‹ Contribution à l'étude du traitement du charbon: par l'injection sous-cutanée de pyocyaneineChapitre 7 sur 19 · I! INOCULATION DE CULTURE DE GHARBON DANS LA TOXINE PYOGYANTOE · texte numérisé non relu

I! INOCULATION DE CULTURE DE GHARBON DANS LA TOXINE PYOGYANTOE

Le ‘bacille charbonneux se développe moins vite dans la toxine pvocyanique, sa virulence s’atténue assez rapidement, on retrouve des formes de dégénérescence.

REA G ee

Sur six cobayes inoculés avec ces cultures : Quatre meurent non charbonneux ; Deux meurent charbonneux.

II. — INJECTIONS PREVENTIVES DE TOXINE PYO- CYANIQUE PUIS INOCULATION DU CHARBON : A

La toxine pyocyanique est fournie par un bacille retiré des eaux de la Loire. Sur six cobayes inoculés :

Six meurent en trois jours, charbonneux.

Sur deux lapins inoculés :

Un meurt en trois jours charbonneux, un résiste.

IV. -- RESISTANCE AU CHARBON, DES ANIMAUX VACCINES CONTRE LE BACILLE PYOCYANIQUE :

Sur trois cobayes, trois meurent charhonneux. Sur quatre lapins, deux résistent, un meurt Sans charbon, un meurt charbonneux.

V. —- INJECTIONS CURATIVES DE TOXINE PYOCYA- NIQUES AVEC DES ANIMAUX INOCULES :

1° Avec des cultures de charbon :

Trois cobaves reçoivent 112 cm3 de cullure charbonneuse et 7 heures, 24 heures et 30 heures après 2 cm3 de toxine pyocyanique sont respectivement injectés sous la pau du côté opposé. Tous les trois résistent, les témoins inoculés avec la même culture meurent en deux ou trois jours charbonneux.

Huit lapins sont inoculés avec huit gouttes de culture

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mème point, ils reçoivent 5 c3 de Loxine pyocyanique àgés de quinze jours, préparée avec des bacilles de races dittérentes.

Sept résistent, un meurt.

seu, le lapin injecté avec la toxine race noie. meurl charbonneux en {rois jours.

2° Avec des produits charbonneux : w - Sur 6 cobayes inoculés, deux résistent, quatre meurent.

Sur 6 lapins inoculés, un résiste, cinq meurent.

Ces résultats intéressants acquis, Fortineau voulut tenter l'épreuve sur des animaux OA UE et choisit le mouton, animal ultra-sensible à l'infection charbonneuse. 5

L. — Une brebis témoin inoculé avec 1/2 cm3 de bouillon de culture charbonneux, succombe en quarante heures au charbon. LC

IE —- Un mouton de deux ans, inoculé de la même façon et traité le lendemain par des injections respectives de 10 cm3 de toxine pyocyanique au même point résiste. L'ædème disparait au bout de 12 jours.

TL. — Même inoculation à une-brebis de 1 an : 6 heures après apparition d’un œdème de 5 centimètres de diamètre au point d'inoculation. On pratique l'injection de 10 cm3 de toxine pyocyanique dans un autre point: 24 heures après l'œderie diminue pour CREER 13 one plus tard. La brebis à résisté.

IV. — Même expérience que la précédente, mais la brebis n'est traitée que 24 heures après l’inoculation. Quelques heures après, elle est dyspneique, agitée de tremblements. L'œdème reste stationnaire et disparaît 18 pue après.

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Ces résultats de laboratoire étaient singulièrement encourageants et promettaient d'espérer l’apparition d'un nouveau traitement contre l'infection charbonneuse. Par une coïncidence assez curieuse, se déclare à cette époque une épidémie de fièvre charbonneuse dans une ferme des environs de Redon : sur 13 bovidés atteints, 5 furent traités par l'injection de toxine pyocyanique, #& guérirent, 1 seul mourut, et encore est-il juste dé remarquer que l'état de éët animal était désespéré au moment où l’on pratiqua. l'injection. |

L'injeétion «de loxine pyocyahique, ayant donné des résultats aussi colicluants dans lé traitement du charbon sur ces différentes sortes d'animaux, tous extrêmement sensibles, il était naturel de pensér que cellé-ci devait être pour. Je moins aussi efficace dans fe charbon humain, l'homhe possédant en effet une immunité relative contre cetté infection.

Il testait à prévoir si la toxicité des produits solubles du Bacille pyocyanique ne serait pas une condition empêchante à l'application de ce traitement au charbon bümain. ,

Ollo Kren recherchant les effets produits par l'injection sous-cutanés de pyocyanase, constata au bout de quelques ‘heures l'apparition d'une dermatité erythémaieuse accompagnée de quelques symptômes généraux : légère élévation de température, accélération du pouls, Céphalalgie; nausées et vomissements. Cette substance aVait 616 déjà employée én pulvérisatiéns, ét instillations, dans Ta diphtérie et là grippe avec dé bons résultats.

Kassuré par ces précédents, Fortinéau n'hésita pas à appliquer à l’homme le traitement par l'injection de tô%ine

à — 49 —pyocyanique. Le premier vas lui fut fourni en mai 1910 par une malade du docteur Bellouard de Nantes, qui présentait une pustule maligne de la face avec gros œdème. L'injection de 10 cm3 de Pyocyanase sous la peau du flanc amena la disparition progressive de l'œdème et la guérison de la malade.

La méthode bactériothérapique allait conquérir sa place auprès de la sérothérapie anti-charbonneuse, et Fortineau put publier les résultats excellents de quinze nouveaux cas dans la gazette médicale de Nantes en mai 1913, ei formuler cette conclusion :

« Sur 21 cas de charbon traités jusqu'à ce jour par « notre méthode, nous r'avons pas eu à enregistrer un « seul décès, et cependant parmi ces cas nous comptons « huit cœdèmes malins, qui sont d'ordinaire très graves, « puisque la mortalité dans cette forme de la maladie «est de 90 0/0.

« L'opinion de nos confrères de Saint-Florent (de Saint- « Junien) et Le Calvé (de Redon) qui, avec leur grande expérience du charbon, se sont montrés très bienveillants dans leurs appréciations, l'intérêt que nous portent tes industriels et les compagnies d'assurances, nôug encouragent à continuer ces essais de traite- € ment, »

En mai 1914, le professeur Roux, présentait à l'Aeadémie des Sciences les résuitats définitifs des recherches de L. Fortinean : une nouvélle méthode de traitement du charbon humain était née.

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LA PAUGYANEINE

Dans ses premières recherches.’ Fortineau employait peur le traitement expérimental des animaux charbonneux, les. bonillons “le cullure classique. JT ne lard pas longtemps à S'apercevoir que ces bouillons, après stériisation, rendant une heur“ à 70 digrés, ne possédaient plus que des-actions curalives très irrégulières. Certains d'entre eux conservaient un pouvoir curatif évident, alôrs que d'autres élaient deverus complèlement inactifs et n'empêchaient plus Pinfection charhonneuse sur les animaux de laboratoire.

I changea done son milieu de culture, el chercha à remédier à ce défaut par P emploi de l'eau peptonée à 2 0/0. Les produits extraits des cultures. pyocyaniques conservèrent encore cette irrégularité d'action, et virent une baisse rapide de leur propriété bactéricide..

Il essaya alors un milieu minéral artificiel qui ; assura aux produits obtenus une action constante et régulière, et grâce à ce milieu il put avoir une substance caractérisée Far la fixité de son pouvoir curatif contre le charbon, à laquelle il donna le nom de « Pyocyanéine ».

La Pyocyanéine est done une culture minérale des ba-

cilles pyocyaniques âgés de quinze jours à un mois ‘Bierilisée pendarit une heure à 70 degrés: fe : Cette Pyocyanéiné diffère de la « pyocyanase » pro fesseur :Emmerich par: son mode de DAS os HÉUDMOETIL INT ETES AT RTE 1e A « Le professeur Emmerich traite’aw moyen: de ou « de'vieïlles cultures pyocyaniques ‘dyalisées, : réduites” « préalahlement au dixième de léur volume pàr évapora- “tion par le vide ; il en extrait une substance « la Pyo-' « Cyanase » qu'il croit tre une enzyme ét qui à la pré- « priété de dissoudre non seulement le bacille charbon- « neux, mais encore un certain nombre d’autres bacté-’ Test “I « Nous avons, au début, conservé le nom de « Pyocya- «nase »'aux substances extraites ‘des cultures pyocya- « liques, désirant éviter ainsi la création d'un néolo-: gisme ; mais la composition actuelle du milieu que nous « employons diffère :vraiment trop de la Pyocyanasé du Fr ‘professeur Ernmérich, el:nous avons songé à la dis « gner sous le nom de « Pycyanéïne. » :

Quel est donc lé Milieu employé ? Nous devons réconnaître qu: Fortineau en employa denombreux avant dé? s’en ténir à la’ fcrmule suivante, qu'il fit paraître dahs une communication en collaboration avec le docteur Favreul, à la Sociélé de biologie de Paris (4922) : Sucrinale d’ammoniaque, 10 grammes :

Sel marin, 50 centigrammes :

Carbonate d’ammoniaque, 30 centigrammes :

Phosphate de potasse, 5 centigrammes :

Eau, 1.000 grammes ; Cultures de {rois 'semaïnes ; stérilisation par la chaleur.

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Maintenant que la « Pyocyanéine » était un produit au point, il importait d'en fixer les caractères et d'en déter- : miner les propriétés. La toxicité de cette substance était des plus importantes à établir. Les injections de pyocyanéine que Fortineau fit subir à différents animaux né produisirent aucun effet fâcheux°; 50 cm3 injectés à un chien de cinq kilogs ne déterminèrent qu'un amaigrissement passager ; de plus, il put impunément injecter des doses fortes et répétées à un lapin, sans pour cela provoquer d'accidents araphylactiques.

Il avait donc en main une arme aussi efficace que peu. dangereuse. H ne restait plus qu’à rechercher quelles étaient les voies d'introduction dans l'organisme qui puissent donner les résultats les plus constants et les plus satisfaisants. Tour à tour, les voies sous-cutanées, digeslives, intra-veineuses furent essayées ; la voie sous-cutanée fit preuve d'une supériorité manifeste. La voie digeslive donna des résultats heureux quoique plus incertains ; quant à la voie intra-veineuse, elle s’avéra totalement inefficace. |

Cherchant à atténuer la légère sensation de brûlure produite par l'injection de Pyocyanéine, au point de vue de la piqûre, Fortineau lui associa une certaine quantité de solution de chlorhydrate de cocaïne (0, 05 cg.), mais les résultats furent franchement mauvais ; les lapins inoculés moururent. Tout se passait comme si l’antitoxine contenu dans les cultures pyocyaniques se fixait sur la cocaïne et ne pouvait plus neutraliser les effets de la toxine charbonneuse.

Quel est le mode d'action de pyocyanéïne ? La forte réaction générale qui succède à l'injection pourrait nous

pop

faire pênser à un phénomène de choc, mais cette hypothèse doit être immédiatement écartée, puisque nous pratiquons une injection sous-cutanée et non intra-veineuse. Charrin et Freudenreich paraissent bien l'avoir analysé : « il semble bien que les milieux pyocyaniques ne détruisent pas la bactéridie charbonneuse à la façon d’un antiseptique, ils agissent en l'altérant dans ses éléments et en l'atténuant dans sa virulence : ils sont de plus capables de déterminer dans l'organisme des substances annihilant le microbe du charbon. » (Fortineau).

Quelle est la nature du produit soluble ? D'après le résultat de ses recherches faites en collaboration avec le docteur Marguerv, professeur de chimie à l'École de médecine de Nantes, Fertineau pense que ce produit soluble obtenu dans les milieux artificiels (la pycyanéiïne) n’est pas une enzyme, mais bien un lipoïde, opinion concordant avec celle précédemment émise par Raubitschek Russ et d'Agata.

La pyocyaréine étant capable de déterminer dans l'organisme des anticorps contre le bacille charbonneux, ite était naturel de penser que les animaux charbonneux traités par l'injection de toxine pyocyanique sont désormais vaccinés contre une nouvelle inoculation du charbon.

Fortineau fi cette expérience : des lapins déjà traités par la pyocyanéine contre le charbon, reçurent une nouvelle inoculation cinq jours, quinze jours, et même deux inois après Sans aucun inconvénient.

la, pyccyaréine à été essayée dans d'autres infections que le charbon, notamment dans la furenculose, staphylococcie et la salringite. Les beaux résultats qu'elle a procurés ont fait l’objet d’une cemmunication de MM. Fortineau et Favreuil à la Société de Biologie (1922).

L'infection charbonneuse était traitée autrefois par les méthodes les plus bizarres et les plus variées ; cela tenait en grande partie à l'incertitudé du diagnostic. Que de boutons, furoncles et autres lésions cutanées de peu d'importance ont été confondus avec des pustules malignes, et par leur guérison ont donné libre cours à toutes les fantaisies de l’empirisme !

Sans remonter à celte époque qui vit se lever une floraison de « guérisseurs », cautérisant les pustules avec les ingrédients les plus variés (de la moutarde à la feuille de noyer), on peut dire qu'il y à bien peu d'années que la Science a conquis sa place dans le traitement du charbon:

En 1909, encore, les ouvriers de Mazamet, dans une lettre adressée au Ministre du Travail « émettent très fermement l'avis que la science jusqu’à ce jour ne leur donne pas contre ce terrible mal de remède offrant toutes les garanties de sécurité voulues et en présence d’un tel état de choses, ils préferent avoir recours aux soins d’un empirique en lequel ils placent leur confiance car il les guérit d'une manière sûre et certaine ». On pourrait se moquer de cetie crédulité, on aurait tort: elle prouve sim-

plement qu'il n'y avait pas à ce moment de remède sérieux à celte maladie, la Science lâätonnait et ne mettait à la disposition des malades qu'un traitement local, dou-. loureux et bien aléatoire.

Nous, citerons pour mémoire, lextirpation chirurgicale de la pusiule, à laquelle on a reproché, non sans juste raison, la pénétration des bacilles dans la circulation générale, facilitée par la large ouverture des vaisseaux Sanguins. Elle impose de plus des délabrements considérables, qui causent un préjudice certain au point de vue esthétique.

La caultérisation de la pustule, soit par le thermocautère, soit par les caustiques chimiques (sublimé, acide phénique, etc.), de même que les injections interstitielles de la solution iodée sont encore des moyens douloureux, dont l'efficacité reste problématique. Il est, en elfet, même dans les cas qui paraissent les plus bénins, impossible de dire où s'arrêtera l'infection charbonneuse, et si brusquement elle ne revêtira pas une gravité insoupçonnée.

La faillite du traitement local s’est donc affirmée ; nous en dirons pour le moins autant du traitement général limité aux antisepliques et aux toniques, et nous y comyrendrons même le traitement mixte de Verneuil préconisé en France par Le Roy des Barres, utilisant les inhaz lations d'oxvgène.

Fi nous faut enfin arriver à la Sérothérapie anti-charhonneuse pour trouver un traitement du charbon vraiment scientifique et.efficace. Grâce aux travaux de Pasteur ot de Marchoux en France. de Stlavo en fialie, nous possédons ., à l'heure actuelle une arme de première valeur.

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Le traitement du charbon par l'injection de pycyanéine fit son apparition vers 1910 et par les résultats obtenus affirma qu’elle était une méthode de premier choix, qui ne devait céder le pas à aucune autre.

Boidin, dans un article sur le traitement du charbon écrit : « De toutes les méthodes du traitement du charbon, « les unes sont encore à l'étude, d’autres au premier rang « desquelles se placent la sérothérapie et les poisons pyo0- « cyaniques, reposent sur des bases expérimentales soli- « des et ont donné déjà des preuves cliniques indiscuta- « bles de leur valeur. » |

Plus près de nous on a préconisé les injections intramusculaires de lipodiol, les injections intra-veineuses de sels mercuriels et d’arséno-benzols : on réserva d’ailleurs le préférence à ce: dernières. J. Roux, de Lausanne, rapporta un cas d'œdème malin grave, où la guérison fut obtenue par la sérothérapie anti-charbonneuse associée à une injection intra-veineuse quotidienne de 0.gr. 45 d’arséno-benzol.

Becker dans son article « Néuère gesichtpunckte in der Milzhrandthérapie » Deutsche Médicale Woche, 21 mars 1912) publie plusieurs cas favorables dus aux injections intra-veineuses d’arséno-benzol. Boidin avait déjà essayé l'atoxyl avec succès. D'une manière générale les résultats restent encore incertains. |

Tout récemment des médecins argentins ont confirmé que le sérum normal des bovidés serait aussi efficace contre le charbon humain que le sérum anti-charbonneux. H ne saurait être question ici d’une action spécifique, le sérum agit à titre de protinéothérapie ; d’où l’idée de substituer, au sérum qui a le défaut de donner des accidents

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anaphylactiques et de sensibiliser l’organisme, la formule suivante :

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