OBSERVATION VII
(Observation personnelle recueillie dans le service du professeur JABOULAY.)
Lyphadénome de l'aisselle. Récidive. Adénopathies cervicales et sus-claviculaires. Injection de sélénium colloïdal.
Be Lambert, 49 ans, né à Lyon, entre à la clinique le 22 janvier 1912. Il a été opéré au mois d'août dernier pour un 3 Gl
HAVE lymphadénome de l’aisselle gauche et revient pour une grosse adénopathie cervicale.
Actuellement : Un trouve une grosse généralisation englobant tout le plancher buccal, la loge amygdalienne avec de gros ganglions dans la région cervicale et dans le triangle sus-clavicute du côté gauche. Le tout forme une énorme masse qui donne des symptômes fonctionnels très marqués. Grosse dyspnée très pénible. Dysphagie intense. Le malade ne peut avaler que difficilement les liquidés, pas du tout les solides. Douleurs spontanées dans la région du cou, Irradiations faciale et auriculaire abominables. Insomnie. Haleine fétide. Appétit nul, Etat général très précaire. Amaigrissement marqué.
Analyse d'urine NÉE 1e en Urée rte L'ÉLITE 18.20 Chlorure de sodium...... PRES 1.80 Acide urique.:... Lee RO 0.75 Phosphates 2e LR TN 1.75 9 mui. — Première injection de sélénium intra-musculaire
dans les muscles de la région fessière. Cette injection est absolument indolore, ne s'accompagne d’aucun frisson, ni réaction thermique. Par contre, elle a une action analgésique très nette : les douleurs s’atténuent pendant quelques heures et le malade peut dormir tranquillement la nuit suivante.
11 mai. — Le malade a réclamé instamment une nouvelle injection. Celle-ci est très bien supportée et ne donne ni frisson ni céphalée.
18 mai. — Les injections intra-veineuses continuent à n'être suivies d'aucun phénomène réactionnel. L'effet anesthésique et analgésique que nous avons constaté dès la première injection à persisté et si la dyspnée et la dysphagie sont tout aussi marquées, le malade insiste beaucoup sur la disparition des douleurs : ses nuits autrefois, sans sommeil, sont plus calmes: il n’a plus ses irradiations auriculaires et faciales abominables. La salivation n'a pas varié.
24 mai. — Le malade meurt après avoir présenté pendanttrois
LPO ER
ou quatre jours des phénomènes pulmonaires : dyspnée, râles diffus, expectoration, élévation de température.
Dans cette observation, nous avons surtout remarqué l'effet analgésique consécutif aux injections de sélénium. Chaque fois le malade, qui était en proie à des douleurs abominables avec des irradiations très marquées, a vu ses douleurs s'apaiser. Le sommeil était revenu. Et le malade réclamait de lui-même de nouvelles injections. Les effets sur la tumeur elle-même n'ont pas été appréciables, et sauf une diminution réelle de la dysphagie, la Symptomatologie des compressions n'avait pas varié.