VOIE SOUS-CUTANÉE
OsservarTion IV (Inédite).
kr Service de M. le Dr SiRepEy. s:
Émile C..…, âgé de 33 ans, entre le 12 août 1900 à l'hôpital Saint-Antoine, dans le service de M. le D' Siredey. :
Le malade raconte que le 29 juillet il s'est blessé au pied “droit avec un clou rouillé ; la blessure s'enflamma légèrement, mais se guérit au bout de RE Jours.
Vers le 4 août (six Jours après l'accident), le malade éprouva quelques frissons et une certaine difficulté pour ouvrir la bou che. À partir de cé jour, apparaissent successivement de la raideur de la nuque et du tronc, puis de la raideur des jambes, alors qu ‘augmente en même temps le trismus. Les crises de contractures deviennent de plus en plus tone elles durent quelques minutes. |
Le 12 août, jour de son entrée à l'hôpital, le malade présente “les signes classiques du tétanos : raideur de la nuque, contrac-
ture des muscles du tronc, etc.
=. On trouve un peu d'albumine dans les urines.
NME 3806 573700.
Traitement. — Chloral : 7 grammes en potion.
as } je À 25H ‘ Rad Ÿ À LE SA 4 ET NE S d LA $ £ 1 è V j ‘4 L j w rl x £ L' ; : Lara 11 , Du 12 au 16 août, — Etat stationnaire, même traitement.
La température oscille entre 38° et 39°, sauf le 14 au soir où elle atteint 39°,3.
Le 16 août, on pratique une injection sous-cutanée de 20 centimètres cubes de sérum antitétanique.
AM SB ASS Sr Le 17 août, nouvelle injection sous-cutanée de 20 centimètres cubes de sérum ; on continue la potion de chloral (7 grammes).
PIN TELE ra Le 18 et le 19 août, état stationnaire. La température oscille entre 37 et 38°. | Le 20 août, les crises deviennent plus fréquentes, elles sont presque subintrantes et très douloureuses. Le trismus est très
prononcé.
: M. Five = SAIS Trailement. — 5 grammes de chloral et 4 grammes de bro-
mure de potassium en polion.
Le 21 août, la nuit a été bonne, il n'y a pas eu de crises, sauf une dans la matinée. 4
Dans la journée, on n’en compte que trois ou quatre.
Le trismus diminue un peu. Le pouls est à 100.
Même traitement (on donne un gramme de bromure de plus, soit 5 grammes).
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Le 22 août, l'amélioration se maintient : il ny a pas eu de crise notable dans la nuit ; la raideur des membres à un peu diminué. Même traitement.
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Le 23 août, la raideur s’est accentuée ; les crises ont été fréquentes. Il ny à plus d'albumine. Même traitement. |
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Le 24 août, amélioration notable ; les crises ont été rares, ce
qui a permis au malade de reposer presque toute la nuit. Le pouls est à 88.
bon. Même traitement.
la varicelle suit son cours. |
gramme de morphine.
Caro | (T4 M. 369,8. — S. 37,3. |
On fait une injection sous-cutanée de 20 centimètres cubes de : sérum antitétanique. Même potion au bromure et au chloral. 54 Le 25 août, l'amélioration s’accentue, le malade à pu sans ss.
à |aide s'asseoir sur le-bérd'de son lit; il peut remuer la tête à ja droit et à gauche et l'incline presque facilement en avant et en | : #
arrière, Le pouls est à 88. Chloral @ hrs) et bromure de ‘4 potassium (5 grammes). or T.: M. 37. — 6. 36,8. | "al Le 26 août, le maläide se plaint de n'avoir pas de sommeil et | de ressentir des fourmillements dans les jambes ; il ouvre bien la bouche ; les crises ont complètement disparu ; l'appétit est tag
Le 27 août, amélioration progressive. Même traitement. Le 28 août, on supprime le chloral et le bromure.
Le 29 août, sommeil agité. ES # Le 30 août, le malade ne pouvant pas dormir, on lui fait une
injection d'un demi-centigramme de morphine. hi 31 août et 1°" seplembre. = Le malade se plaint de douleurs & dans les reins ; on constate des signes d’embarras gastro-intes- ne, tinal. La température s’est élevée à 38°,3.
Le 2 septembre. — Même état. | Ve REMEME 38,2. 5. 38°. | ; Le 3 septembre. — On constate une éruption de varicelle. À à
ss MP 551070 4 | a Dans les jours qui suivent on ne constate rien de particulier ; | 1]
: Le 8 septembre. — On fait une injection d’un demi-centi-
Le 10 seplembre. — Toutes les OPUS ont disparu. La va- %< ricelle est complètement terminée.
Le 13 septembre. — Le malade sort guéri.
OBsERVATION V
; ; f Lœper et OPpreNxxerm. Archives générales de médecine, avril 1900.
Le nommé B..., fondeur en cuivre, âgé de 18 ans, entre à l'hôpital Tenon, le 25 juin 1899.
La démarche est très particulière. Le corps est absolument soudé, la nuque en extension, le tronc légèrement concave en arrière s'incline à angle obtus sur le bassin. Les jambes sont en extension et abduction.
Au niveau du cou, les sterno-mastoïdiens forment corde. La physionomie est tout à fait curieuse. Tous les muscles de la mimique sont contracturés. Les yeux sont bridés, la fente palpébrale notablement diminuée. Le front est ridé, les sourcils froncés, les narines sont comme pincées et du nez au menton de chaque côté deux profonds sillons s'accusent. Le trismus est très accentué, il ne permet qu'un écartement d'un centimètre.
Les membres supérieurs sont intacts.
Couché, le malade a la tête fléchie sur la poitrine ; les sternomastoïdiens énergiquement tendus. Il repose entièrement sur le plan du lit, sans opisthotonos : les membres inférieurs sont en abduction et extension forcées. Les orteils eux-mêmes sont attirés en arrière et étendus de leur première phalange.
Les muscles des gouttières vertébrales sont d'une dureté presque ligneuse : la palpation y détermine, au dire du malade, des crampes et des spasmes pénibles. Les muscles de l’abdomen dépriment et creusent la paroi abdominale.
Les réflexes sont notablement exagérés, il n'y à ni trépida-
tion épileptoïde, ni phénomène des orteils, Les fonctions s'ac-
complissent normalement. Il n'y a pas de spasmes pendant la déglutition. La vessie ne semble pas atteinte, mais le sphincter anal parait contracturé et la constipation est opiniâtre. 1
ne se produit pas à proprement parler de crises de contactures douloureuses, mais au moindre attouchement d’une
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. masse musculaire un spasme brusque et en général de courte duré e que le malade qualifie de simple crampe.
La recherche de la trépidation épileptoïde et des réflexes a occasionné de semblables troubles du côté des membres inférieurs.
La température est de 37°,5 à l'entrée du malade à l'hôpital et le pouls calme à 92. Pas de dyspnée.
Cet état dure depuis 20 Jours, époque à laquelle le malade se
réveïlla subitement un matin ne pouvant plus ouvrir la bouche.
Il crut à une « fausse position », mais la contracture persista et augmenta même le soir au point d'interdire toute alimentation solide. F « -
Il alla voir un médecin qui fit le diagnostic d'angine et lui conseilla des lavages boriqués que le malade fit conscienciéusement sans succès.
Deux jours plus tard, la nuque se raidit, les jambes refusè rent le service. À cette époque, il dut y avoir de l'hyperthermie,
car le malade se souvient d’avoir eu des’ nuits fort agitées, des
cauchemars et des bouffées de chaleur fréquentes.
Le diagnostic fut hésitant : on hésitait entre méningite cérébro-spinale toxique ou infectieuse atténuée et tétanos, lorsque l’on remarqua au pouce de la main droite un arrachement par- tiel de l'ongle avec écrasement et ecchymose.
Le jeune B.., raconta alors que 10 jours avant le débar des
accidents, lire le 24 mai il avait reçu un coup de marteau
sur le doigt. Il continua de travailler plusieurs heures avec un doigt sanguinolent et écrasé et ce n'est que deux jours après qu'il se décida à demander conseil.
IL était donc fort probable que l'on avait affaire à un tétanos traumatique d'origine externe et le 27 juin on fit, sous la peau de la fesse üne injection de 20 centimètres cubes de sérum an-
titétanique à 11 heures du matin. Le lendemain, c'est-à-dire 18 heures après l'injection, la contracture des masséters avait con-
-sidérablement diminué.
Le soir même, il était possible au malade d'avaler quelques
bouchées de viande, même du pain.
Le 29 juin. — 20 centimètres cubes de sérum. Les spasmes ont disparu complètement.
Le 80 juin. — 920 centimètres cubes à nouveau. La nuque
s'assouplit manifestement, le malade peut se lever et marcher dans la salle. Son attitude est moins soudée.
Le 2 jullel. — 10 centimètres cubes de sérum. Les masséters et les sterno-mastoïdiens sont souples. Les yeux sont bien ouverts. Les jambes peuvent se plier légèrement.
Le 5 juillet. — Disparition des contractures des membres inférieurs. f Le 10 juillet. — Le malade sort de l'hôpital, le tronc toujours
un peu incliné en avant, mais les membres inférieurs normaux. Il avait reçu 70 centimètres cubes de sérum en 6 jours.
. OBsERvATION VI V,
Lœprer et OppENHEIM. Archives générales de médecine, avril 1900.
Le nommé P... (Antoine), âgé de 38 ans, maçon, est entré le 13 mai 1899, salle Axenfeld, à l'hôpital Tenon. Ses antécédents de famille ne présentent rien de particulier à noter. Lui-même n'a Jamais fait de maladie importante, mais il est manifestement atteint d'intoxication alcoolique ancienne: il boit habituellement à 8 litres de vin par jour, » ou 3 verres de liqueur et assez fréquemment d'absinthe, et présente du reste des stigmates mulüples, rêves professionnels et rêves terrifiants (vision d'animaux, chute dans des précipices), hyperesthésie des membres inférieurs, pituites matinales, ete.
À part ces accidents relevant de l'alcoolisme, cet homme n'a
Jamais présenté de symptômes d'affection nerveuse.
Il y à quatre semaines environ (16 avril), le malade est pris sous l’éboulement d'un mur dans le chantier où il travaillait. Lorsqu'on l’a relevé, il s’est trouvé atteint de phsieurs plaies contuses situées l’une à la région occipitale, les autres à la face externe de la jambe droite, toutes souillées de terre. Transporté
on
à l'hôpital Saint-Louis aussitôt apres l'accident, il y resta 8 ; jours, puis y revint encore pendant quelque temps faire panser ses plaies en voie de cicatrisation.
Le 2 ma, alors que la cicatrisation était complète et qu'il se
disposait à repr rendre son travail, il est pris assez brusquement
. de gène de la mastication et de douleurs en avant des oreilles; il s'aperçoit qu'il n'ouvre la bouche qu'avec difficulté et très incomplètement, en même temps apparaissent des contractions douloureuses dans les membres inférieurs. Il se présente alors de nouveau à l'hôpital Saint-Louis, où l’on juge inutile de l'admettre
Le A 3 mai, le trismus augmente, le malade ne peut absorber que des aliments liquides, dans la journée surviennent
à plusieurs reprises des accès de contracture pendant lesquels tous les muscles de la face et ides membres inférieurs se raidissent douloureusement. | |
Les muscles du tronc et des membres supérieurs restent indemnes. Et ces paroxysmes douloureux se renouvellent cinq ou six fois par jour pendant toute la semaine suivante. Ils sont déterminés surtout par les mouvements du malade.
Le 13 mai, le malade entre dans notre service.
Au moment où on l'amène dans la salle et pendant qu'on le couche, il est pris d’une crise de contractures, la tête renversée fortement en arrière, le tronc en arc de cercle à convexité antérieure (opisthotonos), les membres raidis en extension avec brusques secousses spasmodiques. Cette crise dure quelques mi-
nutes et se calme quand le malade, couché, se trouve au repos complet.
= L'examen dénote alors les s symptômes suivants : le facies est à peu près normal, il y a seulement un léger degré d'occlusion des paupières et surtout une contracture assez apparente des masséters maintenant la bouche fermée, les museles de la nuque restent dans un état de demi-raideur qui n'empêche pas les mouvements de la tête, mais les rend difficiles et très peu étendus. Quand le malade essaie d'ouvrir la bouche, le mouvement est
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également difficile et Fécartement forcé des mâchoires ne dépasse pas 2 centimètres. La parole est génée, la déglutition également impossible pour les aliments solides, elle est encore très pénible pour les liquides. ;
La contracture a complètement disparu des membres superieurs et des muscles du tronc; mais les membres inférieurs restent en extension forcée : à droite, la flexion du membre est impossible soit de la part du malade lui-même, soit en essayant de le lui fléchir par force ; à gauche, il peut fléchir partiellement la jambe sur la cuisse, mais ce mouvement amène aussitôt des secousses spasmodiques très douloureuses qui ne cessent que lorsque la jambe revient au repos.
Les réflexes rotuliens sorit très exagérés des deux côtés, surtout à droite, on n'obtient pas la trépidation épileptoïde, n1 le réflexe de Babinski.
L'examen de la sensibilité dénote les troubles suivants : au repos. absolu, il n'y à pas de douleurs ; pendant les paroxysmes, le malade ressent des douleurs lombaires violentes, des douleurs à la nuque et des sensations très pénibles de tiraillements dans les membres inférieurs.
L'intelligence est intacte, il n'y a ni dépression, ni excitation psychique.
L'examen des viscères ne dénote rien de particulier, les bruits du cœur sont normaux ; le pouls est à 84 et régulier, l'appareil respiratoire est indemne, pas de dyspnée, 19 inspirations à la minute.
Du côté de l'appareil digestif, la langue est saburrale, il y a une constipation assez marquée, pas de selles depuis trois jours. Urines normales, pas d’albumine.
La température est à 37°,4. \
En présence de ces accidents tétaniques d'intensité progressivement croissante, on injecte de suite au malade 10 centimè= tres cubes de sérum antitétanique de l'Institut Pasteur, on lui administre en outre 2 cuillerées à soupe de Bromidia.
Le lendemain, 14 mai, il y à une amélioration manifeste, il
n'y à pas eu de nouveau paroxysme, le trismus a diminué, l’écartement des maxillaires atteint 4 à 5 centimètres sur la ligne médiane, les boissons sont plus facilement dégluties, mais il persiste de la raideur de la nuque et la contracture des membres ‘inférieurs reste à peu près au même degré.
: On pratique une nouvelle injection de 20 centimètres cubes de sérum antitétanique, et on maintient la Giéiranon par le Bromidia. Fr :
AE PE) ma, le malade commence à L pouvoir Héchir la jambe droite, le trismus diminue. ,
Le F9 mai, il commence à manger sans difficulté. Les jours suivants, trismus et raideur des membres inférieurs disparaissent progressivement et le malade part en convalescence le 27 mai.
Il n'y a pas eu depuis la première injection de sérum de crise de contracture. La température a oscillé entre 37° et 38°,2 et seulement durant les premiers jours du séjour à l'hôpital.
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Lœper et Orpenneim. Archives générales de médecine, avril 1900.
La nommée L..., âgée de 30 ans, journalière, enceinte de 3 mois, fait une fausse couche le 18 décembre 1898 et entre à la maternité de lhôpital Saint-Louis le lendemain soir avec des symptômes d'infection atténuée. | A l'examen, on constate que la délivrance n est point encore faite, que l'utérus est rempli de débris et de caillots. La température est de 380,5, mais l’état général bon. Le lendemain 20 décembre, eurage digital, extraction d’un placenta en partie sphacélé et très fétide, curettage et écouvillonnage.
Les deux jours suivants, la température oscille autour de 34°. On fait chaque jour des injections intra-utérines.
L'écoulement disparaît, la fièvre tombe, et du 23 au 26 dé-