Une deuxième objection, souvent faite à la sérothérapie est la suivante. En présence de l’habituelle bénignité des paralysies diphtériques qui, on le sait, guérissent toues seules, dans la plupart des cas, on peut se demander si l'influence du sérum n’est pas illusoire devant cette tendance naturelle à la guérison. : |

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A ce point de vue, nous devons distinguer nettement deux catégories de paralysies diphtériques :

1° Les unes, précoces, apparaissant au début de l’affection locale et faisant le plus souvent porter leurs effets sur la musculature voisine du point infecté (voile du palais, musculature oculaire).

2° Les autres, tardives, survenant du vingtième au quarantième jour, se localisant aussi le plus souvent au voile du palais, mais pouvant aussi se généraliser et envahir les différents groupes musculaires des yeux, de la face, du trone ou des membres. À

Or, tandis que les premières sont franchement bénignes et ont une tendance naturelle à la guérison, les secondes ont, au contraire, une particulière gravité. Elles sont durables, résistent aux traitements purement symptomatiques, ont une redoutable tendance à l’extension progressive, à la généralisation, menaçarit le malade de complications cardio-bulbaires mortelles. Fes

Et comme d’autre part, il est impossible de savoir si une paralysie précoce, à début velo palatin, restera localisée à ce niveau et si elle ne s’étendra pas au bout d’un temps plus ou moins long pour revêtir les caractères de gravité des paralysies disphtériques tardives, il semble absolument nécessaire d’avoir recours d’emblée, dans : tous les cas à la sérothérapie antidiphtérique.

De plus, même dans les cas de paralysie bénigne, le sérum n’est pas sans une influence très nette sur l’évolution plus favorable des lésions. Aussi peut-on s'étonner de ne trouver dans la littérature ophtalmologique notammant, étant donnée la fréquence des manifestations oculaires post-diphtériques, que de rares observations de paralysies oculaires diphtériques traitées par le sérum.

Certains ophtalmologistes considèrent la sérothérapie

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comme sans action lorsque la paralvsie est constituée. C’est l’opinion exprimée par Schirneer et que nous retrouvons dans l'Encyclopédie française d’ophtalmologie.

D'autres auteurs, précisément parce qu'il s’agit là de manifestations oculaires, &uérissant spontanément en quatre ou huit semaines, hésitent à recourir au sérum,

Cependant, si nous nous en rapportons à quelques observations publiées : notamment un cas de Ginestous où 2 injections de sérum firent passer l’amplitude d’accommodation de ? à 3 et l’amplitude de convergence de 3 à 19 angles métriques; et de même, le cas personnel que nous rapportons dans cette étude, l’action du sérum pa- 1ait remarquablement efficace. #

Les observations qui font l’objet de notre travail, ont êté recueillies dans le service de M. Le Meignan, médecin des hôpitaux de Nantes, au cours d’une épidémie récente qui s’est montrée particulièrement propice au développement des paralysies diphtériques. Elles nous ont permis d’observer de tels effets favorables du sérum sur la marche de ces paralysies, qu’elles nous ont paru mériter d'en faire le sujet de notre thèse. n

Comme elles constituent la base clinique essentielle de ce travaïl, nous avons tenu à les placer au premier plan.

Dans un deuxième chapitre, nous avons exposé les considérations pathogéniques sur les paralysies diphtériques susceptibles d'éclairer le mode d’action du sérum sur ces paralysies. |

Enfin, dans un dernier chapitre de traitement, nous avons tenu à préciser certaines indications de la méthode qui offre à notre sens un tel intérêt pratique qu’elle devrait être adoptée par la généralité des médecins.

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