‹ Contribution à l'Étude du Traitement du MyxédèmeChapitre 26 sur 50 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

Docteur Murray (The lancet, 13 mai 1893.)

Homme, 44 ans, qui en été 1880 à eu une attaque prolongée de diarrhée. Dans la première moitié de 1890, il a augmenté de poids, mais sans retrouver de force.

En août 1890, il remarque que sa parole s’alourdit ainsi que sa démarche.

En 1891, ces symptômes sont plus marqués, la peau devient sèche et il ressent beaucoup le froid. C’est à

TT cette époque qu’on porte le diagnostic de myxædème.

En août 1891, il pesait 15 stones (1) 11 livres; il y à 2mois, il pesait 17 stones 10 livres et avait à cette époque les symptômes d’un myxæœdème avancé, l’urine est albumineuse. | | . Nous lui injectons 3 drachmes (2) en doses variant de 10 à 20 gouttes. Treize injections sont faites d’une moyenne de 1$ gouttes. À la fin de la première semaine, l’enflure avait diminuée et la température s'était relevée. La st injection donna une inflammation avec élévation de température, 100°4F. 11 y eut formation d’abcès.

En août on ne pouvait plus porter, à le voir, le diagnostic de myxœdème. Une fois le malade de retour chez lui, on continua le traitement par une injection de 1$ gouttes tous les 15 jours.

Ceci n'étant pas suffisant, le malade prit l’extrait par la bouche à partir de novembre. Il à pris régulièrement un drachme chaque semaine pendant $ mois et divisé en doses

quotidiennes.

OBSERVATION 'XIX A. LunDie (Edimb. med, Jour, Mai 1893.)

Deux ans avant, le traitement du myxædème était : les

bains chauds, les frictions, le fer, la strychnine, le jabo-

(1) 1 stone équivaut à 6 kil. 35.

(2) 1 drachme équivaut à un plus de 3 grammes

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randi et la pilocarpine qui d’ailleurs donnaient très peu de résultats. |

Horsley, le premier, montra sur les animaux que les causes du myxœdème étaient la perte de la fonction de la glande thyroïde.

Le docteur Murray essaya le premier les injections hypodermiques ; les inconvénients amenèrent l’administration interne de la glande thyroïde.

Les premiers cas publiés en Angleterre furent ceux du docteur Machenzie et du docteur Fox qui parurent en octobre 1892. Mais le premier qui a établi le succès de la méthode est le professeur Howitz de Copenhague qui a communiqué ses résultats au Congrès des naturalistes de Copenhague en juillet dernier.

Ma malade, non mariée, $4 ans, avait commencé à souffrir d’æœdème et d'incapacité de se mouvoir environ 14 ans avant que je la vis. Elle était auparavant atteinte de la maladie de Bright, mais elle n'avait plus d’albumine dans les urines et n’offrait plus aucun des signes de cette maladie. Chaque hiver, de 1886 à 1891 elle était malade.

En 1891, la malade était mélancolique.

En juillet, le myxœdème était très caractérisé : lestraits étaient devenus lourds et sans expression, la peau de la face était épaisse et avait une teinte cireuse : les joues étaient rouges; la peau sèche et dure; l’épiderme était gercé et se détachait par de larges plaques.

Il y avait de la boursouflure des régions sus-clavicu-

laires et parotidiennes. La langue était enflée et le palais

épaissi. Les mouvements de la malade étaient lourds et lents, sa démarche difficile et gauche et elle ne pouvait se soutenir sans support, son langage était hésitant, ses facultés amoindries.; elle paraissait oppressée par le fardeau de sa maladie.

L’appétit était bon. Le pouls était difficile à sentir à cause de l’épaississement des tissus. La température 9$ F à la bouche les extrémités étaient toujours froides.

Elle souffrait de maux de tête constants mais non violents; la nuit elle avait des rêves affreux.

On commença le traitement par injections hypodermiques en octobre 1891, mais d’abord par erreur avec du thymus pendant un mois, ce qui n’amena aucun résultat.

Le 28 novembre on fit une injection d’extrait thyroïde représentant le 2/3 de glande thyroïde de mouton; elle fut répétée çs fois dans une semaine.

A la seconde injection la malade se trouva déjà mieux.

A la troisième, Pœdème de Ia langue du palais, du visage et des mains diminua ; et dans les semaines qui suivirent ces progrès s’accentuèrent, la malade éprouva alors une sensation de bien être et un besoin d'activité qu’elle n'avait pas eu depuis longtemps.

Peu après survinrent des douleurs de la face, du dos et des bras, ces douleurs augmentaient sous l’influence de la pression et de l'exercice. L’appétit disparut après la cinquième injection, puis survint la faiblesse, les nausées et l’insomnie. Au bout d’un mois (12 janvier) une autre in-

Jection représentant 1/3 de thyroïde de mouton fut faite.

La malade eut un abcès à la partie inférieure du vagin.

Les injections de 1/; de glande thyroïde furent données toutes les semaines depuis le 12 février. La cinquième injection causa un abcès considérable et après le 17 avril elles furent discontinuées. Au bout de cinq mois la malade sentit les anciens symptômes revenir et le 4 février les injections furent reprises avec de grandes précautions antiseptiques et malgré cela deux sur trois causèrent des abcès. De là leur abandon.

9 juillet. — Je donnai deux petites injections dans l’avantbras, elles amenèrent une inflammation considérable.

16 juillet. — Je commençai l’ingestion d’extrait par la bouche. Les effets obtenus furent beaucoup supérieurs à ceux obtenus par les injections hypodermiques.

Depuis ce temps la malade continua ce traitement et sa santé devient meilleure.

(Des photographies démontrent les résultats obtenus !)

Le visage est redevenu naturel, l’œdème a disparu, la peau est douce ; la conversation rapide, et l'expression de la physionomie est intelligente. La malade marche sans support ; elle travaille dans sa maison ce qui lui était impossible. Le pouls est bien senti. La température est de 97 F au plus.

La malade a diminué de poids et peut jouir de la vie dans son milieu social elle peut travailler à des ouvrages de couture alors qu’avant elle ne pouvait même pas tenir

une aiguille. J’ai renoncé aujourd’hui aux autres méthodes

dé traitement.

Guérin.

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