‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Urétrites par le Protargol et l'Acide PicriqueChapitre 6 sur 31 · F SA · texte numérisé non relu

F SA

Delorme (1885), Ledetsch (1887) injectaient le sulfate de quinine (1 pour 100). Rademaker (1888) vantait la pyridine (1/300) et Love (1888) l'eau oxyyénée (3 pour 100).

La résorcine, introduite dans la thérapeutique en 1882 par Campana, nous a fourni parfois de bons résultats :

nous l’associons au sulfate de zinc.

HÉPOTCITIES nr NAN Ree RE EE Te 1 gramme.

Sulfateide Zn: MEN NES IR RE OR SAS Per Pau’distillée 26 0 MONS MENT OQ "erAMMEs

Enfin Goll (1887) s'est servi du sulfale de thalline en solution de 1 à 3 pour 100, Schutt (1883), du chlorhydrate d'hydrastine.

On a songé également à introduire dans l’urètre des médicaments solides pulvérulents, tantôt inertes, tantôt astringents, tels que le sous-nitrale de bismuth, Voxyde de zine, l’iodoforme.

Malles et Cattaneo, en particulier, ont proposé des appareils spéciaux destinés à les insuffler directement dans l’urètre. Cette méthode, qui a l'inconvénient d’irriter fortement et de former des concrétions, a été bientôt abandonnée. Dans ces derniers temps (1897) on a expérimenté l'acide picrique, en solution saturée aqueuse. Nous n'insisterons pas ici sur ce médicament, qui sera l'objet d'un prochain chapitre.

Nous ne ferons également que signaler dans cette : introduction l'emploi du protargol qui, avec l'acide

picrique, est le sujet de notre thèse inaugurale.

B. — Médicaments employés dans l’urétrite chronique.

Nous retrouvons, dans le traitement de l'urétrite

chronique, la même confusion que celle que nous avions

PO LA rencontrée, au début de ce travail, quand nous nous sommes occupés du traitement de l’urétrite aiguë.

Un nombre infini de remèdes ont été dirigés contre l'urétrite chronique : ce n’est cependant que depuis quelque dix ans que l'on se rend bien compte des moyens qui peuvent conduire au but et que l’on comprend bien les indications thérapeutiques. & D'ailleurs, à côté du traitement. rationnel qui s'édifie peu à peu, on voit encore de nos jours, trop souvent malheureusement, la routine et le plus grossier empirisme régner en maîtres (1) ».

L'urétrite chronique, plus encore que l'urétrite aiguë, était considérée par les anciens médecins comme étant de nature syphilitique. |

Aussi, quand la blennorragie chronique ne cédait pas après un certain temps aux balsamiques, aux tisanes et aux bains, elle était soumise à la médication spécifique.

« Après {ous ces remèdes, on saura à quoi s’en tenir sur le caractère de la maladie, et s’il faut en venir au grand remède pour en guérir, etc... » écrivait Fabre

Du reste, l'urétrite chronique étaittrès souvent néglhigée, plus encore qu'aujourd'hui : un seul symptôme, ou plutôt une conséquence de la maladie fut traitée assez tôt : c'est le rétrécissement.

Alexandre Trajan Pétronius de Castille conseillait déjà « de nettoyer l’urètre à l’aide d’une bougie en cire

ou d’un autre instrument analogue ». Dans le même but,

(1) Fixcer. La blennorragie el ses complications.

on employait des caustiques en poudre ou en pommade, croyant que « la stricture était due à un caroncule ou à une excroissance fongiforme ».

Wisemann, chirurgien de Charles IF, qui le premier pratiqua l’urétrotomie externe pour rétrécissement, introduisait un petit tube dans l’urètre jusqu’à la stricture et déposait en ce point du précipité rouge. Mais ces caustiques agissaient parfois avec tant d'énergie et on les appliquait si difficilement qu'Astruc (1754) parvint à les faire abandonner. On songea alors aux moyens mécaniques, à la dilatation. Ledran, à cet effet, conseillait l'emploi de cordes de boyaux, Daran, Fabre (1773), celui de certames bougies.

On voulut bientôt combiner à cet effet mécanique une action astringente : c'est ainsi que Bell prescrivait dans les cas tenaces des bougies enduites de térébenthine ou de pommade au précipité rouge.

Nous laisserons de côté les balsamiques et nous rangerons en trois grands groupes les diverses médications proposées pour le traitement de l’urétrite blennorragique chronique.

1 Groupe. — Instruments permettant d’agir directement sur le point malade, soit en le touchant avec un caustique, (le nitrate d'argent est toujours le plus employé), soit en disposant des bougies médicamenteuses (iodoforme, tannin, ete., etc.), des poudres, ou même en

ÿ faisant pénétrer des vapeurs d’iode (1). Lallemand

(1) Hamonic. Traitement de la bulbite,

Herbes

(1895), pour cautériser un point déterminé de l’urètre, fit construire son porte-caustique et Mercier en fournit un également. Tous deux sont de courtes sondes courbes, mumies à leur extrémité d'une fenêtre latérale dans laquelle apparaît par un mouvement de rotation un craÿon de nitrate d'a rgent. Marchal de Calvi (185 4) croyait aussi qu'il fallait agir directement sur les foyers locaux et il a conseillé Femploi des bougies enduites d’onguents. | Schuster a préconisé ses bougies au glycérolé de lannin, bougies qui se hiquéfiaient dans l’urètre. Regnal se servait de bougies de gélatine médicamenteuse. Chiene (1876) faisait injecter une pâte composée de kaolin, d'huile et d’eau.

= Waliki (1876) a fait construire un ani semblable à l'instrument employé pour dilater les gants : 1l servait à insufller des substances pulvérulentes.

Zeissl (1878) introduisait dans le canal des crayons de Kaolin et de glycérine. Masurel (1880) faisait injecter dans l’urètre de l’eau saturée de teinture d’iode.

Harrison (1885) est allé plus loin : 1l détournait le cours de l'urine dans les cas d’urétrite chronique rebelle, en ouvrant la région membraneuse et en introduisant jusque dans la vessie une canule en argent.

Les différentes injections dirigées con tre l’urétrite aiguë ont été naturellement conseillées contre l'urétrite chronique, nous n'y reviendrons pas. |

Tous ces remèdes, toutes les applications externes, toutes ces méthodes, ont été employés empiriquement, sans indication nette, et souvent même sans qu'on se soil

demandé comment ils pouvaient bien agir. Il n'est même

OS pas certain que ces topiques introduits aveuglément ou après une exploration instrumentale atteignent toujours les surfaces malades : en tout cas, ils attaquent régulièrement les parties saines qu'ils irritent. Pour les poudres inertes, telles que le kaolin, l’action est purement mécanique, et quant aux astringents, ils n’agissent pas dans la profondeur : leur influence est purement superficielle.

Désormaux avait déjà pu enregistrer quelques succès en traitant directement les foyers locaux à l’aide du tube , endoscopique. Celui-ci étant bien fixé, 1l enlevait l’appa- | reil d'éclairage et appliquait le médicament; ou bien, ayant ménagé dans l’endoscope une fente latérale destinée à l'introduction des pinceaux, tampons, porte-caustiques, il faisait de visu l'application du topique.

Quand l’endoscope fut simplifié et que le tube et le réflecteur furent séparés, 11devint plus maniable ; le traitement fut simplifié. La plupart des médecins obünrent d'excellents résultats. Certains d’entre eux, Gründfeld, en paruüculier, virent dans cette méthode le seul traitement rationnel de l’urétrite chronique.

C'était aller un, peu loin. Outre que l'introduction d’un tube droit dans l’urètre irrite toujours la muqueuse et qu'elle provoque facilement des phénomènes catarrhaux, tous les remèdes que l'on peut appliquer par son intermédiaire n'agissent que sur la surface de la mu queuse, sans influencer les infiltrats qui siègent dans la profondeur de la muqueuse ou dans la sous-muqueuse. De même que dans le traitement de l'ophtalmie granuleuse où les badigeonnages avec la solution de nitrate d'argent, les cautérisations avec le sulfate de cuivre amènent bien

ee l atrophie des granulations, mais n “empêchent pas la formation d’une eicatrice, de même les badigeonnages et les cautérisations de l’urètre, pratiqués à l’aide de l endoscope, peuvent bien faire disparaître les érosions et les granulaüiôns; mais les infiltrats profonds continuent leur marche progressive et aboulissent au rétrécissement.

2° Groupe.— Certains auteurs recommandent, dans le traitement de l'urétrite blennorragique chronique, d’avoir recours au passage de quantités de liquide considérable dans l’urètre. Neisser emploie le nitrate d'argent à 1 pour 2000 où 3000: il fait passer l'injection par une petite sonde introduite jusqu'en arrière du sphincter. Sa technique plus ou moins modifiée est actuellement très en vogue en Allemagne (Philipson, Treznisky), le titre des solutions employées variant ainsi que leur quantité.

Diday a jadis indiqué un procédé excellent, qui consiste à € introduire une bonne quantité de nitrate d'argent dans la vessie et à faire ensuite uriner le malade. »

D'autres médecins préconisent ici encore la méthode de Janet, c’est-à-dire les grands lavages avec des solutions de permanganate de potasse, tout comme s'il s'agissait d’une urétrite blennorragique encore à sa période de: début. Nous devons reconnaître n'avoir jamais obtenu avec la méthode de Janet appliquée au traitement de lurétrite chronique que de médiocres résultats.

3° Groupe. Ce dernier groupe enfin comprend les instillations.

Les instruments nécessaires aux insüullations consistent en : é

1° Un explorateur de gomme à boule olivaire, percé

Tuomas. | 2

Page 1