‹ Contribution à l'étude du traitement du tétanosChapitre 35 sur 45 · HT OUR · texte numérisé non relu

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reuse, de parents sains, n'a eu d’autres maladies que la coqueluche à deux ans et la rougeole à six ans.

Le lundi 4 avril, elle fait une chute dans une ruelle peu fréquentée, entre deux jardins, à Montrouge. Elle se fait une écorchure à la phalangette du petit doigt de la main droite. La 3: plaie, quoique minime, saigne fortement, elle est lavée chez un . marchand de vins avec de l’absinthe et recouverte d’un linge. #

Rentrée chez elle, la malade est pansée à la vaseline. La plaie n'étant pas guérie deux jours après, les parents conduisent : l'enfant chez un pharmacien qui fait un pansement au diachylon. Aucune souffrance, pas de fièvre, appétit conservé. Le lundi 10 œril, quoique le petit doigt ne soit ni gonflé,

ni douloureux, l'enfant accuse un malaise général et une sensation pénible à la machoire inférieure et dans le dos. Elle cesse d'aller à l'école, et un médecin consulté parle d’oreillons. Cependant le lendemain 11 avril, elle se lève comme d'habitude

et va à l'école; plus de douleurs, appétit suffisant.

Le mercredi 12 avril, malaise; on la purge avec de l’eau-de-vie allemande. Le soir, elle mange avec appétit. Mais vers 8 heures à elle est prise tout à coup de contractures de la mâchoire, et

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bientôt la contracture gagne le reste du corps. Des crises

surviennent avec raideur des muscles de la nuque, du dos, des membres. Ces crises s'accompagnent de sueurs froides au visage. 41 Hyperesthésie généralisée, on ne peut toucher la malade sans la

interne des hôpitaux, a eu l’obligeance de nous communiquer la note suivante : nu Le nommé G... Jacques, âgé de 69 ans, journalier, entre à l'hôpital Cochin le 8 avril 1899, salle Cochin, n° 13 bis, dans le service de M. le D' Quénu; il présente à son entrée tous les symptômes d’un tétanos grave. On constate des plaies assez étendues sur les deux Jambes, quelques jours auparavant, le malade avait été blessé par une voiture. Le jour de son entrée, on prie M. Marmorek de pratiquer une injection intracérébrale de sérum antitétanique. Le soir de l'opération : aggravation des symptômes, agitation, etc. L0 pu P ra to R:: 362 20.7La respiration est très irrégulière, ce qui fait porter par M. Marmoreck un très mauvais pronostic. Ghloral (3 grammes), sérum antitétanique et artificiel en injections sous-cutanées. — Mort le

12 avril.

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faire souffrir. Chaque crise spasmodique durait cinq à dix minutes. Dans l'intervalle, l'enfant est assez bien, elle accuse seulement des douleurs dentaires et un peu de céphalée frontale. On donne une potion au chloral, du lait, de l’eau de Vichy.

Le 13 avril, même état.

Le 14, crises plus fréquentes, revenant toutes les cinq minutes; lavements de chloral, potion de chloral, Le soir elle entre à l'hopital.

Le 15 avril, examen de la malade. C’est le douzième jour de l'accident, le quatrième jour des crises tétaniques. La température rectale est le matin 37°,2, le soir 37°,6; le pouls est à 100, la respiration à 28. Pas de dysphagie, la mâchoire n'est pas assez contracturée pour entraver l'alimentation par la bouche.

Dans l'intervalle des accès, il persiste une raideur assez considérable de la nuque et du dos; les membres inférieurs, comme les supérieurs, se fléchissent assez bien; intelligence intacte.

Examinant la phalangette du doigt malade, on la trouve un peu sèche, sans douleur, M. L. Ombredanne, appelé à donner des soins à la malade, ampute la phalangette : pas de suture des lambeaux, pansement humide.

En même temps, il injecte sous la peau du ventre 4o centimètres cubes de sérum antitétanique. :

Isolement dans une chambre obscure. Cependant l'enfant prend quatre lavements par jour, avec 3 grammes de chloral et 3 grammes de bromure de potassium.

Le 16 avril, amélioration, détente, la contracture a cédé, l'enfant a bien dormi. La malade peut tirer la langue, ses masséters sont peu contracturés, pas de dysphagie, alimentation lactée assez facile, urines assez abondantes, pas d’albumine, deux garde-robes. Très peu de crises spasmodiques. Température 37° le matin, 37°,2 le soir. On injecte sous la peau du ventre 20 centimètres cubes de sérum antitétanique. La malade a reçu 5 lavements de 3 grammes de chloral et autant de bromure.

Le 17, raideur peu marquée des membres inférieurs, beau-

coup plus aux membres supérieurs; trismus notable, la langue peut à peine être tirée, dysphagie par moments, paroi abdominale contracturée. Pouls 116 le matin, 186 le soir; respiration 28 le matin, 33 le soir. On injecte sous la peau 20 centimètres cubes de sérum (en tout 80 centimètres cubes en trois jours).

En présence de l’aggravation manifeste, on permet à M. Ombredanne d'intervenir plus activement. on

. A midi, il injecte dans chaque lobe cérébral, 2 centimètres cubes d’antitoxine tétanique, en suivant rigoureusement la technique indiquée en pareil cas: petite incision du cuir chevelu

sur la bissectrice de l'angle formé pär la réunion de la ligne

naso-lambdoïdienne et de la verticale abaissée de l'oreille sur cette ligne à 4 centimètres de la ligne médiane, au niveau de la naissance des cheveux. Perforation de l’os, hémorragie insignifiante, issue d'un peu de liquide céphalo-rachidien. La première injection est faite à droite, l'aiguille de la seringue pénétrant dans la substance cérébrale ; durée de l'injection de 2 centimètres

cubes de sérum : dix minutes. On retire l'aiguille et on panse

au collodion. Même opération à gauche.

Dans la soirée, lavément de chloral. La température qui,

jusqu'alors, n'avait pas dépassé 37°,6 et était encore la veille au soir et le matin à 37°,2, monte le soir de l'opération à 38°,9. Le lendemain matin, 18 avril, l'état général est mauvais, les contractures sont généralisées et permanentes avec crises très fréquentes; trismus, dysphagie. Le matin, température 38°, pouls 132, respiration 40. Le soir la température monte à 40°. Le mercredi 19, à 9 heures du matin, la malade succombe

. (huilième jour des crises télaniques, dix-huitième de l'accident). Il y

avait quarante et une heures que l'injection intra-cérébrale d'antitoxine avait été faite.

OgsenvarTion IX

W. F. Gi88, British medical journal, 15 août 1899.

Le 8 février 1899, un garçon de treize ans est blessé à la

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