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CHAPITRE IV

VOIE SOUS-ARACHNOIDIENNE

L'idée d'injecter une substancé dans l'espace sousarachnoïdien revient à Corning qui, en 1886, introduisit dans l’espace sous-arachnoïdien vertébral de la cocaïne associée à d’autres substances médicamenteuses. C'est un

point historique que M. Tufier a bien mis en relief(r). Quincke, en 1891, inventa la ponction lombaire et

: À raconta qu ‘elle était inoffensive : il croyait qu ‘elle pouvait

$ être d’une certaine utilité ape dans quelques 1e affections.

# Sicard, en avril 1808 Et NE ES la Société

de Biologie le résultat de ses recherches sur la tolérance ', du liquide céphalo-rachidien pour les toxines, toxalbumi- DE: nes. alcaloïdes, médicaments, etc... Les expériences le avaient été faites sur des chiens. Il rapporte en outre l'observation d’un malade du service de M. Brissaud, qui était atteint de tétanos.

Ce malade au 8° jour d’un tétanos franchement déclaré

F. (1) Turrier. L’analgésie chirurgicale par la voie SET, Œuvre médico-chirurgicale, n° 24. Masson, éditeur.

(2) Sicarp. Société de Biologie, 30 avril’1898.

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reçut par la voie intrarachidienne 4 centimètres cubes de sérum antitétanique. Il avait reçu auparavant 30 centimètres cubes du même sérum par la voie sous-cutanée sans aucun résultat. À la suite de l’injection intrarachidienne, il y eut une amélioration momentanée : mais le malade mourut 36 heures après cette tentative thérapeutique.

C'est, eroyons-nous, la première fois où l’on tenta d'introduire chez l'homme du sérum antitétanique par cette voie. Ilest à noter qu'à l’époque où cela fut fait, Sicard ne connaissait pas les travaux de Roux et Borrel sur le tétanos cérébral. Signalons que ces savants disent au cours de leur article intitulé « Tétanos cérébral et immunité contre le tétanos » que les injections du sérum dans le canal rachidien des lapins leur a donné jusqu'à présent de moins bons résultats que linjection intracérébrale.

Sicard continua ses expériences qui lui démontrèrent de plus en plus la grande tolérance du liquide céphalorachidien. Jaboulay, Jacob, etc., confirmèrent ce que

Sicard avait avancé et maintenant la tolérance du liquide

céphalo-rachidien est admise par la plupart des médecins.

Le second cas de tétanos traité par l'injection du sérum dans la cavité sous-arachnoïdienne appartient à M. Jaboulay (de Lyon)(r). Il s’agit d'un homme de 18 ans qui, le 14 octobre 1898, se fait une blessure légère de la plante du pied. Le 21 octobre, premiers symptômes du

tétanos, l'incubation avait donc duré 7 jours. Il entre à

(rt) JasouLax. Lyon médical, 1898, t. LXXXIX, p. 377.

Mae l'hôpital le lendemain 22 octobre; à son entrée, on pratique l'excision de la cicatrice plantaire. On fait la ponction de Quincke, il s'écoule 10 centimètres cubes de liquide absolument clair, on injecte alors 10 centimètres cubes de sérum antitétanique. On ordonne du chloral et de la morphine. Il ne se produit aucune amélioration. Le malade meurt 5 heures après l'injection, à 3 heures de l'après-midi, dans une crise plus violente que les précédentes. À l’autopsie, on constate que le liquide céphalorachidien est légèrement teinté en rouge.

Cependant, la voie rachidienne ne fut pas la seule suivie pour faire pénétrer une substance médicamenteuse dans la cavité sous-arachnoïdienne. C'est ainsi que, dans une observation de H. S. Collier(1) intitulée € Sur un cas de tétanos traité à Sainte-Mary's Hopital par les injections antitélaniques de Roux dans l'espace subdural — Guérison », on fit l'injection de 10 centimètres cubes de sérum dans la cavité sous-arachnoïdienne par la voie crâmienne. Il s'agissait d'un homme de 27 ans qui, le 11 février 1899, se fait une plaie au pouce. Le 20 février, 9 jours après la blessure, 1l présente les premiers symptômes du tétanos : le 25 février, il entre à l'hôpital et le jour même on lui injecte dans les flancs et les aisselles trois doses de 10 centimètres cubes de sérum antitétanique préparé à l'Institut Jenner de Londres. On donne en outre du chloral.

La nuit fut tranquille, les symptômes moins intenses.

(1) HS. Covrrer. The Lancet, 13 mai 1899.

Puis les jours suivants, le malade passe par des alternatives d'amélioration et d'aggravation.

Le 1° mars, on reçoit du sérum antitétanique que l'on avait demandé à l'Institut Pasteur de Paris. On fait une injection de 10 centimètres cubes de ce sérum dans la cavité sous-arachnoïdienne par la voie crânienne. L'opération est ainsi décrite par H. S. Collier :

& On fil une incision dans la région occipitale droite, incision courbe d'environ 1 pouce 3/4 de longueur, mettant à nu l'os qui fut débarrassé de ses parlies molles, une couronne de trépan de 1/2 pouce ful appliquée el la rondelle d'os fut enlevée. »

Pendant tout le temps que dura l'opération, on ne

nota aucun accident. Dans l'après-midi, les contractions persistaient, la température montait à 4o°, le pouls à 132. Mais le lendemain, 18 heures après l'injection, il y avait une rémission des contractures des muscles pharyngiens et des muscles du groupe cervical postérieur. La diminution des contractions des autres muscles fut DPonteenne et le malade guérit.

P. Jacob, dans un article intitulé « Recherches cliniques el eæpérimentales sur les injeclions sous-arachnotdiennes » (1), expose dans une première partie ses recherches expérimentales : dans l’autre, il relate plusieurs faits cliniques où il a eu recours aux injections de substances médicamenteuses. C’est ainsi qu'il cite l'obser-

vation suivante : Une femme, 10 jours après une fausse

(1) P. Jacos. Deutsche medicinische Wochensch., 1900, n°5 3 et 4, p. 46 et 64.

couche, présente les symptômes du tétanos. Elle arrive à l'hôpital 6 jours après le début des accidents. On lui fit une injection sous-arachnoïdienne de 10 centimètres cubes de sérum de Behring, et en même temps, on lui injecta sous la peau 2 grammes de sérum de Tizzoni. Comme aucune amélioration ne s'était produite, on fit deux jours plus tard une nouvelle injection sous-arachnoïdienne de sérum antitétanique. Le lendemain, une améloration se manifesta et la malade finit par guérir.

A cette occasion, l'auteur a pu constater que les injections sous-arachnoïdiennes ont provoqué chaque fois une élévation de température et que le liquide cérébro-spinal retiré avant l'injection de sérum ne contenait pas de toxine tétanique qui, par contre, existait dans le sang de la malade.

L'auteur n'attribue pas la guérison de sa malade à la voie dont 1l s’est servi et ne croit pas que la voie sousarachnoïdienne soit plus efficace que la voie souscutanée,

Sicard signale dans sa thèse deux auties cas : le premier est celui d’une femme de 42 ans, dont l’état était désespéré lorsqu'on lui pratiqua la première injection lombaire : après évacuation de 15 centimètres cubes de hquide céphalo-rachidien, on injecla, en 25 minutes, 6o centimètres cubes de sérum antitétanique ; on lui fit une seconde injection deux jours plus tard, puis la malade mourut. Le second cas est celui d'une femme de 38 ans, tabétique, morphinomane, à laquelle on injecta 4o centimètres cubes de sérum sous l’arachnoïde lombaire et h centimètres cubes par la voie intracérébrale, la malade

mourut trois Jours plus tard.

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