‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Urétrites par le Protargol et l'Acide PicriqueChapitre 9 sur 31 · FENTE · texte numérisé non relu

FENTE

LT AU injecté en solution à 0,50 pour 100. L'amélioration apparut très rapidement sous l'influence du lavage quotidien.

M. le D: Darier a retiré, de son côté, de grands avantages de ses applications, soit dans la conjonctivite banale guérie en deux ou trois attouchements, soit dans le tra- chome et l’ophtalmie purulente gonococcique dont il est en quelque sorte le spécifique.

D'autres ophtalmologistes ont eu, dans diverses formes de conjoncuvites, des résultats valant, au point de vue de l'efficacité, ceux que fournit le nitrate d'argent.”

Une des premières remarques dignes d’aturer l’attention est, dans la thérapeutique oculaire, la diminution rapide de la sécrétion : une seconde, est l'absence presque complète de toute douleur. C’est là un fait capital dans l'emploi du. protargol et sur lequel, à maintes reprises, nous aurons l’occasion de revenir dans le cours de ce travail.

M. Neisser, de Breslau, employa un des premiers le protargol dans le traitement de la gonococcie urétrale: Il en fitla base d’un traitement antiblennorragique et publia ses résultats dans le Centralblatt für Dermatologie.

M. Neisser se montre très enthousiaste, et, fort des résultals de son expérience personnelle, il voit, dans le protargol, un antiblennorragique infiniment supérieur à tous ceux que nous connaissons depuis longtemps, et un antiseptique qui, à ses propriélés puissamment bactéricides; Joint le grand avantage de ne jamais donner lieu à des accidents d'irritation. Nous aurons l’occasion de reve-

nir sur ce sujet.

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Des propriétés de l’acide picrique.

Son emploi en thérapeutique.

L'acide picrique, qui dépuis dix ans est entré dans le domaine de la thérapeutique, fut employé au début, dans le traitement des brûlures, ét les résultats constants que l’on obtint engagèrent les cliniciens à ne point restreindre l'usage de ce topique et à en étendre emploi à un assez grand nombre d’affections.

L'acide picrique a été bien étudié au point de vue thérapeutique dans une thèse soutenue à li Faculté par le D' Filleul (1).

Cet acide qui üre son nom du mot grec rrxpos, qui signifie amer, est encore appelé acide carbazotique ou trmiltrophénique ou phénol trimitrique. |

Il a pour formule : C‘HSO(Az0”?);.

On l’obtient par l’action de l'acide mitrique sur un grand nombre de substances, telles que lindigo, la salicine, l'acide phénique, le pétrole et sur plusieurs sub: slances organiques, la soie, la laine.

Il cnistallise sous forme de cristaux provenant de l’octaèdre rhomboïdal ou sous forme de lamelles rectangulaires allongées. Les eristaux sont brillants, d’un

beau jaune pâle et solubles dans 87 parties d’eau à 15°.

(1) Fiwur. Traitement des brülures superficielles par l'acide picrique. Thèse, 1894.

pre La solution est jaune d’or : elle est plus foncée que les cristaux. l'acide picrique est très soluble dans l'alcool, l’éther, la benzine, le pétrole, le chloroforme.

Combiné avec la polasse, il forme un explosif violent, mais il ne peut être considéré comme tel au sens propre du mot: Certains de ses sels, le picrate de potasse en parüculier, sont des explosifs dangereux : mais lacide picrique par lui-même n'est pas un explosif à redouter, et, si les apparences le rendent dangereux à cause de sa parenté avec les picrates, 1l ne l’est pas plus que l’ouate

comparée au fulmi-coton, la glycérine à la dynamite.

A ce titre, le chlorate de potasse et les gargarismes dans lequel entrent ce sel sont redoutables, et de fait, le chlorate de potasse à l’état de sel, le collodion, sont des agents explosifs beaucoup plus dangereux. La solution | d'acide picrique ne peut, quelque insistance qu'y mette l’expérimentateur, faire explosion. C'est un fait établi et répandu par l'emploi courant de cette solution dans les laboratoires d'histologie.

Ilen est de même des cristaux : on les conserve, on les dissout, on les secoue dans les flacons, sans qu'on ait jamais eu à enregistrer d'explosion et dans les hôpitaux, les pièces de pansement imbibées de la solution sont détruites par le feu sans aucun accident.

L'innocuité de ce procédé est nécessaire à établir, afin de renseigner le médecin et combattre l'erreur vulgaire de l’explosibilité de ce médicament qui pourrait le faire rejeter de la pratique médicale et lui substituer un autre agent.

Il est facile de détruire cette légende aussi fausse que

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