‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Urétrites par le Protargol et l'Acide PicriqueChapitre 7 sur 31 · LS RE · texte numérisé non relu

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d’un canal dans toute sa longueur, dit instillaleur ; le centre de la boule terminale présente ainsi un petit pertuis filiforme : ;

> Une seringue de Pravaz, de dimensions assez grandes, d’une contenance de 4 grammes d’eau environ : à son embout s’adapte une canule conique, munie d’un: pas de vis à l'extérieur, et dont l'extrémité est fihforme (Guyon).

On commence par charger l’instrument : la canule est fixée à l’instillateur au moyen de son pas de vis, puis ajustée à la seringue ; il faut alors amorcer, c’est-à-dire faire tourner le piston jusqu’à ce que le liquide apparaisse à l'extrémité de la boule olivaire : chaque tour imprimé au piston déterminant l'issue d’une goutte, on comprend avec quelle précision on pourra se rendre compte de la quantité de. liquide injecté. x

Si l’instüllation est destinée. à l'urètre antérieur, au cul-de-sac du, bulbe, par exemple, on choisit une boule assez volumineuse (n% 18 à 22) pour qu'elle entre en contact assez intime avec les parois urétrales et empêche le reflux du liquide. |

L'insüllateur est alors conduit jusqu'à la portion membraneuse dont la résistance sert de point de repère, puison le ramène en arrière, on maintient la boule à une distance de 1 à 9 centimètres de la barrière membraneuse et on insülle un nombre variable de gouttes de liquide (de 6 à 12). L'appareil est laissé en place pendant quelques minutes, puis la sonde une fois retirée, le liquide s'écoule librement par le méat.

Son action sur la portion la plus antérieure du canal

Hg 0e est nulle, car le passage est rapide. Il est d'ailleurs possible d'empêcher même ce contact rapide en aspirant le liquide contenu dans le cul-de-sac du bulbe avec la seringue avant de retirer l'instillateur.

Pour l’urètre postérieur, quelques précautions sont à prendre. Le malade devra uriner immédiatement avant : car si la vessie était remplie, une certaine quantité d'urine s'épancherait dans le canal prostatique et sa présence modifierait l'action du liquide.

Un lavage de l’urètre antérieur est utile ; mais ordinairement nous nous en dispensons, car presque toujours, l’urétrite est à la fois antérieure et postérieure. On le pratique d’une manière très simple, soit avec une sonde droite d’un calibre de beaucoup inférieur à celui de Purètre, soit avec ce même appareil à instillations, en ayant soin d'employer une boule petite qui permette le reflux immédiat du liquide et en ayant soin de la conduire jusqu'au cul-de-sac du bulbe. L'instüillateur franchit ensuite la région membraneuse ; là, il n’est plus nécessaire d’employer un instrument volumineux, mais une boule de dimensions assez grandes pour que la traversée donne lieu à des sensations: bien nettes (n° 3 ou 14). Une fois dans la prostate, on insülle un nombre de gouttes un peu plus considérable, de 15 à 25, quantité suffisante pour remplir cette portion de l’urètre. Le liquide séjourne en arrière du sphincter membraneux et n'apparaît pas au

méat.

Différentes substances ont été employées : le sulfate de zinc, le sulfate de cuivre à 1 pour 40, 1 pour 20 pro-

duisent, au moment même de l’insullation, une très vive

es 220 irritation qui se calme quelques instants après. Mais les effets sont de peu de durée ; l'écoulement diminue pour reparaître presque aussi intense le lendemain.

Nous avons également employé le sublimé à 3, 4, 6 pour 1000, le büodure à 2, 3 pour 1000. Ce sont des agents plus puissants que les sulfates de zinc ou de cuivre: mais la réaction est très violente : les souffrances sont intolérables, durent longtemps et obligent à espacer les séances ; à un titre plus faible, l'effet curauf est peu marqué ; quant à l’iodoforme finement pulvérisé et tenu en suspension dans une solution de gomme, son action esttrop peu prolongée pour que les résultats soient appréciables.

Le nitrale d'argent, dont nous nous servions avant le protagol, nous a donné de meilleurs résultats. Ici encore, comme dans l'emploi du sublimé et du buodure, immédiatement après l'insüllation, la douleur est généralement des plus vives : cependant elle varie selon les sujets et peut-être aussi la gravité des lésions. Elle est plus intense quand le liquide a été porté dans l’urètre posté-: rieur et donne lieu, dans ce cas, à un certain degré de ténesme rectal.

Tous ces symptômes disparaissent plus ou moins dans un délai qui varie de quelques minutes à deux ou trois heures. as

La réaction inflammatoire se manifeste bientôt après sous forme d’un écoulement purulent plus ou moins abondant, d’abord très liquide, puis plus épais au bout de quelques heures. Après les premières insüllations, cet écoulement dure de 12 à 18 heures, et beaucoup moins longtemps

après les suivantes.

Le titre de la solution dont nous nous sommes servis est de 1 pour 50. Au bout de 5 à 6 instillations, on peut l’'élever progressivement, arrivant ainsi à 1 /30, 1 [20 el même 1/10. Dans ce dernier cas, une à deux gouttes seulement doivent être instillées : la réaction est alors très vive et l'écoulement consécutif est d'ordinaire teinté de sang. Nous avons eu, à vrai dire, quelques succès au moyen de ces solutions très concentrées; mais elles ne doivent être, conseillées que dans des cas exceplionnels et lorsque l’urètre est très tolérant. Quand une urétrite chronique ne cède pas après des instillations à 1/20, il est rare qu'on obtienne un bien meilleur résultat en employant des doses plus concentrées.

Les instillations sont faites en général tous les deux jours. Cet intervalle est nécessaire pour que les phénomènes réactionnels s’apaisent. On voit peu à peu, dans la majorité des cas, l'écoulement devenir de moins en moins abondant, se réduire à un suintement, puis disparaître tout à fait.

Chez des sujets assez nombreux, l'écoulement change de nature au bout d’un certain temps: un suintement absolument limpide, analogue à de la glycérine, succédant à la suppuration, apparaît de temps en temps au méat. Un examen microscopique de ce liquide est alors nécessaire. S'il contient encore des leucocytes et des cellules abondantes, la maladie n’est pas guérie et la suppuation reparaîtra certainement : lorsqu'on n’y voit que très peu d'éléments figurés, il n’est autre chose qu’un produit de sécrétion des glandes de Cowper, et cette hypersécré-

üon, due sans doute à une irritation prolongée du canal,

diminue peu à peu et disparaît spontanément sans aucune médication, au bout d’un temps plus ou moins long.

Avant la découverte du protargol, en 1894, par Eichengrün, les instillations de nitrate d'argent constituaient une méthode précieuse. Bon nombre de médecins ont conservé encore son usage.

Cependant il faut reconnaître qu'un petit nombre d’urétrites très tenaces leur résistaient, aussi bien d’ailleurs qu'aux autres moyens employés. D'ailleurs, il ne faut pas prolonger trop longtemps leur emploi : lorsqu’au bout de douze à quinze instllations, régulièrement pratiquées et sans écarts de régime, l’état reste stationnaire, il est bon de suspendre tout traitement. On doit laisser reposer le malade pour reprendre, après quelques semaines, une nouvelle série d'instillations…

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