C. NEVRODERMITES DIFFUSES
S'inspirant des résultats obtenus par la radiothérapie rachidienne dans le traitement du lichen plan, Bisson
res
et Desaux ont appliqué cette méthode dans dix cas de névrodermites primitives, ou secondaires à des lésions cutanées diverses (érythème toxique, prurigo, eczéma, parakératose psoriasiforme). C’est à notre connaissance je seul travail d'ensemble relatif à cette question, et il est d'autant plus intéressant qu'il élargit singulièrement Île cadre des indications de la radiothérapie rachidienne des affections cutanées. Aussi nous a-t-il paru intéressant de rapporter ici leurs observations. Disons de suite que sur les dix cas traités ils ont obtenu huit guérisons et deux échecs.
Leur technique, basée sur la radiothérapie du territoire vadiculaire des lésions, est absolument comparable à celle qu'ils ont mise en œuvre pour le traitement du lichen plan.
Nous joindrons à leurs observations un cas publié par Bizard et Meyer, concernant un eczéma lichenifié des cuisses et du périnée et guéri par la radiothérapie radiculaire.
Enfin nous ajouterons trois observations personnelles inédites comparables à celles de Bisson et Desaux.
OBSERVATION 1. (Bisson et Desaux)
Mme M., 30 ans. — A fait jadis des accidents toxiques ‘à la ° guite d'ingestion de crustacés.
Le 20 février 1926, mange des crevettes, Les jours suivants, poussée cutanée.
Le 6 mars 1926, sur le cou, le tronc, les membres supérieurs, érythèmeavec-œdème dermique ‘et sous-dermique, ‘Tendante à J'eczématisation. .Les lésions cutanées sont prurigineuses, surtout
après les repas. Pommade calmante, Régime végétarien + hypo- <hloruré. Diurétiques. DT
Le 1? avril, Les lésions restent FRERE situées sur les membres supérieurs, les membres inférieurs et sur la nuque. La peau porte des traces de lichénification diffuse. L'érythème a disparu et le derme se congestionne au moment des grattages. Le prurit avec sensation douloureuse de cuisson est encore violent. Insomnie et système nerveux exaspéré. Amaigrissement «e 4 Kgs.
Examen des urines : Déminéralisation légère et surtout indoxylurie massive.
Tout en continuant le traitement local et le traitement + “ésintoxication, la radiothérapie est commencée le 3 avril.
Deux séances de rayons X : à chaque séance, trois applications sur le névraxe : une, sur la nuque ; une, région dorsale et une, région loMbaire, Champ : 10 cm. de diamètre. Sur chaque champ, 300 R. sont donnés sous 5 mm. d'aluminium, 28 cm. d'étincelle “équivalente, Très grande amélioration après 1a première séance <t guérison complète après la deuxième, Une troisième séance de consolidation a été faite.
OBSERVATION 2, (Bisson et Desaux)
M. L, ?9 ans. — Le 10 décembre 1925. Plaques lichénifiées de parakératose psoriasiforme, symétriquement situées sur la face antérieure des bras, les flancs et les creux poplités. Début deux mois avant. Le prurit surtout marqué la nuit, s'accompagne de “Æuisson et d'une congestion des régions malades.
Le malade est très nerveux, fume beaucoup et a une mauvaise ‘“&kmentation : abus du sel. Céphalée après le repas.
L'examen des urines décèle un léger excès d'indoxyle, nne “limination d'urée insuffisante, une légère insuffisance hépa- Traitement : lotions chaudes à l'eau coaltarés ;: pommade cal- Snante, Régime végétarien sans gel.
Le 17 décembre. AuCUne amélioration. Le traitement par l&
radiothérapie est entrepris, en continuant le traitement général.
précédemment indiqué. En décembre et janvier 1926, il est fait cinq séances de rayons X, hebdomadaires. A chaque séance, trois applications sur le névraxe, régions cervicale, dorsale at lombaire, 500 R. par champ sous 5 mm. d'aluminium. E, €. : 26. De plus, dans l'intervalle, six applications journalières d'UV à petites doses sont faites,
Après les premières séances de R. X. excitabilité plus grande:
du système nerveux, et prurit plus fort le soir du traitement par les rayons X.
Très grande amélioration à la fin du traitement. Plaques eficore rouges aux aisselles et aux aines. Le prurit existe à peine.
Depuis guérison complète et durable.
OBSERVATION 3, (Bisson et Desaux)
Mme C, 58 ans. Eczéma. prémenstruel de l'âge de 17 à 25 ans.
En 1915 : ménopause avec bouffées de chaleur, vertiges.
En 1920 : les vertiges disparaissent, l'eczéma apparaît ei à augmenté progressivement depuis.
Peau sèche, ichtyosique
Plaques de parakétose psoriasiforme, eczématisées en certainspoints, dispersées symétriquement sur Ja partie supérieure de la face postérieure des avant-bras, aux plis inguinaux. Les lésions ont envahi le cuir chevelu, le cou, les plis interauriculaires, le front et les joues. Les tissus dermique et sous-dermique sont œdématiés. Prurit avec poussées congestives vers les quatre à cinq heures de l'après-midi. :
Grande nervosité. Insomnie Mauvaise alimentation et abus du sel Les analyses d'urines et du sang montrent une ‘ Mauvaise élimination rénale et un mauvais fonctionnement hépatique.
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Régime hypoazoté, déchloruré, puis hypochloruré.
Diurétiques et stimulants hépatiques. Applications de ceret à 4'ichtyol.
23 mars 1926. Les plaques de paraKératose et le prurit per- -sistent, L'œdème a disparu. La radiothérapie est entreprise. La malade reçoit en mars et avril cinq séances de R. X hebdomadaires. À chaque séance, trois applications : sur la nuque, régions dorsale et lombaire.
4) R. par champ sous 4 mill. d'aluminium. Amélioration nette ès la première séance augmentant chaque semaine et Si marquée à la cinquième que le traitement est arrêté, Guérison complète depuis.
OBSERVATION 4. (Bisson et Desaux)
Mme F., 38 ans. Première poussée en 193. Ménopause en 1925.
1e avril 1926. Vaccination antivariolique.
10 avril. Grande contrariété, poussée cutanée que la malade -exagère en prenant des bains sulfureux,
22 avril. Lésions de parakératose psoriasiforme ont envahi la face, le cuir chevelu, le cou ; les tissus dermiques et sous-dermiques sont œdématisés.
Grande nervosité, amaigrissement, Les examens d'urines ct de sang montrent une insuffisance rénale nette.
Régime végétarien sans sel. Diurétiques. Application d'axonge.
27 avril Outre les lésions indiquées ci-dessus, les membres et le tronc sont recouverts de plaques érythémateuses urticariennes avec œdème sous-cutané.
Même traitement.
8 mai, Œdème et caractère urticarien ont disparu. Les plaques du corps commk celles de la tête ont pris l’aspect de paraKératose psiriasiforme, Prurit intense combiné à bouffées congestives (ménopause) au niveau des lésions.
Le traitement radiothérapique est commencé en même temps que sont appliqués le traitement local (cérat, ichtyol, puis
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Baume Baissade), le traitement hypochloruré, diurétique, raédication ovarienne, constrictive, ealmante.
Quatre séances de radiothérapie sont faites à 6 jours d'intervalle en moyenne, ;
A chäque séance : trois applications régions cervicale, 4orsalé et lombaire, 500 R. par champ sous 5 mill. d'aluminium.
Le traitement est arrêté le 25 mai, à la 4 séance. Les lésions: cutanées et le prurit ne sont plus que très discrets. La guériso® complète s'est produite rapidement.
OBSERVATION 5. (Bisson et Desaux)
M. S., 7t ans. Syphilis à l'âge de 20 ans. Actuellement, réactions de Hecht et de Wassermann positives.
En octobre 1925 : Eczéma des jambes ayant persisté et traité en février 1926 par des injections d'autohémothérapie. Dès le préfnier jour dé ce traitement, poussée très forte.
Le 12 avril 1926 : Eczéma papulo-vésiculeux avec aspect urticarien. Disposition symétrique : nuque, régions sourcilières ‘+ paupières supérieures, face postéro-externe des avant-bras et face antérieure et postérieure des jambes.
Prürit très intense, bien que la malade soit au régime végétarien, Grande nervosité ; insomnié Amaigrissément prononcé.
L'examen des urines ést satisfaisant, Augmentation légère de: l'urée et de l'acide urique dans le sang.
Applications de pommadé calmante (cérat à l'oxyde de zinc) précédée de lotions coaltarées très chaudes.
17 avril. Les papulovésicules d'eczéma ont disparu. Les régions malades sont érythémateuses et sous l'influence du grattage se tuméfient et prennent un aspect urticarien. Le prurit persiste, violent.
Régime hypoazoté et déchloruré. Diurétiques et stimulants hépatiques. Même traitemient local.
La radiothérapie est entreprise, Tout d’abord, le traitement
à Comporté deux séances espacées d'une serhaine et comprenant deux applications régions lombaire et lombo-sacrée,
400 R. par Champ sous 5 mill. d'aluminium.
Le 28 avril. Le prurit est moins violent au niveau des membres inférieurs ei persiste sur les membres supérieurs. ;
Les quatre séances suivantes de R. X ont comporté deux applications régions cervico-dorsale et lombaire.
Même technique.
A la fin du traitement, il ne persiste plus qu'un prurit très léger à certains endroits localisés, par exemple à la jambe gau- ‘be, Les régions malades, légèrement lichénifiées ont perdu toute rougeur.
Le 29 mai : guérison complète,
Pendant le traitement radiothérapique, un traitement mereuriel par des injections de benzoate de Hg a été entrepris.
OBSERVATION 6. (Bisson et Desaux)
Mme V. Eczéma depuis 1913 et jamais complètement guéri depuis.
19 janvier 1926. Eczéma papulo-vésiculeux dont les éléments turgescents sont disséminés sur tout le corps et surtout abondants symétriquement aux plis du coude, aux creux poplités, Prurit très marqué surtout vers 7 ou 8 heures du soir et avant les règles Grande nervosité.
Mauvais fonctionnement digestif,
Les analyses d'urines et de sang montrent un mauvais fenetionnement rénal.
Régime hypoazoté, déchloruré, puis hypochloruré, Diurétiques. Médication calmante.
Applicätion de pommade au goudron de houille.
18 mars : l'éruption cutanée se localise. Persistance de plaques de lichénification symétriquement placées sur le dos des mains, dans les creux poplités. Quelques papulo-vésicules sur les plaques. Prurit encore intense.
0 se
Nervosité. Amaigrissement.
Même traitement local et général. Acide phospho dénal à faible dose.
La radiothérapie est entreprise. En avril € hebdomadaires sont faites, A chaque séance, trois applications, régions cervicale, dorsale et lombaire. 400 R. par champ sous 5
mill. d'aluminium.
Amélioration au cours du traitement. À la fin du traitement,
rique et Gar-
t mai, six séances
poussée récente d'eczémia des mains Sans prurit très marqué.
Tout le reste du corps est en bon état.
OBSERVATION 7. (Bisson et Desaux)
M. C., 47 ans. — Juillet 1920. Contrariété. Le prurit apparait et persiste.
2 octobre 1925. Papules de prurigo disséminées sur tout le corps. Elles sont confluentes sur les flancs où elles occupent deux régions symétriques.
Nervosité. Insomnie. Abus du tabac.
Amaigrissement, bien qu'il soit gros mangeur. Métabolisme basal 24 % en excédent.
Les examens du sang et des urines ne révèlent aucun mauvais fonctionnement organique. Les combustions organiques sont exagérées.
Régime copieux frais. Médication calcique et calmante. Suppression du tabac. Hématoéthyroïdine.
26 octobre. Etat général meilleur.
Prurigo persiste.
Ce malade a été confié au Docteur Nadal pour le traitement radiothérapique. Ce traitement à été fait avec la même tech-
nique et a amené la guérison,
OBSERVATION 8. (Bisson et Desaux)
Mlle A., 65 ans — Eczéma des mains et des avant-bras depuis 1918, prurit intense matin et soir.
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