RESULTATS ET STATISTIQUES
Pour affirmer la valeur d’une méthode de traitement, il faut produire des résultats, et les comparer à ceux obtenus par des méthodes différentes. I! importe de plus de faire de ceux-ci une anase critique Serrée et imparliale, :
Toutes les pustules malignes où œdèmes malins n'offrent pas la même gravité, gravité qui reste Sous la dépendance de multiples facteurs. En tout premier lieu, le siège de ia pustule est d'une grosse importance : il-est facile de comprendre que les pustules malignes de la face et du cou, pouvant ‘donner lieu à des accidents sérieux et dramatiques, bel que la compression de la glotie par l'œdème, présentent un danger plus grand et plus fmmédiat qu'une pustule maligne de Pavant-bras par exemple.
Nous avons cru intéressant de rechercher parmi no$ observations, la fréquence de chaque siège des pustules, ef nous avons obtenu le tableau suivant :
Sur 16 pustules ou œdèmes malins :
Face Cou Membres Sternum
Ce qui confirme une fois de plus que la face est le lieu
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d'élection parmi les parties découvertes, l'inoculation se faisant presque toujours par lésions de gratiage avec les -mains qui ont touché les peaux contaminées.
Outre le siège de la lésion, il intervient des données qu'on ne saurait prévoir et apprécier exactement (résislance personnelle du malade à linfection charbonneuse, virulence de la bactéridie, etc...) Nous pensons donc qu'il est nécessaire de diviser les cas que nous avons traités en plusieurs catégories : Cas légers, cas moyens, cas graves, Cas excessivement graves.
17 Cas AMégersi: ;
Observation IV | Observation VII Observalion IX Observation XI
Tous ces cas ont évolué avec un minimum de manifestations et avec des Symptômes peu marqués, une température légèrement au-dessus de la normale, un pouls à peine plus rapide. Nous savons bien que dans des cas très graves le malade garde quelquefois un état général hon ef fait preuve d’une euphorie remarquable, mais nous persistons à penser que pour les cas ci-dessus, le simple traitement local qu'on appliquait autrefois aurait peut-être pu suffire. |
2° Cas moyens :
Observation IT Observation XIII Observation XIV Observation XV
os
3° (as graves :
Observation E Observation V J Observation VI Observation X
En ce qui concerne ces deux classes, nous estimons que le traitement local eût été nettement déficient ; il était nécessaire d'avoir recours à une méthode de traitement général. Nous ‘avons toute confiance dans l'injection de pyocvanéine, c'est. ce facteur qui nous à fait préférer cette méthode à la sérothérapie anticharbonneuse, mais nous ne ferons pas de difficultés pour reconnaitre que cette dernière eût donné des résultats équivalents.
Lo Cas excessivement graves. — Siège de la lésion: :
Observation IL. -— Pustule maligne de la région latérale droite du con.
Observation VIII. —- Pustule maligne de 2 cm en dehors de la région est du sourcil gauche.
Obsérvation XIL. —— Pustule maligne de la région frontale droite.
Observation XVE — Pustule maligne de la région sous-
orbitaire droite.
Nous avons tenu à noter le siège de la lésion pour Confirmer l'apinion précédemment émise, que les pustules de la face et du cou offrent un caractère de danger exceptionnel.
L'observation IT est intéressante ; elle nous montre le seul cas déjà signalé, où il fut nécessaire de recourir à une nouvelle injection.
L'observation VIII, due à l'obligeance du docteur Vou-
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elle, révèle Félal désespéré du malade, qui avail nécessité l'appel de plusieurs confrères en consultation. Tous avaient porté un pronostic pessimum à brel délai. Le docteur Vouzelle nous priail ces jours-ci d’insister sur la etupélaction profonde que produisit le rétablissement rapide de l'état général du malade, quelques heures après l'injection de p:yocevanéine. à ÉMES *
L'observation XIT est caractérisée par la violence extrême des phénomènes réactionnels : jamais il ne-nous fut donné d'en voir d'aussi iulenses. Des vomissements bilieux et une diarrhée profase fireat. leur apparition,
Lobservation XVI offre un intérêt particulier incontestable. Outre l’état délirant profond du malade, qui durait déjà depuis plusieurs jours, délire assez violent et coniinu pour l'avoir fait diriger sur le cabanon, et fait craindre une thrombo-phlébile des sinus, 1! y a dans cette chservation une preuve éclatante de Ja rapidité d'action de la toxine pyocyanique. Il convient de remarquer que ce malade, atteint de pustule maligne de la région sous-orbitaire droite, fut admis à l'Hôpital général de Limoges le 19 décembre 1923. Là, fut institué le traitement général par la Sérothérapie anti-charbonneuse. 40 cm3 de sérum frais lui furent injectés chaque jour, sans que la moindre amélioration dans son état se manifestasse. Le délire n'avait fait qu'augmenter, ef tout espoir de guérison semblait devoir être abandonné.
À ce moment, huit jours après son entrée à l'hôpital, nous fûmes appelés auprès de ce malade pour pratiquer l'injection de pyocyanéine (la dernière ampouie que nous possédions !) La réaction générale apparut au bout de quelques heures avec une intensité très grande, le malade
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dans son délire, essaya même une tentative de suicide. ‘Dès le lendemain, nous eûmes le plaisir d'apprendre que l’état de notre maiade se montrait plus satisfaisant et les jours suivants virent une (erminaison heureuse de la maladie.
De lensemlle de ces observations, un fait impoitant paraît se dégager : c'est la remarquüble rapidité d'action
de la pyocvanéine. I est utile et juste le sé demander (sans vouloir faire Ie procès de Ja sérothérapié, que nous croyons être une excellente méthodté), si Pinjection de sérum anti-charbonneux eut agi avec la même célérité dans ces cas désespérés. Nous ne possédons pas asséz l'expérience de cette dernière méthode pour pouvoir trancher d’une manière définitive cette question, mais nous n'en avons pas la conviction.
Hodo, dans sa thèse de Paris A9 : «Essai sur le traitement du charbon », étude portant sur 111 cas de charbon, arrive à la conclusion suivante :
« li résulte de nos observations que la Sérothérapie doit être instituée d’une manière aussi précoce que possible, faut que le sérum soit injecté 24 heures au plus tard après l'injection pour avoir des résultats certains. »
De plus, le résultat de notre observalion n° XVI où les deux méthodes, sérothérapique d’abord, bactériothé-
rapie ensuite, furent successivement employées, semble bien confirmer notre opinion. Quand l'état général du ma- Jade est très grave, que l’ædème s'accroît avec une régu- Jarité'et une rapidité désespérantes, que l'excitation cérébrale provoque le délire, il faut aller extrêmement vite. Plus que jamais, la guérison est une question de temps. Si l'on peut rapidement juguler les smyptômes alarmants,
opposer une barrière à l'envahissement (le l'œdème, et chasser le délire, le résultat ne se fera pas attendre, la maladie évoluera vers une terminaison favorable.
Nous pensons que fous ces desiderala Sont remplis par l'injection de pyocyanéine et nous pouvons conclure que lorsque la question de temps est capitale, la méthode bactériothérapique s'impose comme méthode de choix:
Le nombre fotal des cas de charbon que nous avons raités est de seize, comprenant quinze cas de pustules maligues. ef un cas d'œdème malin. L'erreur de diagnostic ne peut être invoquée car nous avons toujours confirmé notre diagnostic clinique par l'examen microscopique et les ensemencements.
Pustules Œdème
malignes malin Guérisons Mort
Année 1912 . 3 3 0 Année 1913 . ] 1 0 Année 1914 . 5 5 0 Année 1920 . 2 1 0 0 Année 1921 Î 1 0 Année 1923 . 3 3 0
otalre 15 1 16 0
Notre statistique est donc brutale mais Sincère. Nous 'uvons pas à déplorer un seul décès pour 16 cas de charbon. Nos observations: montreront cependant que quelques-uns entre eux offrirent une gravité extrême: Nous n'avons pas la fatuité de penser qu'il pourra être toujours ainsi et que jamais une seule mort ne viendra contredire l’éloquence de notre tableau : mais nous sommes
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convaincus que le pourcentage demeurera infime, et de très loin inférieur au chiffre qu'il atteignait avant la découverte de ce traitement. Notre père, le docteur de Saint- Florent, évaluait à 40 % le nombre de décès pour les cas de charbon observés à Saint-Junien durant { la période de 1896 à 1911.
Fortineau dans la Gazette Médicale de Nantes, 10 octobre 1922, écrit :
«Dans une statistique d'ensemble faite sur des cas de | « charbon industriel et agricole traités rapidement, nous « n'avons d’ailleurs à déplorer qu’un décès Sur 69 cas « de pustules malignes: Mortalité : 1,84 %. »
Faisons une comparaison avec Îles résultats obtenus aces les autres méthodes de traitement génétral, et en premier lieu avec la sérothérapie anti-charbonneuse.
Modot établit la statistique suivante, pour les cas de charbon soignés durant ure pér iode de 7 années consécutives à l'hôpital de Saint-Denis :
Cas de charbon Guérisons Décès Année 1905. 18 1 1 0151906: 18 16 2 A lO0 1: 25 25 0 21008" 18 18 0 61909 8 8 0 et O 10, 14 15 1 A OTIE 10 10 0
Total... 111 107 Ua
Le pourcentage total s'élève à 3. 50 0/0 environ. Tout récemment, Janvier 1924, Chéze dans sa thèse
A T7 Nec
« Le charbon d'origine professionnelle » fournit la sfaüistique suivante .
Années 9) | 1897 1904 1908 1911 1923 Cas de charbon: 72 47 83 F0 SN Décès 5.0. er 0e10 5 3 1 4 . Mortalité pour :cntreas:sr x 14 0/0 10,6 0/0 3,60 0/0 2,50 0/0 10 0/0
Moyenne des décès pour 100 cas de charbon : 9,5 0/0.
Les médecins argentins qui ont employés la méthode de protinétothérapique (injection intra-fessière d’une solution de peptone de White stérilisée) rapportent les résultats suivants :
Pustules Fo Œdème malignes . malin Guérisons Morts Mortalité 42 1 39 4 9,3 0/0 16 16 0 0 0/0 Total. 58 1 59 4 6,77 0/0
Les autres méhodes n'ont pas été pratiquées sur un nombre de cas assez élevé pour qu'on puisse mettre leurs
résultats en parallèle,
I semble bien établi par notre statistique et par celle du D° Fortineau que la méthode bactériothérapique du traitement du charbon peul affronter toutes les compa-* raisons. Une preuve extra-médicale il est vrai, mais cependant d'une certaine valeur, viendra à l'appui de notre opinion sur: l'excellence de cette méthode. Les
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ouvriers mégissiers de Saint-Junien, autrefois terrorisés par la maladie charbonneuse, affichent aujourd'hui, lorsqu'ils en sont atteints au cours de leur travail, une tranquillité d'âme absolue qui frise l'insouciance. Ils savent, en effet, que depuis l'application du traitement par sérum de Forlineau la mortalité a été nulle.
Nous nous associerons done à la conclusion de Boidin dans Son article sur le charbon (Traité de pathologie médicale el de Thérapeutique appliquée).
« La sérothér apie et les injections de toxine pyocya- « nique sembient devoir être placés en première ligne « parmi les méthodes de traitement général du charbon. »
La nouvelle de la mort si dramatique du docteur Fortiheau à été accueillie avec consternation dans notre: centre industriel de Saint-Junien où, depuis ses premiers bravaux, sa méthode avait été utilisée, à l'exclusion de toute autre, avec des résultats immpressionnants.
Nous ne possédons plus, à l'heure actuelle de pyocyanéine, ayant épuisé pour les derniers cas traités les ampoules envoyées par notre maître et ami quelques jours avant sa mort. Les industriels se sont émus d’un tel état de choses et le Syndicat des cuirs et peaux se propose de faire une démarche auprès des pouvoirs publics pour que soit reprise la fabrication de pyocyanéine.
Notre travail avait pour but de faire connaître l'arme efficace que nous possédions en elle pour combattre l’infection charbonneuse : sa disparition serait profondément regrettable, et nous serions heureux si notre thèse avait pl contribuer au maintien de cette. méthode.
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OBSERVATIONS DEJA PARUES DANS LA PRESSE MEDICALE :9r2