‹ Contribution À L'Étude Du Traitement Des Pyélonéphrites GravidiquesChapitre 13 sur 25 · I. — Traitement préventii · texte numérisé non relu

I. — Traitement préventii

La connaissance du syndrome entéro-rénal d'Heitz-Boyer doit attirer l'attention du côté du tube digestif. La principale condition est de régulariser le fonctionnement intes- tinal. La constipation sera combattue par des laxatifs légers : sulfate de soude à petites doses répétées ou huile de ricin, huile de paraffine. La malade se trouvera également bien de petits lavements tièdes, peu susceptibles de réveiller des coliques et des contractions utérines.

Le régime alimentaire de la femme enceinte sera l’objet d'une surveillance spéciale. Les produits de désassimilation alimentaire ne doivent pas nuire au filtre rénal déjà en hyperlonctionnement du fait de la gravidité : pas trop de viande et surtout pas de viandes faisandées où en sauce, ni de charcuterie; les œufs seront proscrits.

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De la viande grillée ou rôtie, au contraire, en quantité modérée, tend à acidifier les urines, ce qui est un élément défavorable à la pullulation du colibacille.

Les pâtes et tous les légumes seront permis, surtout les légumes verts. 11 en est de même de tous les fruits.

Enfin, les aliments qui, de par leur présence dans l’intestin exercent une action désinfectante, seront surtout recommandés : yoghourt, kéfir.

« Cette thérapeutique préventive de la pyélonéphrite gravidique n’est pas autre chose, à vrai dire, que la diététique à laquelle toute femme enceinte, si normale en apparence fût-elle, devrait se soumettre. Ainsi pourrait être évitée telle crise colibacillaire, dont un écart de régime ou une période de constipation négligée ont marqué le début; et, du même fait, seraient soulagés dans les attaques qu’ils ont à subir, deux organes essentiels, Le foie et le rein. » (Cleisz.)

Il. — Traitement curatii.

Presque suffisantes pour guérir, au moins cliniquement, les formes légères de la pyélonéphrite gravidique, le repos au lit et quelques règles d'hygiène intestinale constituent la thérapeutique de base des formes graves. « Quand ces modestes moyens ne suffisent, pas, ils sont les adjuvants des autres méthodes. » (De Beaufond.)

Le repos au lit est prescrit pour éviter toute fatigue et tout refroidissement. Rongy conseille la station assise, Smith ordonne de relever la tête de la malade et Gewit les pieds ! Pour Duhail, il serait préférable de surélever le bassin en maintenant les épaules basses pour éviter la compression de l’uretère par l'utérus gravide.

Des redites seraient inévitables si nous exposions ici le régime et l'hygiène de la malade. Les règles sont celles que nous avons déjà citées au sujet de la lutte contre l’infection intestinale et du traitement préventif. Il est cependant

Le BourHis. 3

SAN deux points sur lesquels de Beaufond veut retenir l’attention (Congrès d’urologie, Paris, 1935) : |

«4° Le régime déchloruré, dont on a jadis abusé en obstétrique, est à proscrire quand l’albuminurie, n'étant pas rigoureusement d'ordre médical, relève de la pyurie des pyélonéphrites.

» 2° Le régime carné, qui, inversement, a été longtemps proscrit, est à recommander au contraire dans les infections colibacillaires, comme l’a bien établi le Professeur Marion. »

Nous ne saurions trop insister sur la nécessité d’un tel traitement, recommandé d'ailleurs par tous les auteurs, qui se flatte d’être étiologique et d’une utilité indiscutable.

Les opinions ne s'accordent pas aussi bien lorsqu'il s’agit d'aller plus loin et de mettre en œuvre une thérapeutique active. Les accoucheurs voient le plus souvent la pyélonéphrite gravidique s’amender grâce à une médication antiseptique simple, tandis qu'aux urologues échoient en général les cas graves peu ou pas du tout améliorés par un traitement médical banal. L’urologie et l’obstétrique s’adressant à des cas différents auront de ce fait des directives thérapeutiques quelque peu divergentes. ae

Les travaux modernes, résumés et repris dans le rapport de de Beaufond au Congrès de l'Association française d’urologie de 1935, montrant les modifications de l’appareil urinâäire au cours de la gestation, semblent étendre les indications du traitement urologique par le cathétérisme des uretères. Nous nous efforcerons, à la lumière de ces travaux, d'envisager les solutions thérapeutiques à employer dans les diverses formes des pyélonéphrites gravidiques. |

Pyélites légères.

Les recherches modernes ont permis d'établir la fréquence de ces formes. Il suffit de centrifuger les urines de beaucoup de femmes enceintes soit-disant albuminuriques pour constater qu'en réalité elles sont pyuriques. |

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