‹ Contribution à l'Étude du Traitement du Lichen Plan et de certaines Dermatoses par la Radiothérapie RachidienneChapitre 17 sur 17 · ART. D · texte numérisé non relu

ART. D

séparément par la radiothérapie sympathique. « Qu'ils le veuillent ou non, écrit Derwing, les auteurs de la radiothérapie médullaire ont fait de la radiothérapie sympatique ».

z° Preuves expérimentales.

Gonin et ses collaborateurs ont étudié l’action des rayons X sur le système sympathique. Ils ont recherché l'action sur la leucocytose des rayons mous ou filtrés, soit en application locale sur une zone quelconque en irradiation axiale, soit en irradiation régionale (carrefours vasculaires) parallèlement à l’action thérapeutique.

Leurs résultats sont absolument comparables à ceux obtenus par Leriche dans les études de l'action de la chi. rurgie sympathique Sur la leucocytose. Les variaiions leucocytaires consécutives aux opérations de Leriche, ayant un mécanisme sympathique, il semble, conclut Dewing, qu'on ne puisse pas refuser le même mécanismé À nos radiothérapies.

Discutant l'interprétation de Gouin, divers auteurs, et notamment Neumack et Krynski, se demandent comment les ganglions sympathiques situés dans les couches. profondes peuvent obtenir une quantité suffisante de rayons mous (11-12 centimètres d'étincelle) à faible tens‘on et par surcroît non filtrés, et dont la majeure partie est très vraisemblablement absorbée par les couches : du derme, de l’hypoderme et du tissu osseux. L'action de-ce: mode d'irradiation se manifesterait d’une façon intense sur les terminaisons des nerfs sensibles du sympathique. à travers la moëlle et les ganglions sympathiques.

Pre ke uit nan cod ne mi sénat épi ES pré rss

Nous avons déjà vu que Gouin reconnaît que sa technique ne touche directement que la peau ; quelle que soit la nature de l'élément histologique nerveux irradié dans la peau, les effets obtenus ont paru être de nature sympathique.

Pour Gonin, l’objection qu’il n’y a pas d'éléments histologiques de nature neuro-végétative dans la papule de lichen plan ne prouverait rien contre sa méthode.

Pour nous, il nous paraît probable qu’en irradiant la région dorsale du corps sur la ligne médiane, si l’action thérapeutique paraît plus efficace avec la radiothérapie semi-pénétrante, c’est qu’on agit vraisemblablement avec plus d’activité sur les centres nerveux (sympathique et système para-sympathique). Si les résultats sont également satisfaisants, il est possible que la méthode n’agisse que de manière indirecte et nous nous trouvons amenés à l’hypothèse d’une action humorale primitive, pouvant avoir à distance des actions physiologiques, comme l'ont admis Bisson et Desaux.

Nous savons que dans de nombreuses affections locales et superficielles la guérison est également obtenue avec des techniques très différentes, pourvu que les doses absorbées par les cellules soient égales. Nous donnerons donc la préférence à la radiothérapie semi-pénétrante, comme moins dangereuse pour la peau.

Conclusion

I. — La radiothérapie rachidienne du lichen plan et des dermatoses est actuellement appliquée suivant trois techniques différentes :

1° la radiothérapie radiculaire, ayant pour but d'agir sur l'émergence des nerfs rachidiens correspondant aux lésions ;

2° la radiothérapie médullaire, basée sur la distribution zoniforme de certaines éruptions et les troubles cytologiques du liquide céphalo-rachidien :

3° la radiothérapie sympathique que justifieraient,

d’une part les résultats obtenus en irradiant seulement

les deux centres du sympathique, d’autre part par la nature sympathique des réactions provoquées par l'irradiation.

IT. — Dans le traitement du lichen plan, la radiothérapie rachidienne est capable d'amener à elle seule, dans la plupart des cas, la guérison complète des lésions. Elle agit d’abord sur le prurit, ensuite sur l’éruption elle-

n'ême. Les stat stiques des différents auteurs montrent

que la guérison est de règle, sauf dans les cas de lichen verruqueux et obtusus, et que les résultats sont d'autant plus rapides que l’éruption est moins ancienne.

A LPS VERS RAR PRET ARE RESSS AS AOMÉRSE D D III. — Dans les prurits généralisés ou localisés (anus,

vulve), la radiothérapie rachidienne est capable d’amener la guérison, alors que les autres thérapeutiques, -t notamment la radiothérapie locale, ont été mises en œuvre sans SUCCÈS.

[V. — Dans les névrodermites secondaires diffuses, la radiothérapie rachidienne a donné des résultats intéressants : dans les cas favorables, elle provoque la disparition rapide du prurit et des lésions cutanées. Elle mérite d'être employée dans les cas rebelles, mais sans préjudice des médications classiques d'ordre local et général.

V. -— l'interprétation du mode d'action de l'irradiation rachidienne ne semble pas être encore complètement élucidée. Peut-être ce mécanisme est-il d’ailleurs complexe et faut-il admettre, à côté d'une action directe des rayons X sur les éléments nerveux, des manifestations d'ordre humoral à distance.

Vu : le Doyen, Vu : le Président de la Thèse,

ROGER. GOUGERCOT.

Vu et permis d'imprimer,

Le Recteur de l'Académie de Paris :

S. CHARLÉTY.

Page 1