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OBSERVATION 1 (Hufschmitt)
Il s'agissait d'une femme de 52 ans, ayant une éruption datant de six semaines et traitée à plusieurs reprises.
A l'examen elle présente un lichen plan typique : lésions élé- . mentaires, de teinte rose ou violacée, de la dimension variant de celle d'une tête d'épingle à une lentille, criblant lés avantbras, le tronc et l'abdomen. Les membres inférieurs sont beaucoup moins touchés, IL y a un placard lichenien à chaque pli du coude : et à la face antérieure des poignets. Le prurit et les sensations de brûlures sont intenses et Ôôtent presque tout somimeil au malade.
Traitée par une injection intraveineuse de 0,15 novarsénobenz0l, la température monte à 3904, avec des symptômes généraux intenses, pour tomber le % jour. L'éruption et le prurit ne sont nullement modifiés.
Huit jours après (13 février 1924), la malade reçoit sur chaque champ d'irradiation la dose de 3 H. filtrée sur 5 mm, d’aluminium, Quatorze jours se passent sans incidents ni amélioration d'aucune sorte et, le 27 février, l’auteur fait un, nouveau traitement radiothérapique : mêmes localisations, mêmes doses,
Le soir et le lendemain de cette deuxième séance, la temipérature s'élève un peu. La malade présente des vomissements Ælle se plaint de céphalée et de vertiges. Ce sont les accidents du mal des rayons, qui n’ont aucune gravité et qui disparaissent: je lendemain soir du traitement. Brusquement, six jours après cette nouvelle irradiation, c'est-à-dire le 4 mars, les papules et placards s’affaissent et perdent leur teinte congestive. Il ne subsiste bientôt plus que les macules brunâtres qui sont le reliquat habituel du lichen plan guéri, et qui s’effaceront avec le temps.
Plus remarquable encore a été la sédation des signes subjectifs ; à partir du 4 mars la malade à recouvré le sommeil et,
ne
le 8 mars, lorsqu'elle quitte l'hôpital, le prurit a presque COMmplètement disparu ; il ne reparaît plus que pendant quelqués minutes, à de larges intervalles au cours de la journée.
Daus un deuxième cas de Hufachmidt, qui d’ailleurs se terrmina également par la guérison, il y eut, sous l'influence de la radiothérapie médullaire, une brusque explosion des élénrents lichéniens généralisés à tout le COrps, F compris la muqueuse buccale, la paume des mains et la plante des pieds. Les petits placards disséminés sur le cou, le tronc, l'abdomen et les membres s’agrandissent, leur teinte congestive devient plus marquée et ils commencent à desquamer. En même temps, exagératio:i du prurit. Traitement sédatif local ; régression des signes et la malade revue un mois après est à peu près complètement guérie, avec une peau pigmentée en brun et une disparition totale du prurit.
Discutant cette dernière observation, Pautrier trouve une confirmation éclatante de l’action de la radiothérapie médullaire dans l’exacerbation et la généralisation du lichen plan consécutives à l'irradiation. Il interprète cette généralisation secondaire comm2 une sorte de réaction de Herxheimer, et comme un témoignage que les rayons X ont agi d’une façon active sur une région ou une lésion qui commandait l’éruption lichénienne.
Hudelo a constaté également une exacerbation et une extension brusque et aigüe du lichen plan sous l'influence de la radiothérapie médullaire.
Enfin Bisson et Desaux ont traité un cas de lichen plan aigu du tronc et des membres par six séances hebdomadaires de 500 R. par champ sous 5 mm d'’Al., au niveau des régions cervicale, dorsale et lombaire. Quatre jours après la dernière séance, la guérison était complète.
OS
Huit mois après le malade présente une récidive moins intense que la première atteinte, et deux -applecations identiques furent faites à une semaine d'intervalle. Une semaine après la dernière séance, survint une réaction @’Herxheimer d'ordre cutané (prurit) et d'ordre général (nausées, vomissements, fièvre, fatigue) assez violente pour que le traitement fût interrompu. La guérison s'établit d’ailleurs dans la suite, lentement.
Neumack et Krynski, qui rapportent huit cas de lichen plan traités par irradiation de la moelle ou des ganglions sympathiques en appliquant l'irradiation de la seule région interscapulaire et lombaire avec de petites doses, et en les répétant mensuellement à plusieurs reprises, obtinrent les résultats suivants : trois cas de guérison complète, trois cas d'amélioration et deux échecs dans deux cas de lichen plan corné et verruqueux des jambes (irradiation de la région lombaire). Ils concluent de leurs observations que l'irradiation de la moelle et des ganglions sympathiques est efficace dans les cas d'éruption généralisée à évolution aigüe ou subaigüe, moins active dans les cas de lichen exclusivement localisé sur la partie inférieure du corps, sur la verge, et reste sans effet sur l’évolution du lichen plan corné et hypertrophique des
jambes.
Bisson et Desaux ont traité par la radiothérapie rachidienne trois cas de lichen plan cutané, la technique employée étant la suivante : irradiations cervicale, dorsale et lombaire de 400 R. chacune sous 5 mm d'Al: séance hebdomadaire. Dans un cas d'apparition relativement
récente (2 mois) la guérison complète a été obtenue en -quelques jours. Dans un deuxième cas, la guérison à été complète une semaine après la deuxième application d'une série de six : une récidive huit mois après a été arrêtée par une série de deux irradiations et quelque piqûres d'acetylarsan. À noter dans cette observation que le lichen plan eutané s’accompagnait de lésions buccales qui ont suivi exactement l’évolution des lésions cutanées pour disparaître complètement. Dans un troisième cas, chez un
ancien syphilitique, à Wassermann négatif, mais dont .
Jinfection avait été très insuffisamment soignée, après. quatre séances hebdomadaires, une amélioration marquée fut obtenue, mais la guérison ne survint, très rapidement d'ailleurs, qu'après une série d’injections de novarsenobenzol.
Dans un cas de lichen obtusus corné du tronc et des membres, une série de sept irradiations hebdomadaires amena une amélioration objective des lésions et une diminution du prurit ; une série identique pratiquée six mois après provoqua un affaissement des éléments licheniens, avec persistance de prurit, sans aller jusqu’à la guérison.
Enfin, nous apportons une observation récente et inédite de lichen plan muqueux traité dans les mêmes conditions techniques :
OBSERVATION (inédite)
M. T.…., 43 ans. — Syphilis probable. Wassermann négatif. Vient consulter en novembre 19%8 pour des lésions, récentes de lichen plan circiné du gland et du prépuce, sans prurit. Après 10 injections d'acetylarsan de à centimètres cubes, les lésions
dr sise
«ont légèrement améliorées : centre pigmenté, bordure moinssaillante.
On pratique le 2, le 7 et le 12 janvier 1929, une application lombosacrée de 500 R sous 5 mm d'Al. (Dr Bisson).
L'amélioration se dessine peu à peu, et le 5 février 1929, la guérison est complète.
En mai 1929, le malade présente une récidive muqueuse au niveau du prépuce et de nouveaux éléments cutanés au niveau de la face antérieure du creux axillaire droit et de l'ombilic.
Un nouveau traitement par irradiation rachidienne est mis er
œuvre, dont les résultats ne nous sont pas encore connus.
Si l'on compare les résultats obtenus par les diffé rents auteurs avec l’irradiation rachidienne dans le lichen plan cutané, on constate que les résultats favorables sont ia règle ; sur 30 observations recueillies par Gouin, il n'enregistre même aucun échec. Pratiquement, les trois méthodes d'irradiation, radiculaire, médullaire, sympathique, bien que différentes par leur conception pathogénique semblent donc, en ce qui concerne le résultat final, être sensiblement comparables. Cependant le procédé de .Gonin paraît donner des résultats plus rapides, tout au moins vis-à-vis du prurit ; en outre, dans certains cas favorables, il n'exigerait qu'une seule application alors que les autres techniques nécessitent souvent plusieurs séances d'irradiation.
Alors que dans le lichen plan cutané le succès est la règle, il semble en être tout autrement dans le lichen plan muqueux, génital et buccal.
Nous avons consigné plus haut une guérison obtenue rapidement dans un cas de lichen génital,
Dans un cas de lichen plan buccal, Gougerot et Filio! ont observé un échec. Ii s'agissait d’un homme de 45 ans, atteint de lichen plan buccal, sans élément cutané. Neuf séances de radiothérapie de la région radiculaire des premières dorsales et des dernières cervicales n’ont eu aucune influence sur les lésions muqueuses. La radiothérapie n'a pas empêché, déclarent Gougerot et Filiol, l'éclosion du lichen plan et même semble lavoir localisé dans la région irradiée. :
Sabouraud, interprétant ce cas, admet que la radiothérapie sur le dos du malade a pu favoriser l'apparition de l’éruption par l’érythème local qu'elle y avait déterminé.
Cottenot n'a obtenu aucun résultat dans un cas ds lichen plan lingual par la radiothérapie, commencée à petites doses et poursuivie plus tard d'une manière intensive.
Par contre, Levy Franckel a constaté une action nette sur le lichen des muqueuses buccales et génitales, qu'it a vu s'améliorer et disparaître complètement.
Depuis, Gouin et Pautrier ont eu aussi obtenu des résultats favorables.