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GANGRÈNE GAZEUSE

La connaissance de ses germes à permis d’instituer une prophylaxie de cette complication. On utilisera, à titre préventif, une forte dose de sérum anti-gangréneux polyvalent (periringens, vibrion septique, œdématiens, histoliticus) à la fois anti-toxique et anti-microbien.

On fera dans les plaies courantes 20 ce de sérum polyvalent, mais dans certaines plaies, où on redoute particulièrement cette complication (grosses plaies de la fesse, ou plaies survenues sur un terrain marécageux ou limoneux), on fera 40 à 60 cc de ce même Sérum.

Immobilisation des plaies

La question de limmobilisation des plaies importantes des membres s'est posée, et les avis diffèrent beaucoup, suivant les auteurs. La récente expérience de la guerre civile d'Espagne a mis à la mode le « plâtre occlusif » comme traitement des plaies de guerre.

Récemment, dans une communication à l'Académie de Chirurgle, Gasné a montré les désastres survenus à la suite de l’application de cette méthode, dite «méthode espagnole ».

Dans les cas vus par l’auteur, toutes les lésions ont été indistinctement plâtrées, et on a pu se demander si c'était une appli-

tion mal comprise d’une méthode scientifique, ou dans le but de parer à un manque de matériel de pansement, ou pour faciliter l'évacuation.

De toute façon, la méthode a été appliquée de façon incorrecte dans beaucoup de cas. Les blessés récents avaient, tous sans exception, des plaies non épluchées, et les résultats étaient déplorables.

A l’ablation du plâtre, on notait : « des membres de coloration vineuse, avec des zones sphacéliques par place, des escharres noirâtres, molles, adhérentes au plâtre. Les plaies initiales étaient noirâtres, laissant sourdre une sanie peu abondante et d’odeur fétide » (Gasné).

Quant aux blessés anciens, l'application du plâtre avait été précédée du traitement chirurgical. Les résultats, cependant, ne furent pas plus favorables,

Les blessés avaient tous une température oscillante entre 38° et 40°, le plâtre était mis directement sur la peau.

A l'ablation du plâtre, le membre ruisselle de pus. La peau, macérée, laisse des plaques où le derme est à nu. Au niveau des orifices d'entrée et de sortie des projectiles, 1l existe des plaies atones, avec des orilices fistuleux au pourtour.

Lorsqu'il s'agit de fractures ouvertes, cas le plus fréquent, sur les clichés, malgré l'absence d’éclats, témoin de l’épluchage chirurgical de la plaie, on voit des lésions osseuses allant de l’ostéite à l’ostéolyse plus ou moins étendue. Parfois même, il existe une véritable fonte osseuse, et il faut noter la fréquence des pseudarthroses avec grosse perte de substance.

Ainsi donc, si limmobilisation peut jouer un rôle indiscutable dans les plaies des membres, si cette immobilisation est faite avec un plâtre circulaire, elle présente des dangers.

En effet, sous ce plâtre, qui empêche toute surveillance des lésions, les délabrements cutanés s'étendent par macération, la suppuration s'étend, les tissus s’œdématient et le membre est le siège de troubles dus à la constriction circulaire.

« Une technique susceptible de suites aussi graves, ne pourrait prendre place officielle qu'après des essais prudents, entre des mains qualifiées », telle .est la conclusion de cette communication.

Par contre, il semble qu’une plaie importante, immobilisée convenablement, après excision chirurgicale, guérisse mieux.

La méthode est basée sur des principes qui demandent à être respectés avec une extrême rigueur. (Leveul).

1) Traitement chirurgical de la plaie ;

2) S'abstenir de tout antiseptique, aussi bénin soit-il, et proscrire tout drainage avec mèche de gaze ou tube de caoutchouc ;

3) Suppression de toute suture, profonde comme superficielle. La plaie doit être pansée à plat, avec un matériel absorbant de gaze et de coton hydrophile. Le coton cardé doit être proscrit, car il est imperméable à Fair et aux sécrétions ;

4) Faire une immobilisation rigoureuse du membre, dans un plâtre fermé, prenant les articulations sus et sous-jacentes au segment blessé.

Il faudra surveiller la courbe thermique avec grand soin. Après le clocher thermique post-opératoire, si la fièvre persiste ou remonte, il faudra enlever l'appareil et voir la plaie.

L'auteur insiste sur la nocivité du « bourrage des plaies », obstacle à l’arrivée de Pair et au drainage, d’où possibilité de jusées purulentes. Ces complications ne se verraient pas avec une plaie ouverte, sous un pansement perméable à l'air et aux sécrétions, le plâtre étant lui-même traversé aisément par les liqui-

des et les gaz.

Pour l’auteur, la méthode ne doit pas être appliquée aveuglément à toutes les plaies de guerre.

L'immobilisation plâtrée a de gros avantages, en suivant Îles restrictions que nous allons faire.

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