V. — VERIFICATIONS EXPERIMENTALES
Nassi, GOUDÉ et GEORGET, après avoir appliqué sur le cadavre la technique de LERICHE, ont vérifié la position de l’aiguille et la localisation du liquide injecté. Pour cela, ils ont pratiqué des injections de minium dissous dans du tétrachlorure de carbone, ou de bleu de méthylène, et ont vérifié les résultats par dissection; dans d’autres cas, ils ont pratiqué des injections avec des liquides opaques aux rayons X, comme l'huile de lin, et pris ensuite des radios de contrôle.
La dissection des cadavres injectés a permis de se rendre compte, après ablation des anses grêles, et à travers le péritoine pariétal postérieur, de la disposition du liquide. Le cordon sympathique, visible à travers la séreuse chez les gens maigres, baignaït littéralement dans le liquide injecté. Le liquide, d’ailleurs, inondait tout le tissu cellulaire rétro-pariétal paravertébral du côté injecté, depuis D12 jusqu’au détroit supérieur, et filait même parfois plus bas le long des vaisseaux.
GOUDÉ, cependant, a remarqué qu’assez souvent, avec la technique de LERICHE, l’aiguille restait dans l’épaisseur du psoas, ce qui donnait une moins bonne diffusion du liquide. Aussi adopta-t-il la technique décrite par Nassi, légère variante de celle de LERICHE, et qui conduit l'aiguille plus près du point à atteindre; elle consiste à piquer la peau à 8 ou 10 cm. de la ligne médiane, et à donner à l'aiguille une inclinaison interne de 40 à 45° suivie, une fois le contact osseux établi, d’une deuxième inclinaison de 55 à 60°. Cette technique présente en outre l’avantage d’éviter la piqûre de l’apophyse transverse et des racines lombaires, comme nous l’avons déjà signalé.