‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Tumeurs BlanchesChapitre 14 sur 34 · DO LE · texte numérisé non relu

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Ainsi donc, Kirmisson recommande l’immobilisation rigoureuse chez les enfants, et une immobilisation en position horizontale pour soustraire l'articulation au poids du corps et cela dès la constatation des premiers symptômes. |

Ce procédé est « indispensable et le plus important » dans ‘tout traitement de tuberculose articulaire. Ceci n'empêche pas d'exposer les malades au grand air. Un grief jusqu'ici, dont plusieurs se plaisaient à adresser aux partisans de la contention, mais un grief plus ou moins injuste. « Les résultats de l’immobilisation absolue et de cette hygiène sont remarquables. » On incrimine au repos absolu de favoriser l’atrophie, musculaire. « Rien de plus faux ! cette atrophie est une altération réflexe due plutôt à l’arthrite. » |

Le voilà donc se déclarant, sans arrière-pensée, favorable aux méthodes conservatrices « à peu près universellement adoptée aujourd’hui. » Kirmisson pratique l’immobilisation au moyen d’attelles plâtrées. Si une suppuration se manifeste, il recourt à une ponetion aspiratrice suivie d'injection iodofor-. mée ou à l’incision de l’abcès, puis drainage des foyers. Il ne cesse de répéter d’être conservateur chez les enfants surtout, car là, nous nous trouvons en présence d’une grande tendance aux guérisons spontanées. Dans le jeune âge, la résection entrainerait dans la suite un raccourcissement considérable et peut avoir pour conséquence une déviation ultérieure de l'axe du membre (Paschen).

Ainsi, pour Kirmisson, « doit-on se montrer sobre de résection à ce Jeune âge, étant donnée la tendance de la tubereulose à la guérison spontanée chez les enfants et la valeur des opérations économiques à cette période de la vie. »

Quant à l’arthrectomie de Volkmann ou synovectomie d’Ollier qui prétend ne pas attaquer le squelette et conserver les mou- : vementsde la jointure pour plus tard, Kirmisson la juge ainsi:

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« [l faut en rabattre et les cas sont nombreux où l’on n'obtient que l’ankylose qu’on voulait éviter et des récidives. »

D'où son emploi très restreint ; car, au début, les lésions nous permettent d'être très conservateurs, d’avoir, en un mot, recours à la seule immobilisation et, plus tard, devant l’insuffisance de ce repos articulaire, il vaudra mieux recourir aux résections.

Tous ne sont pas de cet avis.

Et pourquoi, se demande Kirmisson, ne pas extraire par une opération ce foyer morbide? La raison, la voici. La tuberculose articulaire n’est que trop souvent l'expression d’une infection tuberculeuse généralisée, peut-être peu bruyante, mais qui n'est pas moins redoutable. En effet, l’arthrite peut souvent être la première manifestation de la diathèse tuberculeuse. |

« Ainsi, peut-on expliquer les expériences de Max Schüller. Alors, comment supprimer le mal puisque le bacille qui l’engendre est là, partout dans l’organisme ? On l’a tenté ce système pour le chancre syphilitique ; on l’a excisé. Mais quels résultats obtenus? »

Et puis, les opérations relativement conservatrices : résection, etc., suppriment-elles tout le foyer ? et l’inoculation opératoire ? Il faudrait pour éviter ceci amputer loin du foyer. «Mais qui oserait et consentirait à pareilles opérations au début ? »

« Force est done d’en revenir aux données anciennes et qui reposent toutes sur les admirables recherches de Bonnet. Depuis les travaux de ce grand chirurgien, nous savons que l'immobilisation de la jointure malade dans une bonne position doit être la base du traitement. »

Donc, pour lui : «immobilisation, révulsion et compression, tel est pour ainsi dire le trépied sur lequel repose toute la thérapeutique des maladies articulaires.» «Il n’est pas sans intérêt

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de rappeler ces principes, à un moment où certains esprits, renouvelant une discussion qui paraissait depuis longtemps vidée, proclament que l’immobilisation prolongée est funeste pour la conservation des fonctions articulaires ct conduit fatalement à l’ankylose [... Pour ma part, je ne perds aucune occasion de prouver la fausseté d’une pareille assertion. »

« Ce n’est pas l’immobilisation, mais l'inflammation articulaire qui la produit, et le meilleur moyen de la combattre, c’est précisément de soumettre le membre à un repos absolu, en supprimant ses fonctions. »

H. Sands et les chirurgiens américains, après avoir contesté l'efficacité de l’immobilisation, écrivent maintenant des plaidoyers en faveur du repos absolu.

Tous, avons-nous dit, sont loin de partager cet avis.

En effet, Mauclaire préfère recourir d'emblée aux injections de Lannelongue ou à l’arthrectomie. Hors de là, pas de salut !

Voyons son procédé.

Il incise les parties molles, gratte le foyer après hémostase et le nettoie au ClZn. Mais, fait remarquer Roux, de Brignolles, Mauclaire oublie de conserver le périoste quand celui-ci existe.

Aussi, Roux, avec Félizet, préfère la résection du genou dans tout cas d’arthrite tuberculeuse suppurée.

Mais pour eux, il y a deux contre-indications : «) lésions trop étendues du bulbe osseux ; D) atrophie considérable des leviers osseux.

Polaillon est plutôt favorable à l’opération, surtout si la manifestation tuberculeuse n’est que locale. Et l’opération doit être radicale, surtout chez l'adulte.

Verneuil et Trélat recommandent beaucoup de prudence dans le choix de ces opérations.

Socin, de Bâle, de même. Si l’on opère, opérer complète ment, car les opérations parcimonieuses sont d’un grand danger.

À l'étranger, Tyndall recourt à la compression ouatée jointe

à l’immobilisation. On obtient ainsi une action plus énergique. Si l’on recourt à ce procédé, il faut que le membre soit mis en bonne attitude, sinon nous serions, dans la suite, obligés d'opérer le redressement par traction et si impossibilité, par suite de contracture musculaire, il faudrait s'adresser à la ténotomie pratiquée souvent, jadis, par Michaëlis, Bouvier, Stromeyer, Teissier, Dieffenbach, Borelli et tant d'autres, dans les cas de tumeurs blanches du genou. Ils sectionnaient, — chacun imbu d'idées différentes, — qui le fascia lata, qui le couturier, etc. Borelli s'affranchit, seul, de cette constance à vouloir sectionner un seul ettoujours le même tendon. Il varie, suivant les lésions, le muscle qui doit être sacrifié. Poussant plus loin la témérité, il coupe « tout ce qui résiste, sauf vaisseaux et nerfs » sans se préoccuper de la nature de l'obstacle.

Langenbeck, Lorinser, Schuh, Nussbaum et Friedberg, en ces cas, auraient plutôt recours au redressement forcé, tandis que Mae Ewen, Kraske, Carnochan, conseillent l’ostéotomie. Hofmolk préconise le redressement graduel à l'aide d'appareils ad hoc.

Le redressement brusque ou lent? En effet, on doit l'obtenir avant la mise en place de l'appareil, et l’on peut dire, avec Bonnet : « que ce redressement immédiat, appliqué à propos, convenablement exécuté, et suivi de tous les moyens complémentaires (repos, immobilisation), est admirable de simplicité dans les suites et de perfection dans les résultats. »

Bref, que faire en présence d’une arthrite tuberculeuse du genou ?

Ed. Brun nous donne de sages conseils : ne pas avoir de traitement exclusif; savoir se plier aux circonstances. Au point de vue anatomo-pathologique, nous avons deux variétés d’arthrites qui doivent quelque peu nous guider dans notre thérapeutique : tuberculose circonserite et tuberculose diffuse.

Au point de vue pratique, nous pouvons diviser l’arthrite

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