‹ Contribution à l'Étude du Traitement du MyxédèmeChapitre 17 sur 50 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

E. MenpeL (Deutsch. med. Woch. février 1893)

Femme âgée de 58 ans, mariée depuis 30 ans, n’ayant pas d’enfants (deux morts-nés) est atteinte de rhume de cerveau depuis sa jeunesse ; à 17 ans et à 29 elle eut du rhumatisme articulaire; à 41 ans un érysipèle de la tête ; à 47 ans nouveau rhumatisme. Actuellement on remarque de la bouffissure du visage, des mains et des pieds ; une faiblesse croissante du corps et de l’esprit. La malade est apathique, ne parle que lorsqu’on l’interroge et répond lentement aux questions qui lui sont posées ; elle ne sait comment elle vit, ne connaissant ni le jour, ni le mois où l’on se trouve.

La peau présente une coloration cireuse d’un blanc jaunâtre avec taches rouges sur les joues. La peau du visage est fortement tuméfiée, particulièrement aux paupières qu’elle ne peut qu’entrouvrir. |

La peau de la nuque étant très épaissie, la malade

tourne difficilement la tête ; cette apparence contraste avec

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la minceur de la peau du cou sous laquelle à la palpation on ne peut distinguer la glande thyroïde.

Celle de la poitrine, du ventre, des jambes et des bras est aussi très épaisse. Les cheveux sont rares et grêles. Les parties génitales externes sont dépourvues de poils.

Les muqueuses sont pâles, les lèvres sont d'un rouge bleuâtre. La muqueuse du nez est anémiée et atrophiée du côté gauche ; rien au cœur mais les battements sont faibles : le pouls est petit, soixante pulsations par minute, régulier; l'appareil respiratoire est sain.

Dans l'urine, ni sucre ni albumine, onze cents centimètres cubes par jour renfermant 1,3 0 0 d’urée ; la température oscille entre 34,8 et 36,3 (prise sous la langue). La mobilité est très affaiblie, la marche est difficile.

La malade éprouve une sensibilité anormale seulement aux extrémités inférieures marquée par une diminution de sensation de chaleur et une hypéresthésie pour le froid ; elle se plaint d’une grande faiblesse, de douleurs à la nuque et d’une sensation de froid. Dans la seconde quinzaine d'octobre la faiblesse augmente au point que la malade est obligée de garder le lit un jour sur deux.

Traitement. — L'auteur emploie l'extrait de glande thyroïde de mouton préparée selon la méthode de White (Brit med. Journ. 1892, oct. 29) il s’en sert en injections, il commence le $ novembre 1891 d’abord une demi-seringue par Jour et au 12 janvier 1892trois quarts de seringue ; il n’observe ni accident local ni fièvre. À la suite de ce

traitement, la malade peut se retourner dans son lit, elle se

sent plus forte, cause davantage, elle indique [bien exactement la date. L’œdème de la nuque et des jambes est disparu, le côté droit du visage, surtout la paupière, est moins bouffi ; le pouls est remonté à 70 ; la quantité d’urine atteint 1,460, 1,600 et même 2,000 centimètres cubes et lurée qui était de 14,3 par jour avant le traitement est maintenant de vinet-quatre et vingt-cinq grammes. Depuis ce temps, la température n’est jamais revenue à 34,8 comme avant le traitement, elle est de 36 à 36,4.

L'auteur termine en disant que malgré les modifications favorables qui ont marqué le début du traitement, il n’y a pas lieu de douter qu’il s'agisse bien dans le cas actuel,

d’un myxœdème.

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