‹ Contribution à l'étude du Traitement Électrique de la Maladie de BasedowChapitre 16 sur 22 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Due à l’obigeance de M. le professeur agrégé BORDIER)

Mile A... 22 ans.

Pas d'antécédents héréditaires. Son père est alcoolique.

Personnellement elle a toujours eu un caractère bizarre. A présenté, il y a quelques mois, de légers symptômes d'anémie. Pour cette raison, et soi-disant pour la fortifier, sa famille lui faisait prendre diverses liqueurs, ce qui lui donnait sans qu'elle s’en doute des habitudes d'alcoolisme (vins fins, liqueurs diverses, abus de thé au rhum).

I y à huit mois environ qu'elle se sent plus faible et vers cette époque elle aurait eu, dit-elle, des palpitations de cœur. À ce moment, elle n'avait pas encore de goitre ni d'exophtalmie et on attribua ces phénomènes à l'anémie.

Mais bientôt la malade vit apparaitre une tumeur à la région antérieure du cou, tumeur qui avait cette parlicularité de se gonfler aux époques menstruelles; puis l'exophtalmie apparut d'abord sous forme d'un éclat plus vif du regard, puis ensuite bien caractérisée. En même temps, la malade se plaignait d'une grande faiblesse et élait très génée par le tremblement qui avait suivi de près l'apparition de l'exophtalmie. Les palpitations continuaient à revenir fréquentes, La polypnée s'accentuait au moindre

Ce

effort ainsi que la transpiration. L'appétit était cependant irès bon. Quelquefois la malade avait de la diarrhée. Enfin les règles sont bien diminuées.

Etat actuel, 17 décembre 1901. — L'ensemble des symptômes de la maladie de Basedow s'observe presque au complet chez cette malade.

Le goître est demi-mou pulsatile, Le cou présente une circonférence de 36 cent. 5.

La tachycardie est extrêmement accusée puisque la malade à 430 pulsations à la minute.

Le tremblement est très net et empêche tout travail un peu précis comme la couture par exemple.

L'exophtalmie est très marquée, les yeux sont très saillants. Le signe de de Grœæfe est très net.

La malade est très impressionnable et d'humeur très changeante.

Ces signes joints à ceux indiqués dans l'histoire de la malade indiquent, à n'en pas douter, que l'on à affaire à une maladie de Basedow.

La résistance est mesurée ce jour-là au moyen du Pont de Wheastone (méthode de Weiss) qui indique 1620 ohms. Le traitement par le courant galvanique est appliqué.

Le 27 décembre, la malade se sent déjà beaucoup mieux. Elle prétend être moins fatiguée. Le goître à déjà bien diminué et le cou ne mesure plus que 35 centimètres de circonférence. La tachycardie n’est guère améliorée 126 pulsations. L'exophtalmie est encore bien intense, elle ne semble pas avoir diminué.

L'amélioration se fait sentir les jours suivants, les palpitations diminuent de fréquence. Pendant le mois de janvier, les règles deviennent plus abondantes. La polypnée n'est plus si intense quand la malade fait un effort.

Le 12 février, elle abandonne le traitement malgré une amélioration progressive. L'exophtalmie à bien diminué. Le tremblement n'existe plus. La tachycardie seule est encore assez intense, 122 pulsations à la minute. La résis-

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