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s'était produit des désordres irréparables qui entrainaient l’amputation, si fréquente autrefois, dans les panaris et phlegmons tendineux de la main.
La méthode de Bier, très récente et encore peu employée, semble donner de bons résultats, surtout si l'on tient aux statistiques données par Bier. Voyons ce qu’en dit Bier lui-même. « Le premier effet de notre méthode, écrit-il, c’est une diminution de la douleur, qui, généralement, se manifeste très rapidement et est particulièrement frappante dans les phlegmons des gaines tendineuses. Qn n’a pas à s’effrayer à la vue de la tuméfaction considérable et de l’æœdème « rouge-feu » qui se produit au niveau du membre malade. En tout cas, le blessé se déclare satisfait, puisqu'il ne souffre pas. La suppuration évolue rapidement sous l'influence de l’hyperhémie séreuse. Celle-ci amène l'élimination rapide des tissus nécrosés et conserve, ce qui est plus important, les autres tissus, ceux dont le sacrifice nous paraissait, avec le procédé classique, tout à fait naturel et inévitable. En outre, l'hyperhémie séreuse possède, au plus haut degré, la propriété de localiser la suppuration et d'éviter ainsi au malade les grandes incisions. Elle rétablit enfin les fonctions des parties malades à un degré de perfection qui n’a jamais été atteint par les procédés classiques ». Bier n'aurait observé, prétend-l,
la nécrose des tendons que dans 15 0% des cas de
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phlegmons tendineux, ce qui serait, certes, un très beau résultat.
Malheureusement, nombre de chirurgiens, qui ont essayé la méthode de Bier dans le traitement des phlegmons des gaines synoviales, n’ont pas obtenu d'aussi bons résultats, et beaucoup sont revenus à la méthode classique, déclarant que si, à l'hôpital, les deux méthodes peuvent être considérées comme équivalentes, dans la pratique courante, la méthode classique est seule applicable. [ls reprochent avec raison, nous semble-t-il, à la méthode de Bier, d’être d’une application plus difficile qu’elle ne le paraît au premier abord : la bande, en effet, doit être serrée modérément, ni trop, ni trop peu. Si elle est trop lâche, la stase veineuse sera insuffisante et n’aura plus d’action ; si elle est trop serrée, la circulation artérielle sera arrêtée et on aura des accidents. Pour éviter cet inconvénient, en Allemagne, où la méthode de Bier est Surtout en honneur, certains chirurgiens abandonnent les malades ainsi traités aux soins d’un assistant, qui a étudié la méthode de Pier à la clinique même de ce dernier.
De plus, la méthode de Pier est loin d’être infaillible. Lorsqu'elle échoue, il faut, au bout d’un certain temps, en venir, malgré tout, à l'ouverture largement pratiquée ; d’où retard dans la guérison, qui eut été
plus rapide après l’incision précoce, sans application
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de bande élastique. Or, nous savons que dans les phlegmons des gaines tendineuses, la guérison a d’autant plus de chances d’être complète qu’elle aura été plus rapide.
Ce danger que présente la méthode de Bier, et surtout la difficulté de sa bonne application, font qu’actuellement encore la majorité des chirurgiens ont recours à la méthode classique: incisions avec drains et bains antiseptiques.
Cette dernière méthode, employée hâtivement dés le début de l'infection, a donné, entre les mains des chirurgiens expérimentés, des résultats très satisfaisants ; elle nous semble cependant donner prise aux critiques suivantes.
D'abord, de nombreux chirurgiens ont le tort d’opérer leur malade sans recourir à l’anesthésie. En effet, le point essentiel sur lequel nous insistons, c’est l’ouverture du foyer purulent seul, en même temps qu'une ouverture complète. Nous ne voulons et nous ne devons ouvrir que la région infectée, que le foyer purulent lui-même, nous donnant bien garde de porter notre bistouri sur une partie saine. Il est donc de toute rigueur de voir exactement le siège de la lésion en entier. Il ne s’agit donc plus, comme on le fait trop souvent, de donner un coup de bistouri ou de lancette, de faire une incision « médicale » à
l’aveuglette. Souvent, dans ce cas, l’incision sera trop