Bull. Société de chirurgie, 1890, pages 830 et suivantes
PE) des renseignements très insuffisants sur la date de l’apparition du prolapsus.
Le prolapsus n'est pas permanent et se montre seulement à à la suite d'efforts ; il est complet; le boudin prolabé mesuré environ cinq travers de doigt et il est séparé de lorifice anal par un sillon assez profond.
Opérationle 98 avril 1891 par la . méthode de rectococcy-pexie. | |
Remarque. — Les fils fixateurs on été placés sans être conduits par le doigt introduit dans le rectum, de
| sorte que M. Gérard-Marchant .nest pas sûr d’avoir bien saisi la tunique musculeuse de l'intestin. ‘
Suites opératoires excellentes ; réunion par première intention. | |
Actuellement (9 juin 1801) le prolapsus rectal s’est reproduit en partie, mais ce n'est plus un prolapsus rs complet comme avant l’opération ; c’est seulement une légère hernie de la muqueuse, et le rétrécissement de l’anus en bourse, ainsi que le perfectionnement apporté au passage des fils par l'introduction de l'index gauche dans le rectum s’opposeront désormais (voir Obs. II) à l'issue de la muqueuse. |
OBSERVATION III (inédite).
® (Due à l'obligeance de M. Gérard-Marchant).
M. X..., 27 ans, officier de cavalerie, est atteint depuis l’âge de 7 ans d’un prolapsus rectal. L’intestin, nous
HR
É — 50 — raconte le malade, sort au moment des garde-robes. our rentrer ensuite spontanément au bout de quelques instants sans nécessiter aucun effort de la part du patient. Chaque issue rectale estsuivie d’une émission de mucus elaireux, visqueux, adhérent; cette rectité concomitante souille les linges du sujet. Cet état, qui dure depuis l'enfance, à amené chez ce jeune homme, d'ailleurs 1emarquable d'intelligence, un état d'hypocondrie et de nervosisme des plus accentués. s | Aussi réclame-t-il vivement une opération qui le guérisse d'une infirmité dégoûtante et « qui l’oblige à x | vivre en paria. »
; Le sujet est de petite complexion, maigre auémié, agité, énervé. té A l'examen local on observe, au moment où l'on dit au malade de pousser, l'issue d'un boudin rectal de à 8 centimètres de longueur. Les parois, à larges plicatures superposées et parallèles, turgescentes, d'un rouge vineux, laissent échapper des glaires qui tombent en masses cohérentes au fur et à mesure du développe- | ment du cylindre.
Un orifice central réponl à l'extrémité inférieure de la portion cs .
Si par ét orifice on iatroduit l'index ha a man è droite, on a saisir entre ce diet et le pouc: la paroi prolabée et s'assurer de l4 grande épaisseur (près de 1 centimètre) des tissus interposés. : te Ce symptôme, bien plus que l'existence d'un légr sillon séparant l'anus de la masse herniée, permet de penser qu'on est en présence d'un prolapsus total.
Ce qu’il y a de tout particulier dans ce cas, c'est l’exis-
tence d’un périnée ferme, solide, résistant, dé rimé.
L'anus est comme contracturé, plus que suffisant, puisque c’est à peine s'il admet le doigt, et on s’attendrait à trouver plutôt chez ce malade une fissure à l’anus qu'un prolapsus rectal. E
Lorsque, l'index daus : anus, on dit au malade de faire “un effort, de: pousser comme pour aller à la garde-robe, ce doigt subit de la part du sphincter uue pression des
ue sensibles, des plus vigoureuses, et, si le malade |
continue son effort thoraco-abdominali, si surtout on retire un peu l'index de façon à diminuer la pression sur Je sphincter, on voit alors, éntre l'index et la filière anale,
D apparaitre un bourrelet rougeâtre qui se dégage insen-
siblement, repousse le doigt, et entraîne à sa suite le reste du prolapsus. Il y a à ce moment une expression des tissus repoussés par un anus contracturé : avec l’ef- © fort cesse la contracture anale et l'intestin remonte progressivement et assez brusquement pour reprendre sa place normale.
Ces détails qui se sont AGroulés avec le même carac-.
tère chaque fois que le malade s’est soumis à uotre
Cr examen nous portent à admettre qu’à côté des pro'apsus survenant chez des gens âgés, à anus entr’ouvert, à PE périnée sans résistance, il faut faire une place à part à
certains prolapsus se continuant depuis l’enfance chez des gens jeunes, vigoureux, qui expulsent leur rectum par
un véritable effort musculaire. Aux premiers convien-
drait le nom de prolapsus de faiblesse ; aux seconds,
© celui de prolapsus de force.