OBSERVATION VII
PasrEUR (Tr. clin. soc. London). 27 jarvier 1893.
Madame S. R. 56 ans, mariée n'ayant pas eu d’enfant mais trois fausses couches, présente un cas de myxæœdème. La maladie est survenue, cette dame étant tombée d’une fenêtre sept ans auparavant. Les cheveux tombèrent à cette époque. À deux reprises elle fut soignée à l’hôpital de Saint-Barthélèmy pour affection de la gorge, mais sans aucun résultat. Trois ou quatre ans auparavant elle fut traitée à l’hôpital de Westminster pour un cas de myxæœdême. Admise à l’hôpital Niddlesex le 12 octobre 1892, elle s’y présentait avec tous les symptômes d’un myxœæœdème avancé. Elle pesait alors 8 stones 13 livres 1/2.
Avant le commencement du traitement pendant douze jours elle rendait 1,450 grammes d’urine claire pâle et non albumineuse. (Pendant le traitement l’urine présenta à différentes reprises des traces d’albumine). L’urine renfermait de 14 gr. $0 à 1$ grammes d’urée.
La malade avait un bon appétit et un sommeil paisible mais lorsqu'elle se fatiguait elle avait des vertiges. Le pouls était lent 6o et pendant les syncopes le pouls restait le même.
La nourriture thyroïde fut commencée le 24 octobre par un lobe de très petite glande dans un sandwich de pain
beurré.
Le 27 octobre elle prit une glande entière de dimension moyenne ainsi que le 1°’ novembre et le 4 novembre.
La malade éprouva alors du dégoût.
Pendant les ‘premiers dix-huit jours de traitement la quantité d’urine était de 1,302 grammes, par conséquent un peu moindre qu'avant le traitement.
L’excrétion moyenne de l’urée pendant la même période était de 18 gr. 80, par conséquent plus qu'avant le traitement.
Le cinquième sandwich thyroïde fut prisle 27 novembre, mais les symptômes toxiques s’étant de nouveau manifestés le remède fut administré sous forme d’extrait frais dans une infusion de clous de girofles, le $ décembre, le 9, le 13 etle 16.
Pour préparer l'extrait, il faut prendre une glande absolument fraîche, la couper en petits morceaux et l’exprimer au travers d’un filtre fin après l'avoir additionnée de 20 gouttes de glycérine; on obtient ainsi de 80 à 100 gouttes d'extrait.
La dose était ordinairement de 25 gouttes et l'extrait était fraichement préparé chaque fois.’
Le 4 novembre, les effets sur l’urine et sur l’urée devenaient moins marqués. L’excrétion quotidienne de l’urée, était plutôt au-dessous que au-dessus de 1$ grammes.
Vers la fin de décembre l’excrétion était encore inférieure. À ce moment la malade se trouvait beaucoup mieux. |
En dix-huit jours, alors que deux glandes et demie seu-
lement avait été prises, l'amélioration était très notable dans l’aspect général de la malade. Sa parole était déjà presque normale.
En trois semaines la peau du dos, des mains et des avant-bras qui était très dure, était devenue douce et souple.
Au bout de cinq semaines il y avait de la desquamation de la peau des mains et des pieds, s’étendant légérement sur quelques parties du corps.
Les cheveux commencérent à repousser au bout de quatre semaines :
La température avait été favorablement modifiée par le traitement (un à deux degrés plus haut qu'avant le traitement) et, le pouls s’était élevé de 6o pulsations à 106 et même au-delà.
IL y avait eu une perte de poids rapide de 9 stones à 6 stones $ livres 1/2 et la déperdition continuait à raison d'environ une demi. livre chaque jour pendant quatorze jours après.la cessation du traitement.
Cette déperdition rapide est un des symptômes constitutionnels sur lesquels j’attire l'attention. Elle provenait probablement de la répulsion de l’estomac pour le sandwich thyroïde et produisait des accidents cardiaques si alarmants que cette méthode dut étre abandonnée.
La malade se plaignait fréquemment aussi d’une violente douleur lombaire, dans l’épine dorsale et principalement le
long du bras gauche.
La première attaque de ce genre survint après la seconde dose et disparut après vingt-quatre heures.
Après la quatrième dose, le 4 novembre les douleurs étaient plus lancinantes et s’irradiaient tout autour du corps jusqu’à la région précordiale et tout le long du bras gauche. Le jour suivant la malade éprouva une douleur dans les jambes surtout dans la gauche; l’attaque ressemblait à un rhumatisme. La malade ne pouvait prendre aucune nourriture. On suspendit le traitement et la malade retrouva sa santé habituelle continuant seulement à perdre de son poids. À
Le 27 novembre, un autre sandwich fut donné. Elle fut malade presque aussitôt et s’évanouit.
Une heure après elle se plaignait de douleurs dans le dos, sa respiration était pénible, le jour suivant elle se sentait plus mal; la température s’éleva à 100° 4 F. Elle reprit un peu de force mais le pouls demeura faible quelque temps.
On substitua alors l’extrait frais au sandwich, cinq doses seulement furent données entre le $ décembre et le 16 décembre et elles ne déterminèrent aucun symptôme alarmant,
Cependant tout le mois de décembre, l’état général de la malade resta peu satisfaisant; elle continua à perdre de son poids et prit mal sa nourriture jusqu’à Noël.
Après cela elle regagna graduellement du poids et de la force et le 11 janvier elle était capable de s’asseoir pendant deux heures.
La malade s'étant absentée pendant trois mois présen tait à son retour presque les mêmes symptômes qu’au début.
On lui redonna de petites doses de glande thyroïde et malgré les doses minimes la malade avait encore des
malaises et était incapable de manger.