CHAPITRE I
TRAITEMENT DE BACCELLI
La méthode proposée par Baccelli en 1887 pour le traitement du télanos consiste à injecter sous la peau, toutes les deux, trois ou quatre heures, de 0“,02 à 0,04 d'acide phénique, afin d'arriver à en injecter de 05,35 à 0,72 par Jour.
Baccelli se basait en proposant cette méthode sur les. propriétés de l'acide phénique, qui agit comme modérateur du pouvoir réflexe, comme antithermique et comme microbicide.
La pratique ne tarda pas à donner raison à l'inventeur de la méthode et peu à peu l'usage de ce nouveau mode de traitement se répandit de plus en plus. En 1897, Zéri(1) publia 26 cas de tétanos sans aucun cas de mort. En 1898, Ascoli (2) ajouta sept nouvelles observations, ce qui porta le nombre des cas à 33, dont 32 guérisons.
Actuellement, il existe près de 70 cas publiés où les malades furent SOURIS à cette méthode, Presque toutes ces
observalions sont italiennes : nous ne connaissons qu'une
(1) Zérr. Supplemento al Policlinico, 1893.
(2) Ascour, Bull. de l'Acad. roy. de méd. de Rome, 1897-98. fase. 4.
ue
observation française de tétanos traité par la méthode de Baccelhi, c’est l'observation de X. Delore (1), que nous reproduisons plus loin (Obs. F\.
La méthode ne semble pas avoir d’inconvénient grave. On emploie des solutions dont le titre varie entre 2 et 5 pour 100. Les injections d'acide phénique sont bien supportées par les malades, elles sont peu ou pas douloureuses. Les injections se pratiquent plus ou moins loin du siège de la blessure, cela ne semble pas avoir grande Importance.
Dans le cas où elles seraient mal supportées, Baccelli conseille d'ajouter à la solution d'acide phénique un peu de morphine. Suivant la gravité des cas, suivant l’état d'amélioration ou d'aggravation que l’on observe, on diminue ou on augmente les doses d'acide phénique, soit en faisant varier le litre des solutions, soit en espaçant ou en rapprochant l'intervalle de temps compris entre chaque injection. Mais en général, 1l est inutile, même dans les cas très graves, de dépasser la dose de of',72 d'acide phénique par jour. Fioroli conseille d'aller jusqu'à trois grammes, mais avec une semblable dose le traitement devient dangereux.
L'organisme semble très bien supporter l'acide phénique en injection ; c'est ainsi qu'il n'est pas rare de voir ‘des cas où le traitement fut continué sans interruption pendant 30 et même 40 jours,.ce qui donne un total de
19 à 16 grammes d'acide phénique injecté au malade
pendant le cours de sa maladie, en prenant comme moyenne
(1) X. Deore. Gazette des hôp., 1900, n° 100.
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la dose journalière de 05,40. Malgré ces doses énormes d'acide phénique, les lésions rénales sont rares et même il n’est pas très fréquent de voir les urines présenter la coloration brun noirâtre.
Tout récemment, Montebelli (1) a rapporté l'histoire de trois cas de tétanos guéris par la méthode de Baccelli: on trouvera l’une de ces trois observations résumée plus loin (Obs. IT).
Dans ces cas, Montebelli a donné à ses malades, pendant tout le temps auquel ils ont été soumis aux injections d'acide phénique, une dose journalière de 25 grammes de sulfate de soude, ainsi que le conseille Réale dans ses recherches sur lélimination de l'acide phénique par l'organisme.
Grâce à la présence de sulfate de soude, 1l se trouve dans l’économie de l'acide sulfurique en excès : or, on sait que l'acide phénique se transforme dans l'organisme, el spécialement dans le foie, en un phéno-sulfate alcalin. combinaison inoffensive : la présence d'acide sulfurique en excès favorise donc cette combinaison et l’on évite ainsi les phénomèmes d'intoxication. Pour introduire de l'acide sulfurique en excès dans l'organisme, on pourra donner soit du sulfate de soude, soit de la limonade sulfurique suivant qu'il existera de la constipation ou de la diarrhée. Montebelli croit que c'est grâce à l'absorption journalière de sulfate de soude que l’un de ces malades a
pu supporter pendant 40 jours une dose quotidienne de
() Monreserrr. Supplemento al Policlinico, NU, rgo71, fase. 14,
SAR EM 05,65, ce qui fait un total de 26 grammes d'acide phénique. Le malade n’a présenté aucun signe d’altération rénale, n1 de coloration noirâtre des urines.
Si nous examinons les statistiques, nous trouvons dans le travail d’Ascoli un cas de mort pour 32 guérisons, soit une mortalité de 3,03 pour 100. ;
Nous avons recherché toutes les observations de tétanos où celte méthode fut employée, nous avons trouvé depuis le travail d'Ascoli 36 cas nouveaux. R. Simonini en cite onze (ce sont ceux de Tiengo, Zanotti, Wittorangeli, Pascaletti, Bussi, Pienna, Flaval, Woods, Pieraccini, Natoli, Piacott, Simonini) : sur ces onze cas, il y eut dix guérisons, seul le malade de Pascoletti mourut.
De notre côté, nous avons relevé les cas de Delore (1) (guérison), Perricone et Sappupo (2) (guérison), S. de Rossi (3) (guérison), Salviohi (4) (mort), Favero (5) (mort), Loglio (6) (mort), Dal Bello (7) (guérison), Dal Monte (8) (3 guérisons), Montebelli (9) (3 guérisons), Montalti (10) (guérison), Benvenuti (11) (guérison) : ce
\ (x) X. Decore. Gazette des hôp., 1900, n° 100. (2) Perriconr et Sarurpo. Supplemento al Policlinico, 1900, VE, p. 931-936.
(3) S. pe Rossr. Supplemento al Policlinico, 1900, VI, p. 929-981. (4) Sarviocr. Riforma medica, 1901, IE, n° 46, 24 mai 19017. (5) Faveno. Gazzetta degli Ospedali et delle Cliniche, 1900, n° 24. (6) Loczro. Sypplemento al Policlinico, 1900, VI, p. 938. (7) Dar Becro. Supplemento al Policlinico, 1900, VIF, fasc. 7, p. 209. (8) Dar Monre. Supplemento al Policlinico, 1901, VIE fasc. 19, p. 592.
(9) MonresezLt. Supplemento al Policlinico, 1907, VII, fasc. 14, p. 429-437.
(xo) Monrazri. Policlinico, 1901, VIT, fase. 29, p. 918. (11) Bexvenurtr, Supplemento al Policlinico, 1901, VI fase. 10.
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