XV. — Mme d’H..., à Saint-Victurnien
(En collaboration avec le docteur A. de Saint-Florent.)
LASER
Le samedi soir 15 décembre 1923, nous sommes appelés par téléphone par notre confrère, le docteur Bredier, auprès de Mme d'H...
Cette dernière présente depuis 48 heures à la région sternale au niveau du deuxième espace intercostal, une vésicule distendue par une sérosité légèrement brunâtre, sans caractères bien nets. Ce qui avait effrayé notre confrère, c'est que cette vésicule, exactement médiane, siégeait sur un œdème déjà considérable s'étendant dans la région stennale supérieure et gagnant la région cervicale inférieure.
La fièvre était assez vive : 39°2 axillaire, le pouls à 96,
La voix était légèrement altérée, un peu rauque et.a8sourdie et Mme d’H... accusait un certain degré de dyspnée R=—32. Nous portions aussitôt le diagnostic de pustule maligne à la période vésiculeuse, et de début d'æœdème sous-glottique.
Nous fimes des prélèvements, avec frottis sur plaques de celle sérosité. Dès le lendemain 16 décembre, les prélèvements furent examinés à son laboratoire par le docteur de Léobardy de Limoges, qui y découvrit par simple exanien microscopique des quantités considérables de bactéridies charbonneuses.
L'injection de 1 em3 de Pyocyanéine (Fortineau troisième formule), qui avait été sans retard pratiquée, arrête net l'évolution de la maladie, et sans la moindre cautérisation; en huit jours la vésicule était cicatrisée et l’œdème avait complètement disparu. Aucune mutilation ne peut ainsi persister, sur une région découverte ce qui offre, au point de vue esthétique un appréciable avantage.
Cetle observation est particulièrement intéressante par son étiologie. Cette dame mettait en effet pour la première fois un collet de fourrure non doublé. Le crochet de fer-
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meture avait fait une légère écorchure au niveau. du sternum, à l’endroit même où se développa la pustule maligne. Ceci démontre une fois de plus la vitalité bien connue de la bâctéridie charbonneuse. A ce propos, notre père le docteur de Saint-Florent nous citait le cas suivant d'œdème malin qu’il eut à soigner vers 1906 : Une jeune fille de 18 ans se pique avec son aiguille en cousant des gants, à la face latérale du nez. Le lendemain elle présente un œdème considérable de toute la joue, l'œil droit est complètement fermé ; elle meurt trois jours plus tard, après avoir présenté des phénomènes de compression glottique et de méningite charbonneuse.
On reste étonné de cette résistance, quand on songe aux diverses préparations qu'ont dù subir les peaux pour leur tannage, à la mégisserie, en particulier, le bain prolongé dans un lait de chaux ou d’eau acidulée par l'acide sulfurique, et leur passage dans une solution d’orpiment (sulfure d arsenic).