‹ Contribution à l'étude du traitement du charbon: par l'injection sous-cutanée de pyocyaneineChapitre 8 sur 19 · L. F. Vaccareza, F. Suda, R. Cori · texte numérisé non relu

L. F. Vaccareza, F. Suda, R. Cori

Cette solution es stérilisée à 120° pendant 15 minutes, puis filtrée. On pratique l'injection intra-fessière de 30 cm3, injection qui peut être renouvelée tous les jours, suivant l’évolution de la maladie.

Le professeur chilien Amunatégui recommande la méthode thérapeutique suivante : Injections intra-veineuses de 5 à 10 cm3 de la solution dont il donne la formule :

LOC UNE AIR SAMOA ER AR R À gr.

lodure. de K.:........1...4% Dot Baise see TR 100 gr.

Perrin et Modot préconisent le traitement suivant :

« Cautérisation de la pustule avec pointes de feu à la « périphérie. Injection sous-cutanée de sérum anti-char- « bonneux (30 cm3 le premier jour). Injection sous-cutanée d’'Electrargol. »

Le traitement du charbon est arrivé aujourd'hui à ce point ; nous avons tenu à exposer les différentes méthodes préconisées avant d'indiquer la technique du traitement par l'injection de pyocyanéine. Laissant dans l'ombre les méthodes surannées et réservant notre jugement sur les nouveaux traitements indiqués, dé dates trop récentes pour fournir des preuves définitives de leur efficacité.

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nous prendrons comme lerme de comparaison la méthode” sérothérapique qui a derrière elle de longues années d’application et des statistiques s'appuyant sur des cas très nombreux. is

Le traitement du charbon par la méthode de Fortineau a subi depuis Son apparilion jusqu'à aujourd'hui de légers changements. Nos premières observations montreront que, lors des premières applications, bien que tout à fait confiant dans l'excellence de cette méthode, on n’osa pas s'affranchir complètement des anciens modes de traitement. La cautérisation au thermo-cautére,. el les injections interstitielles de la solution iodée furent employées concurremment avec l'injection de Pyocyanéine. Nous res- {ons persuadé que ce fait n'a pu porter atteinte en rien à la valeur du nouveau traitement, car nous pouvons affirmer tout au moins pour les deux premières observations et particulièrement la deuxième, que le traitement local eût été nettement insuffisant, et que le mérite de la guérison obtenue revient tout entier à l'injection de Pyocyanéine.

Cette affirmation fut démontrée véridique, par les résul- fats suivants, car on abandonna bien vite tout autre thérapeutique, et on laissa à la toxine pyocyanique seuls la jâche de combattre l'infection charbonneuse. |

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Le seul changernent depuis lors à noter porte sur le volume de pyocyanéïne injectée. On peut à ce point de vue diviser les douze ans (1912-1924) sur lesquels portent nos observations en trois périodes :

4° De 1912 à 1914, le volume de Pyocyanéïine injectée était de 20 cm3 si une deuxième injection étail nécessaire, la dose de 10 cm3 était la dose de choix.

2 De 1914 à 1921, nous ne pratiquons plus qu'une injection de 5 cm3. |

3° De 1921 à 1924, le volume de pyocyanéïne injectée: est de 1 em. ”

A quoi correspondent ces diverses formules ? Nous avons vu que Fortineau changea plusieurs fois de milieu de culture ét chercha à augmenter la concentration des. yroduits obtenus ; c'est à cela que nous devons rapporter la diminution successive du volume de pyocyanéine à injecter.

La technique est des plus simples : elle consiste ‘uniquement à pratiquer l'injection sous-cutanée de 1 cm3 de pvocyanéïine après avoir pris les précautions antiseptiques d'usage.

Y a-t-il un endroit optimum où pratiquer la piqûre ? Nous ne le pensons pas : autrefois, le volume ‘de l'injection étant plus considérable (20 cm3) nous avons cherché à la faire là où le tissu cellulaire sous-cutané était le. plus Tâche. La ‘paroi du flanc répondant à ce desiderata, nous en fimes notre lieu d'élection que nous avons conservé depuis. Dans ses premières expériences sur le mou- {on, dé même que düns ses premiers cas de charbon traités, Fortineau fit son injection au pourtour de la pustule les résultats furent excellents : ils se montrèrent aussi

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constants avec l'injection pratiquée en tout autre endroit. H n'existe pas d'avantages appréciables pour choisir Le. pourtour de la pustule, celle-ci siégeant, dans la grande majorité des cas, à la face ou au cou,il pourrait en résulter, par contre, quelques légers inconvénients. |

Aussitôt après l'injection, le malade accuse pendant quelques minutes une légère sensation de brülure ; une rougeur diffuse apparaît lentement au niveau de cette région. Gette dermatie erythémateuse peu intense va persister pendant quelque temps pour disparaître au bout de. quatre à cinq jours. Ce n’est là qu'uné légère réaction locale, à laquelle il convient de n’attacher la moindre importance. |

Avec une toute autre violence, la réaction générale va faire son apparition quelques heures après. D’après l’ensemble de nos observations, elle nous est apparue dans un laps de temps de deux à six heures au maximum après l'injection. C’est clle, en elfet, qui nous renseigne sur le combat qui se livre dans l'organisme entre la toxine pyocvanique et la bactéridie charbonneuse, et nous tient au courant des phases de la lutte. Cette réaction générale se manifeste par des frissons violents qui secouent le malade, par une: élévation de température qui atteint souvent 40 degrés. par la rapidité et l'agitation du pouls, et quelquefois par des troubles délirants qui traduisent l'excitation cérébrale. La respiration est rapide et saccadée, nous avons noté quelque fois des vomissements accompagnés de diarrhée profuse .

Ces phénomènes réactionnels nous ont rarement fait défaut au cours de nos observations ; nous y attachons une valeur pronostique indéniable. Le seul cas (observa-

tion n° I) où ils ne firent pas leur apparition, à vu augmenter la gravité de l'état du malade et pour nous, leur absence a été l'indication précieuse de recourir à une nouvelle injection de pyocyanéiné qui, cette fois, les ‘détermina avee une assez grande violence. De plus, nous pensons pouvoir émettre l'avis que la violence de la réaction gérérale est fonetion & la gravité de l'infection : en effet, elle ne nous est jamais apparue avec une intensité aussi grande que dans les cas les plus désespérés. Les phénomènes réactionnels sont, au contraire, beaucoup moins accusés dans les infections légères.

Cet état persiste peudant quelques heures, puis lPagi- {ation diminue ; il y à une légère Ssédation de ces phénomènes, le malade respire plus librement, et l’on note une légère baisse de la température. Douze à quinze heures après se révèle une notable amélioration, tant au point de vue local qu'au point de vue générai.

Au niveau de la pustule, ce qui frappe c’est la limitation bien marquée de l'œdème ; souvent il paraît avoir regressé, mais le moins qu'on puisse dire, c’est qu'il est resté nettement stationnaire. Les jours suivants, la diminution de lœûème devient plus sensible, et il finit par disparaître dans une période de quinze jours à trois semaines dans ja plupart des cas.

L'amélioration de l'état général apparaît bien plus évidente encore : on enregistre une chute marquée de la température, la rapidité du pouls s’est calmée. il est devenu plein et bien frappé, Pexcitation cérébrale a disparu, laissant place à une conscience nette et lucide : les jours qui suivent voient la maladie évoluer dans:un temps plus ou moins rapide vers la guérison.

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Après cette crise, on mole souvent des sueurs abon- -

dantes, et une augmentation importante dans l'émission des urines. L'albuminerie est exceptionnelle.

Certains auteurs, Boidin, Chaujjard ei Guillair ont lrouvé chez les porteurs de pustules malignes de la leucocytose et de la polynucléose ; l'injection de pyocyanéine fait disparaître cette dernière et ramène la formule leucocylaire à son faux normal. Estil nécessaire de pratiquer plusieurs injections ? Nous ne répondrons pas délibérément par la négative, mais nous ferons remarquer que dans seize cas de charbon, dont quatre extrêmement graves, une seule fois une nouvelle piqûre fut nécessaire, et cela en 1912, époque à laquelle Ja pyocyanéine était certainement moins au point qu'à l'heure actuelle. Toutefois, si l'état du malade l'exigeait, il ne faudrait pas hésiter: à recourir à une seconde injection, d'autant que nous savons n'avoir à craindre aucun accident anaphylac- {que | % I faut pratiquer l'injection d'une manière précoce, aussitôt qu'un diagnostic certain de pustule maligne ou d'œdème malin a été établi. Le prélèvement d’une goutte dé la, sérosité de la vésicule ou de l'infiltration de l’œdème malin sera pour nous d’une importance primordiale. Il nous permettra de procéder à l'examen microscopique qui, décelant les bactéridies charbonneuses viendra Confirmer notre diagnostic clinique. Dans certains cas où l'examen microscopique à été négatif, il ne faudrait pour- {tant pas s'abstenir. Si les renseignements (commémoratif, profession du malade, aspect clinique du malade) font faire le diagnostic du charbon, il n'y a pas à hésiter ; il faut pratiquer l'njection de pyocyanéine, même si l'on

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est en désaccord avec le laboratoire. Il arrive, en effet, assez fréquemment qu'on ne retrouve la bactéridie qu’àprès des prélèvements successifs le quatrième ou cinquième jour seulement, et on aurait ainsi laissé s’écouler un temps considérable Sans intervenir. Il arrive même qu'elle fasse quelquelois complètement défaut. Si l'insouciance du malade ou Ferreur de diagnostic ont laissé l’infection charbonneuse prendre une gravité inaccoutumée, plus que jamais nous conseillons de recourir à l’imjection de, pyocvanéïne, car c’est peut-être dans ces cas qu'elle . trouve sôn emploi le plus formel.

Il convienf donc dinsfituer ie traitement général de bonne heure, puisqu'ii est impossible de prévoir eliniquement l'évolution de la maladie, même dans les formes en apparence les plus bénignes.

A côté de cette thérapeutique essentielle, sans être indispensable, il ne serait pourtant pas inutile d'ajouter une médication symptômatique. (Toni cardiaques —— Quinine __- Huile camphrée, etc...).

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