‹ Contribution à l'étude du Traitement des Ruptures MusculairesChapitre 7 sur 28 · HONTE · texte numérisé non relu

HONTE

Elle est mobile dans le sens transversal, moins dans le sens longitudinal. On peut parfois la réduire. La sensation d'une boutonnière aponévrotique, due à un cercle induré que forment souvent des reliquats d'hématome, est perçue dans certains cas.

Au repos, le muscle étendu passivement : Si on imprime au membre une attitude qui écarte ses insertions, la tumeur reste toujours molle; elle ne disparait jamais complètement ; son volume diminue un peu; sa place varie parfois légèrement.

Contraction libre : La tumeur durcit, grossit et remonte. Elle devient plus ronde, plus fixe, irréductible.

Contraction entravée : La durelé du muscle devient encore plus accusée que dans le cas précédent. La tumeur est aussi plus fixe. Si on la cale avec le doigt, on l'empêche de redescendre. Lorsque là pseudo-hernie durcit, c’est une preuve que le muscle à conservé quelques attaches inférieures. L’électricité reproduit encore plus nettement tous les caractères de la tumeur contractée.

Les troubles fonctionnels résultant de l'affection sont extrêmement variables. Tandis que l'impotence sera dans un cas, absolue, les mouvements, quoique. limités, se seront pas supprimés, dans un autre.

En résumé, une pseudo-hernie musculaire se diagnoslique aux symptômes principaux suivants : Tumeur peu apparente pendant le repos, persistant ou diminuant peu, lorsque le muscle est étendu passivement, qui augmente et durcit pendant la contraction libre ou entravée.

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Les hernies musculaires, au contraire, sont des tumeurs musculaires poussées par la pression intraaponévrolique à faire saillie au dehors, au niveau d'une partie perforée ou simplement amincie et dilatée. Ces tumeurs disparaissent quand le muscle intéressé perd sa flaccidité soit par la distension active, soit par la distension passive.

Le déplacement de la tumeur et l'existence ou l’absence de pédicule peuvent encore servir au diagnostic.

Ea tumeur se déplace généralement suivant l'axe du muscle sous l'influence des contractions, dans la pseudo-hernie. Rien de pareil dans la hernie vraie. La pseudo-hernie présente le plus souvent un pédicule. La hernie vraie n’en a jamais.

À propos d’un malade atteint d'une hernie vraie du jambier antérieur présenté par M. le docteur Larger, de Maisons-Laffite, à la Société de chirurgie, M. Sée s'est demandé, si, étant donné ses dispositions particu- Jières, ce muscle ne pouvait faire exception aux règles générales que nous venons d'énoncer.

« Le tibial antérieur ne peut se raccourcir, dit-il; si on laisse le pied se fléchir, la tumeur disparaitra-t-elle ? Car s'il est vrai qu'un muscle qui se contracte n’aug- -mente pas de volume, il est vraisemblable que si ce muscle serré dans sa gaine rencontre un point faible, il fera saillie », Farabeuf répond à cela: « Un muscle qui se contracte est tendu également dans toute sa longueur, par conséquent, il n’a guère de tendance à faire saillie nulle part. » L'observation de M. Larger vient à l'appui des idées de Farabeuf, car pendant les mouvements passifs et volontaires elle disparait.

Quand tous les signes des ruptures musculaires compliquées de tumeur ne sont pas au complet, le diagnostic différentiel doit être fait avec d’autres affections telles que les épanchements sanguins sous-cutanés, les gommes, les abcès, les hernies viscérales, les kystes, etc. Le tour de rein peut être confondu avec lelombago rhumatismal ; la rupture des jumeaux avec le coup de fouet des variqueux. La confusion est rare cependant, facile à éviter, Cest pourquoi nous n'y insisterons pas davantage.

Nous nous sommes étendus plus longuement sur la distinction à faire entre la pseudo-hernie consécutive à une rupture musculaire et la hernie musculaire vraie. C'est un point de diagnostic des plus délicats sinon des plus importants au point de vue thérapeutique.

Signalons, en terminant, l'avantage qu'il y aurait à se débarrasser de ce terme équivoque de pseudo-hernie qui à entraîné tant de confusions parmi les auteurs. Ce sont là des ruptures musculaires le plus souvent partielles, dont la partie déchirée, rétractée, forme saillie sous la peau. La tuméfaction produite est souvent plus ajpréciable dans les ruptures anciennes, par suite du développement plus considérable du bout supérieur et de l'organisation fréquente du sang épanché. Nous éviterons donc le plus possible de nous servir de Pexpression « pseudo-hernie » et nous rattacherons l'étude de ces tumeurs à celle des ruptures partielles.

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