OBSERVATION II
{Communiquée par M.le Docteur Le Meignen, raédecin des Hôpitaux de Nantes)
re ans, entre à l’hôpital, dans le service de M. le docteur Le Meignen, pour paralysie diphtérique.
Le début de la maladie actuelle remonte à eiñq semaines et s’est fait par une angine érythémateuse de l’amygdale gauche. L'évolution de la lésion amygdalienne s’est effectuée spontanément, sans injection de sérum antidiphtérique. L’enfant a craché du pus et le tout à paru terminé en une quinzaine de jours.
Le malade garde la chambre huit jours, puis effectue sa première sortie et, le soir même, au dîner, il présente des troubles manifestes de la déglutition pour les liquides. Les aliments solides sont cependant déglutis. I existe en outre de la difficulté de la parole.
Le lendemain, au réveil, du nasonnement vient s’ajou-
ter aux troubles précédents.
A l’entrée, on note une paralysie du voile du palais, plus accusée dn côté gauche, avec déviation de la luette de ce côté. Le voile est tombant. I] ne réagit pas à l’attouchement par l’abaisse-langue.
En outre, le nasonnement est très net, la déglutition des liquides difficile.-L’enfant ne peut faire effort pour souffler. | |
Il n'existe pas d’autres localisations nerveuses. I n’y a pas de troubles oculaires ni auditifs.
L'état général est celui d’un sujet infecté.
La peau et les muqueuses sont pâles et décolorées.
[y a un peu d’arythmie cardiâque.
CRT rres Il n’y à pas d’albumine dans les urines.
La température est normale.
L'examen bactériologique de l’exsudat pharyngé montre l’absence de bacilles de Læfler. On trouve de l’entéro-
coque, du pneumocoque, du tétragène.
L’ensemencement négatif confirme l'examen direct.
Etant donné les débuts de la maladie actuelle, on institue le traitement par le sérum antidiphtérique.
Le 6 novembre on injecte 20 centimêtres cubes de sérum, le 7 novembre 10 centimètres cubes, le 8 novembre 10 centimètres cubes. -
En outre, on donne VIII gouttes de teinture de strophantus tous les jours jusqu’au 16 novembre.
L'’arythmie disparaît le 13 novembre.
Le 15 novembre on observe un érythème prurigineux aux cuisses au lieu d'injection, érythème qui a disparu le lendemain et s’est généralisé au reste, du corps.
Le 17 novembre, l’éruption sérique n’est plus visible qu’en quelques points isolés sur la poitrine.
L'amélioration des troubles paralytiques se dessine.
Le 19 novembre on fait une nouvelle injection de 10 centimètres cubes dé sérum, après inoculation antianaphylactique préalable selon la méthode de Besredka.
Le 20 novembre, 10 centimètres cubes de sérum.
- Aucun accident sérique n’est observé.
La guérison survient rapidement. Le malade sort le 25
novembre, guéri.
App
OBseRvATION [IT |
(Due à l'obligcance du Docteur Le Meignen
I s’agit d’un enfant de 3 ans, qui a eu une diphtérie, vérifiée par l’examen baetériologique dans les premiers jours de novembre 1919. Le traitement a consisté en une seule injection de sérum antidiphtérique qui a suffi à. amener la guérison, mais, par mesure de prudence, on donne à l’enfant des pastilles au sérum desséché pendant la convalescence. ù +
Le 16 novembre, l’état général change brusquement. Il existe de la parésie du voile du palais, des signes de bronchite, de la température. Rapidement l’état empire et le 20 novembre, jour où M. ie docteur Le Meignen voit le: malade pour la première fois, la paralysie est des plus manifestes. De plus, l’enfant présente des signes d’asphyxie, la poitrine est encombrée de râles fins; cependant ies signes locaux d’auscultation ne paraissent pas en rapport avec la dyspnée présentée par le malade.
À l’examen, on observe une paralysie complète du voile du palais avec atteinte parétique des muscles du trone et des membres inférieurs. L'enfant ne peut rester assis dans son lit que soutenu sous les aisselles; la station debout est impossible, =
Le premier Jour on injecte 30 centimètres cubes de sérum antidiphtérique, les jours suivants, le 21 et le 22 novembre, 20 centimètres cubes. Dès ce moment, l’amélioration se dessine, lès symptômes respiratoires disparaissent, Les 24, 25 et 26 novembre, on injecte 10 centimètres P
‘eubes par jour. Progressivement, les manifestations pa-
rétiques s’atténuent. Le 26 novembre l'enfant respire
‘ se normalement et peut être considéré comme genéri. C'ependant les chutes sont, pendant quelque temps encore, assez fréquentes.
Aucun accident sérique n’a été observé.