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re € Une excitation anormale, le malade cause beaucoup, . répond aux questions, puis il se. perd, prononce des paroles incohérentes, a quelques hallucinations. » Chez ce malade, le pouls qui était à 120 avant l'intervention remonte à 140; 148, 159: : À
Le malade de Garnier a, six jours après l'injection, présenté des troubles cérébraux : «La nuit, le malade rêve : . de son métier, crie, appelle constamment ; dans la journée, il à un délire plus tranquille ; il-se croit. occupé à son travail ordinaire et prend les élèves du service et les infirmières pour ses compagnons. En même temps que ce délire professionnel, on note certaines tendances éro tiques : c'est ainsi que dans la nuit, il se lève et on le trouve exhibant ses organes génitaux et cherchant à pénétrer dans une chambre d'isolement voisine de la sienne el occupée par une femme. Cette tendance à l'exhibitionnisme ne persiste que quelques jours, un mois après tout rentre dans l'ordre. »
Le malade de Montagnon et Pinatelle présente du délire assez marqué dans la nuit qui suit l'intervention, le pouls et la respiration s'accélèrent. On trouve d’ailleurs à l’autopsie des lésions méningées et cérébrales.
Chez un malade de M. Letulle, on note une crise convulsive et quatre accès de délire alcoolique.
Heckelet Reynès ônt noté au moment de l'introduction de l'aiguille dans la substance cérébrale un resserrement
brusque de la pupille, jusqu'alors en position intermé-
diaire, et un ralentissement marqué du pouls. Le retour
de la pupille à l'état normal accompagna le fetrait de l’ai-
guille à
‘Delvincourt Au un malade de M. Villon) a observé le
ralentissement du pouls.
Nous pourrions ainsi multiplier les exemples, 1l suffit
de lire attentivement les observations.
Le cerveau humain ne supporte done pas aussi bien n n We Fa ° À } ,. CAR . j ? . 3 :] qu'on l'avait pensé et la piqûre et l'injection; mais si n'y avait à reprocher à la méthode que ces quelques troubles cérébraux, nous ne les signalerions même pas : mais à côté de ces URI bénins ayant suivi l injection,
il est des cas où la piqûre. fut suivie de mort: témoins
le cas que M. Pierre Delbet relatait récemment à la So- ciélé de Chirurgie (4) où, chezun malade atteint de tétanos
paraissant très bénin, on fit une injection intracérébrale :
le malade mourut 4o heures après l'injection. M. Delbet
pense que si le malade eût dû mourir, il ne serait pas mort aussi vite. Dans la même séance, notre maître M. Brun cita un cas bénin dont nous avons été témoin où l'injection intracérébrale fut pratiquée contrairement à son avis ; Le soir même de l'injection, la température, qui était normale avant l'opération, s'élevait, les symptômes s'aggravaient et l'enfant mourait le lendemain. Nous reproduisons plus loin cette observation (Obs. VIT).
En présence d' exemples semblables, en présence des
lésions trouvées si fréquemment aux autopsies, en pré-
sence des troubles plus ou moins intenses présentés par
les malades après l'injection, il semble rationnel d’ad- FO que le cerveau tolère fort mal ce traumatisme qui est relativ ement considérable.
(1) Société de Chirurgie, séance du 5 juin 1901.
ÊnS RRE
La statistique achèvera dé convaincre ceux qui pourraient encore croire à la supériorité de cette méthode sur les autres. Mais ici plus qu'ailleurs la statistique sera fausse, mais elle sera faussée à l'avantage de la méthode. C'est qu'en effet, on peut dire qu'assurément tous les cas heureux ont été publiés, alors que quelques-uns des cas malheureux ne l'ont pas été. Mais malgré cela, la statistique sera encore maüvaise, :
Jully dans sa thèse (1), qui date de 1899, a pu réunir 34 cas de tétanos traités par la méthode de Roux et Borrel, il les divisa en plusieurs groupes :
Pétanostascereux UE. 07/3" cas; #3 morts.
. Tétanos extrèmement favorables. . 7 cas,, 5, morts. 71 °/, de mortalité. Tétanos extrêmement défavorables. 21 cas, 16 morts. 95 Tétanos traités de très bonne heure. 2 Cas, 2 morts.
Soitenstout AN EE MMS tcas Ha0 morts 67070 —
Nous avons recherché tous les cas de tétanos traités par la voie intracérébrale, nous en avons réuni 70 qui se décomposent de la façon suivante :
ons s PURES ù : { 21 morts, Cas où l’incubation a été inférieure à 10 jours: 29 cas 4 . { 8 guérisons, soit 73 p. 100 de mortalité.
ST Le ; pa FR ETLES à \ 10 morts, Cas où l’incubation a été supérieure à 10 Jours : 21 cas | vs $ ; ï | 11 guérisons, soit 48. p. 100 de mortalité.
, : ; s { 15 morts, Cas où la durée de l’incubation est inconnue : 20 cas 2 Ph ° | 5 guérisons, k soit 7 p. 100 de mortalité.
{ 46 morts, { 24 guérisons,
soit 65,7 p. 100 de mortalité.
Statistique globale : 70 cas
(x) Jury. Thèse, Paris, 1899.
Cette statistique suffit amplement à démontrer que la méthode de Roux et Borrel est loin de réaliser les si brillantes espérances que l’on avait fondées sur elle en 1898. La mortalité est ici supérieure pour chaque catégorie de cas d'environ 30 pour 100 à celle que nous avons trouvée en étudiant la voie sous-cutanée : aussi la statistique globale accuse-t-elle pour celle-ci une mortalité de 35,3 pour 100 alors qu'elle est ici de 65,7 pour 100.
De tels chiffres se passent de commentaires.
Les cas aigus (incubation inférieure à 10 Jours) ne sont pas mieux guéris par la méthode de Roux et Borrel que les cas subaigus et chroniques (incubation supérieure à 10 jours), ni que les cas où l’incubation est inconnue :
puisque l’on trouve respectivement les chiffres suivants : Cas où l’incubation a été in- | Voie sous-cutanée, . 42 °/, de mortalité. férieure à 10 jours.. . .{ Voie intracérébrale. . 73 — Cas où l’incubation a été su- | Voie sous-cutanée. . 17,6 — péricure à 10 jours. .
Cas où la durée de l’incubation { Voie sous-cutanée. . 47,8 —
est inconnue. Voie intracérébrale.
\ | Voie intracérébrale. . 48 — À Statistique globale.
Voie sous-culanée. . 35,3
Voie intracérébrale. . 65,7 = L]
Par cette nouvelle voie, la mortalité reste la même qu'elle était lorsque l’on employait seul le traitement ancien (65 pour 100).
Nous croyons être en droitde conclure que la méthode de Roux et Borrel, d’une technique assez difficile, nous paraît dévoir être complètement abandonnée, car elle donne des résultats très inférieurs à la méthode des injeclions sous-cutanées, qui a en outre l'avantage d’être d’une très grande simplicité d'exécution.
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