OBSERVATION PREMIÈRE
(Personnelle)
G. X.., 5 ans, entre à l’Hôtel-Dieu de Nantes, salle B, au début de mai 1920, pour paralysie diphtérique.
L’angine à fausses membranes, responsable des complications actuelles, remonte à trois semaines. Plusieurs injections ‘de sérum antidiphtérique ont été pratiquées à cette époque, influençant assez rapidement les lésions locales, mais qui ont été impuissantes à prévenir l’apparition de la polynévrite pour laquelle cet enfant est amené à l’hôpital.
A l’entrée, la paralysie intéresse le voile du palais, puis. progressivement la musculaturé de la nuque, du tronc et des membres. \
A ce stade de l’évolution, on note du nasonnement,
une impossibilité absolue de la déglutition avec rejet des aliments par les fosses nasales., . L'examen de la gorge montre le voile-du palaïs tombant, immobile. La recherche du réflexe nauséeux ne provoque aucun mouvement actif de défense de la musculature vélo-palatine.
L'état général est précaire. L’amaigrissement est con-
sidérable, d'apparence cachectique. Le pouls est mou, mal frappé, rapide (90 à 100). La température oscille entre 37 et 38°.
Dès les premiers jours de son entrée, le malade fut mis au traitement par le sérum antidiphtérique à hautes. doses.
En même temps, des injections hypodermiques de sulfate de spartéine et strychnine furent pratiquées.
Pour alimenter le malade, on eut recours à la sonde œsophagienne introduite par les fosses nasales.
Les injections de sérum antidiphtérique furent continuées pendant vingt-sept jours, à raison de 40 centimètres cubes pro die. Au total, 1.080 centimètres cubes furent ainsi injeetés.
Dès le dixième jour, la parésie des membres manifesta une régression notable qui ne fit que s’accentuer les jours suivants. :
. Au vingtième jour, la paralysie du voile du palais avait disparu.
En juillet, deux mois après son entrée, 1e malade quittait l'hôpital, complètement guéri, ayant augmenté de 4 kilos. < : |
Il est à noter que, lors de chaque injection, nous versions au préalable quelques gouttes de sérum dans les narines du petit malade, tandis qu’on lui maintenait la tête renversée en arrière, de facon à bien imprégner la muqueuse rhino-pharyngée par le liquide antidiphtérique.
Aucune manifestation sérique, ni complication d’au- ‘cune sorte n’a été observée an cours du traitement.