‹ Contribution à l'étude du traitement du charbon: par l'injection sous-cutanée de pyocyaneineChapitre 3 sur 19 · HUE TROP · texte numérisé non relu

HUE TROP

. Nous avons vécu el nous sommes appelé à? à exercer dans un centre « charbonneux », à Saint-Junien, petite ville: industrielle du Limousin, qui possède de nombreuses ct importantes mégisseries. (eue f

.Nous avons pensé qu'il serait intéressant dé faire connaître les résultats obtenus dans le traitement de l'infecton charbonneuse, par la méthode bactériothérapique du docteur L. Fortineau. (Gette étude. porte sur. un espace de douze années, interrompu, il est vrai, par cinq ans de guerre. Notre père qui exerce dans ce centre depuis 1896, fut: l'un des premiers à expérimenter ce. mode de traite- -ment sur l'homme. | | : Les résultats furént. ae encourageants. ‘que, nous nn ’appliquons plus ici que cette dernière méthode et M. le docteur L. Fortineau nous engagea vivement, il y a quelques années à collecter les observations des. malades . qi tés, pour en faire le sujet de notre, thèse.

-. Nous ne voulons. pas aller plus avant sans saluer la mé- .moire d'un grand chercheur et d'un modeste savant .: Je docteur Louis, Fortineau si prématurément. enlevé à. la Science française. Il nous avait promis de nous.guider dans notre œuvre ; nous aurions voulu qu'il put trouver

SA

ici l'expression de notre admiration et de notre reconnâissance, pour la bonté bienveillante dont il avait toujours fait preuve envers nous.

C'est aussi sur les censeils éclairés de notre père, M. le docteur de Saint-Florent, et grâce à ses observations patiemment recueillies qu’il nous a été permis d'entreprendre ce modeste travail. (

Nous tenons à a ji fee M..le doc-

4 init de mieux noùs MoctrHenter en mettait à notre die- ‘position les notes mänuscrites dé son regretté frère.

M. le Docteur Ballet, professeur suppléant de bactériologie à l'Ecole de Médecine de Nantes, nous a prodigué ses conseils et apporta les matériaux qu'il avait réunis sur célte queslion, nous l’assurons de notre sympathie et de notre gratitude. Nous n’autons garde d'oublier dans notre reconnäissance notre maître el ami, M. le docteur Vouzelle, professeur à l'Ecole de Médecine de Limoges, ‘dont la bienveïllante Attention ne nous a jamais fait défaut au cours de nos études médicales et plus particulièrement durant l'année où nous fûmes son interne à l'Hôpital de Limoges. | its Mes remerciements s'adresseront aussi aux indhéltéls de Saïnt-Junien qui ont bien voulu faciliter nos recherches en nous ouvrant fargement la porte. de leurs usinés.

M. le professeur Carnot nous a fait le très grand honneur d'accepter la présidence de notre thèse, nous le prions dé bièn Vototr Hrouver ici l'hommage de notre très vive gratitude.

le

a HISTORIQUE SUR D MN ENTRE LE BAC ILLE PYOCYANIQUE ŒET LA BACTERIDIE CHARBON NRUSE

* Pasteur, en 4877, exposant devant l'Académie dés “Sciences, dans deux mémoires successifs, ile résultat ide ses recherches sur la baciéridie charbonneuse de Davaine, pit en pleine lumière le fait important suivant : l'existence d’un anfagonisme entre le bacille charbunneux et ‘diftérents microbes. RL

So étude portant plus spécialement sur le choléra des poules, il montra que les animaux vaccinés contre la précédente maladie sont devenus par Ja suite PU au . Charbon.

Le génie du Maître avait irdeé la voie, de nombreux “bactériologistes allaient s'engager à sa on dans l étude des antagonismes microbiens.

RRPSTUE" “à la même époque, cet antagomiemr 4 cons-

“Entre la bactéridie charbonneuse ef le Duo edf 1e Li age par Paulowsky (1887) :

3, Endre la bactérie charbonneuse el le streptocoque de r erysinèle on ses produits kolubles par Emmerich (1887) ;

FNRTS 2

Entre lu bactéridie charbonneuse et le bacille pyocyanique ou son produil, la pyocyanine (1889) par Bouchard.

Enfin, Roger, en 1895, dans un rapport à la Société de Biologie, montra que ces propriétés immunisantes ou curatives varient suivait l'espèce animale. Les cultures stérilisées du bacillus predigiosus favorisent le développement du charbon chez le cobaye, et l’entrave chez le lapin.

Parmi tous ces microbes antagonistes de la ie charbonneuse il n’est. pas un adversaire plus efficace et plus tenace que ie bacïle pyoeyanique : il était naturel que la sciénce veuille mettre à son profit un allié aussi sûr dans sa lutte contre l'infection charbonneuse. De. nombreuses expériences furent entreprises à ce sujet. Les premières en date furent cellés de Bouchard, dont it fit pa- -Faître les résultats dans un CODE rendu de PACE des Sciences le 8 avril 14889. : ES

Vingt-six lapins inoculés avec des ne ou on sang «&harbonneux reçoivent quelque temps Are une APS de bacilles pyocyaniques. : .

. 42 lapins -guérissent, 8 meurent sans chcarbon, 8 meurent sans charbon, ; 20 lapins, témoins; inoculés avec les Rens pe duits, succombént tous.

La même expérience fut reprise avec six cobayes. Trois sont morts sans chertor trois REUSE CRATDON neux. “AVR ee STE Boichard remarqua, de : ‘plus, ‘que pes animaux guéris n'ont pas’ conquis l’immunité, une nouvelle injection de cultures'charbonneuses ‘avant ‘déterminé leur mort."

Dans le courant de la même année, Chouveau présenta à l'Académie des Sciences une note de MM. Woodheat et Cartwrighl Wood sur des expériences analogues. Ces auteurs étaient arrivés à guérir des lapins charbonneux par l'injection de cultures pyocyaniques âgés de dix jours. Il était donc démontré que dans certains cas, le bacille py0cyanique annibilie le pouvoir pathogène de la bactéridie charbonneuse. |

En 1892, MM. Charrin et Guignard, cherchant à pénélrer le mécanisme de cette action, montrèrent que le bacille pyocyanique n’agit pas directement comme parasiticide sur la bactéridie. Freundenreich prouva même que cette dernière, peut se développer dans la toxine pyocyanique pure, en y perdant loutefois ses caractères et ses ôttributs essentiels, et notamment sa viruience.

Etudiant à leur tour l’action bactéricide du bacille pyocyanique, MM. Eramerich et Low, invoquèrent laction d'une distasse ; Ja pyocyanase, qui, d’après eux, serait une enzyme profcolytique appartenant au groupe de la trvpsine. Peu de temps après, Emmerich et Saida publièrent dans le « Central Blatt für Baktériologie » le résultat de leurs nouvelles recherches sur Ja Pvocyanase. Ils conclurent que la dissolution du bacille charbonneux dans le corps des animaux infectés se produit plus vite qu’ « in vitro » lorsqu'on leur injecte sous la peau de la pyocyanase immédiatement après l'inoculation. Cette action bactériolytique est d’ailleurs fortement influencée par la variété du bacille pyocyanique, la composition de la solution et la durée du développement.

D’Agata, .en 1919, dans les « Annales de l'Institut Pasleur » présente une communication « sur la vaccination

Page 1