‹ Contribution à l'Étude du Traitement du MyxédèmeChapitre 27 sur 50 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

M. Duniop (Edimb. méd. journal, mai 1793).

Six cas de myxœdème traités par la nourriture thyroïde.

1e! Cas. — Une dame, 46 ans, célibataire est atteinte de myxœdème depuis cinq ans. Sa sœur jumelle avait été myxædémateuse pendant douze ans et elle fut l’un des premiers cas connus à Edinbourg ; leur mère elle-même paraît avoir eu des signes de myxœædème trois ans avant leur naissance. (Un masque de la mère pris après la mort porte les traits caractéristiques du myxœdème avec épaississement deslèvres et boursouflure des paupières inférieures, Son neveu, membre de l’Académie écossaise l’affirme également et la ressemblance entre les filles myxœædémateuses et la mère est frappante. Une autre sœur, morte il y à dix-sept ans, avait également tous les signes caractéristiques du myxædème.

Les signes de la première malade étaient très accentués : elle pesait 2 stones de plus qu'avant sa maladie ; elle avait des crampes dans les muscles et éprouvait beaucoup de difficulté à se lever d’une chaise ou à se retourner dans son lit. La langue et le palais étaient très épaissis ; la parole lente; la température 06,6 F. La malade, très sensible au froid, était en outre irritable et morose.

Le traitement commença le 8 octobre; 20 gouttes d'extrait thyroïde furent données par la bouche avant le

— s9 — déjeuner trois fois par semaine. On recommanda à la malade de ne pas prendre d’exercice et de rester au lit les Jours de l’administration du remède.

Au bout de dix jours, la température était revenue à la normale, la malade sentait une douce chaleur et n’exprimait plus le désir de s'asseoir près du feu comme auparavant. La sensation de fatigue de la tête avait disparue.

28 octobre. — Les lèvres se meuvent plus facilement, surtout l’inférieure ; la peau est plus douce ; la malade se sent moins languissante ; les muscles des bras et des jambes ont perdu leur dureté et ses amis remarquent un progrès marqué dans son apparence. Elle ne se plaint plus de crampes dans les muscles.

8 novembre. — Un mois après le commencement du traitement, l'amélioration est frappante.

Les vêtements de la malade au lieu de la serrer paraissent amples ; elle pèse dix livres de moins.

Le visage au lieu d’être carré reprend sa forme ovale ; uné paire de gants qu’elle ne pouvait enfiler deux mois auparavant vont très bien maintenant.

La malade se plaint de douleurs dans les jambes, le cou et la poitrine.

20 novembre. — Elle peut jouer de nouveau du piano, tricoter et coudre ; la langue à diminué d’épaisseur ; la malade ne se fatigue plus si vite ; elle se plaint de palpitations.

La dose est réduite à 20 gouttes deux fois par semaine.

2 décembre, — Les palpitations du cœur diminuent.

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