‹ Contribution à l'étude du Traitement Électrique de la Maladie de BasedowChapitre 20 sur 22 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

{Due à lobligeance de M. le Professeur agrégé GUILLOZ)

Mme M..., 27 ans.

Trois enfants bien portants. Pas d'antécédents nerveux héréditaires où personnels. Née à la campagne,

IT y à deux ans, à la suite d'une violente émotion (elle est renversée par un bœuf), elle voitsurvenir des tremblements

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des membres supérieurs, et les symptômes que nous allons décrire, s'élablissent graduellement :

Apparilon d'un goître qui a été traité par des pommades iodées et iodurées. Des battements de cœur surviennent également pour lesquels la malade a pris de la digitale.

Lorsque nous voyons la malade (deux ans après le début des premiers symptômes) elle présente à la partie antérieure du cou, à peu près exactement sur la ligne médiane, un goitre lobulé dur, très peu dépressible et non réductible qui s'étend entre les bords internes des sterno-mastoïdiens. Il est animé de battements synchrones avec les pulsations

cardiaques.

Ce qui frappe surtout chez cette malade, c’est l'exophtalmie qui esttrès prononcée. Les paupières ne peuvent se fermer complètement. La malade a les membres supérieurs animés de tremblements prononcés, qui lui rendent difficile l'usage de ses mains. Les travaux de couture notamment, lui sont complètement impossibles à exécuter.

Le pouls bat à 150 pulsations par minute. On constate souvent des irrégularités (Lou 2? pulsations manquent).

La malade ne présente pas de troubles de la vision. Elle éprouve en tout temps des bourdonnements d'oreille très violents qui s'accentuent lorsqu'elle est couchée. Ses nuits sont très agitées par la persistance des bourdonnements, la malade ayant aussi des angoisses qui l'étreignent et lui donnent comme des faiblesses pendant lesquelles elle à quelques sueurs profuses. Elle éprouve continuellement une sensalion de constriction quelquefois douloureuse dans la région précordiale.

Cette dame très émotive, pleure très facilement.

Ni sucre, ni albumine dans les urines.

La menstruation n’est pas troublée.

Sans accuser de troubles dyspepsiques la malade a beaucoup maigri.

Elle est traitée par des applications journalières de courant continu avec transport électrolytique d'iode.

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Une électrode de feutre de 7 cent. X9 cent. imbibée d'une solution d'iodure de potassium est appliquée sur la tumeur et reliée au pôle négatif. Cette électrode constituée par une plaque d'étain recouverte d'un feutre épais doit être bouillie et soigneusement lavée après chaque opération. On y fait passer pendant un temps allant de vingt minutes à une demi-heure, un courant aussi intense que la malade peut le supporter suivant sa,susceptibilté et l'état de la peau, qui, tout en ne s'escharifiant pas dans une application bien faite, se modifie cependant plus ou moins. Le courant dans les diverses séances a été de 60 à 80 mA et même de 90 mA,

La première séance a lieu le 23 janvier,

La malade accusait avant l'application 150 pulsations. La fréquence du pouls s'élève un peu pendant Fapplication.

Le 24. — Elle ne présente que 96 pulsations pendant l'application.— Le 25, 104 pulsationsavant l'application, 106 pendant. — Il n’y à pas de modification dans les bourdonnements.

Le 27. 100 pulsations. On ne constate plus d'intermittence ni d'régularité dans le pouls. La malade à eu moins de bourdonnements.

Le 30 (7° application), 82 pulsations. Les bourdonnements ont complètement cessé. Il y en à encore quelques-uns dans la journée.

Le 31. — (8° application) 82 pulsations. Les bourdonnements ont complètement cessé, Les yeux sont moins saillants qu'au début.

La malade est traitée régulièrement (sauf le 2? février) Jusqu'au 8 février (15° séanco).

L'état est toujours allé en s'améliorant. Le pouls oscillait suivant les jours entre 85 et 95 pulsations,

L'exophlalmie à beaucoup diminué; le goilre n'a pas diminué dans les mêmes proportions, mais il s'est légèrement ramoll. ;

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Les tremblements n'existent presque plus et la malade peut reprendre ses travaux de couture.

L'amélioration subsiste jusqu'à ce jour: (neuf mois après - le traitement). La malade se considère comme guérie, et a repris ses occupations habituelles.

ORSERVATION V

(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé GUILELOZ)

Mme C.., 57 ans.

I y a 5 ou 6 ans, cette dame à présenté des troubles dys- -peptiques el cardiaques rattachés à des causes diverses. Ces manifestations traitées isolémentn'ont fait que s'accentuer. De nouveaux troubles s'y ajoutèrent et la malade fut adressée ces derniers temps à M. le D' Aimé qui porta le diagnostic de goître exophtalmique.

Les traitements employés habituellement pour cette affection (hydrothérapie, iodure, belladone, traitement psychothérapique), ne donnèrent pas de résultats. C'est alors que M. le D: Aïmé et M. le D' Labrevois m'adressèrent la malade.

Elat actuel (8 mars 1902). — Cette malade présente la généralité dessymptômes de la maladie de Basedow, goiître assez volumineux plus développé à droite qu'à gauche. Il est peu lobulé, de consistance assez molle. La malade à une gêne respiratoire permanente qu'elle attribue à son goître. Respiration accélérée.

Tachycardie : Le pouls irrégulier oscille vers 120 à 130 pulsations par minute. Il existe chez cette malade une hypotension artérielle très manifeste même sensible sous le doigt. Lespygmomanomètre de Potain indique une pression de 42 centimètres.

L'exophtalmie sans être excessive est nettement marquée. Tremblements intermittents des mains. Les émotions les font apparaître.

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La malade éprouve quelquefois des bourdonnements d'oreille.

La nuit elle est sujette à des sensations d'angoisse très pénibles, accompagnées de sueurs profuses qui l’inondent, au point qu'elle est obligée de changer plusieurs fois de chemise . Ces sueurs surviennent également dans la journée. Son sommeil, très agité, est entrecoupé de cauchemars, et le moindre bruit la réveille en sursaut.

Céphalée assez persistante avec exacerbations fréquentes. Points douloureux dans la région précordiale et au creux de l'estomac.

La malade anorexique, qui ne peut presque pas manger, éprouve par moments des crises gastriques, qu'elle ne peut faire cesser qu'en prenant un peu de nourriture. Elle a une diarrhée continuelle, son état de maigreur est très grand.

Elle présente des lroubles vaso-moteurs de la face qui rougit ou palit par places, sans causes apparentes, sous l'influence d'une telle émotivité exagérée. Elle est très irritable, croit qu'elle est perdue et ne guérira pas.

Les urines ne renferment ni sucre ni albumine.

Le traitement est identique à celui de la malade précédente.

Des applications journalières ont lieu du 8 mars au 23 (16 applications). À ce moment le traitement est interrompu pendant quatre jours, un accès de grippe l'ayant obligée à garder la chambre. Elle a même eu une syncope dans le cours de la dernière application.

Elle reprend le traitement le 28 mars et subit des séances quotidiennes, avec seulement une interruption de 2? jours jusqu'au 26 avril (43° application).

A ce moment l'amélioration est suffisante pour permettre à la malade de retourner chez elle.

Tous les symptômes, dans le cours du traitement, se sont améliorés graduellement, surtout les troubles cardio-vaseulaire et les sueurs profuses qui la tourmentaient tant.

Le nombredes pulsations est descendu à75; au sphygmo-

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manomèlre la tension artérielle ‘et de 18 «j" au lieu de 42 cjn au début du traitement.

Le goitre et l'exophtalmie sont bien moins marqués et le moral de la malade s'est considérablement amélioré.

L'appélit est revenu, les diarrhées ont cessé et elle commence à reprendre un peu d'embonpoint.

Depuis que la malade est rentrée chez elle (7 mois) l'améhoration s’est encore accentuée.

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