OBSERVATIONS DE MICHEL DE COLOGNE
(Traduites et résumées.)
OBSERVATION I
Van der Pahl, dix-huit ans, énorme polype naso-pharyngien. — Destruction
du néoplasme en cinquante-trois séances, depuis novembre 1878 jusqu’à mai 1879.
OBSERVATION Il.
: Van Grootel, dix-neuf ans. — Quarante-sept séances d’électrolyse depuis novembre 1878 jusqu’à la fin d’avril 1879. — Le malade cesse le traitement
(1) Monatschrift für Ohr,, 1887, XXI, 116.
Te
avant la guérison complète. La tumeur récidive. Grootel revient nous voir au mois de septembre 1884. — Guérison en trente et une séances, depuis le mois d’octubre 1884 jusqu’au mois de janvier 1885. Nous voyons le malade en mars 1885; il reste une cicatrice à la place de la tumeur sur les parois du
pharynx et la partie postérieure du cornet moyen. — En juillet 1886 la guérison persiste.
OBSERVATION III
Léopold Loeb, dix-huit ans; opéré à deux reprises à la clinique de Bonn. Malgré ces mutilations, récidive quatre mois après l’opération. Nous commençons un traitement par l’électrolyse. Nous faisons quatre-vingt-dix séances en deux ans et demi; le malade ne pouvait pas venir régulièrement, ce qui explique la longue durée du traitement; il restait quelquefois deux mois sans venir nous voir. — Il reste une cicatrice à la place de la tumeur.
Guérison. — La guérison se maintient au mois de novembre 1886, cinq ans après le début du traitement.
OBSERYATION IV.
Schmeing, vingt ans, vient nous trouver le 20 février 1883. — Guérison obtenue en quarante-sept séances. La guérison se maintient au bout de sept mois.
OBSERVATION V
Enfant de huit ans. — Quarante-sept séances, depuis juillet 1882, jusqu’à janvier 1884. — L'enfant supporte mal l'électricité et suit très irrégulièrement le traitement. La tumeur a diminué de moitié ; amélioration très considérable,
mais non guérison.
OBSERVATION VI
L..., dix-huit ans. — Tumeur très volumineuse; respiration par le nez complètement abolie. — Gent vingt séances, depuis le mois de janvier 1883 jusqu’au mois d’août 1885. Diminution considérable de volume de la tumeur, le malade peut faire son année de service dans l’artillerie. — Au mois d'octobre 1886, la tumeur n’a pas augmenté de volume.
OBSERVATIONS DE VOLTOLINT (1) (Traduites et résumées.) OBSERVATION I.
Jeune fille, avec un polype visible derrière le voile du palais. Nous passons l’anse électrolytique autour de la tumeur, et on peut ainsi enlever en totalité le néoplasme sans hémorragie.
(1) Die Krankheilen von Nase, etc., 1888.
OBSERVATION II
Femme de trente-quatre ans. La malade peut à peine ouvrir la bouche; la respiration est très gènée. — Nous entourons la tumeur avec l’anse électrolytique que nous mettons en communication avec le pôle négatif. — Pôle positif terminé par une électrode indifférente. — Nous laissons passer le courant quelque temps, puis en opérant une traction sur l’anse, nous détachons la tumeur, sans perdre plus d’une cuillerée de sang.
OBSERVATION III
Jeune fille de quinze ans. — Nous passons l’anse par le nez jusque dans le pharynx. Après avoir laissé agir le courant quelque temps (monopolaire), nous détachons la tumeur au moyen d’une traction.
OBSERVATION IV
Fibrosarcome opéré au moyen de l’anse galvanique. Pour détruire les restes de la tumeur, nous l’attaquons au moyen de l’électrolyse bipolaire, avec deux aiguilles comme électrodes. — Le malade mourut dans le cours du traitement d’une méningite accompagnée d’otite. L’autopsie, pratiquée par le professeur Ponfick, démontra que la mort était due à une thrombose sarcomateuse de la veine jugulaire interne.
OBSERVATION DE MICHELDSON
(Traduite et résumée.)
Jeune homme traité par l’électrolyse bipolaire avec implantation de deux aiguilles dans la tumeur. — Onze séances ont été pratiquées, l’amélioration est considérable; le traitement continue.
OBSERVATION DE KÜTTNER (!)
(Traduite de l’allemand.)
Un jeune homme se présente à la clinique pour se faire opérer d’une tumeur du pharynx qui s’implantait sur l’apophyse basilaire, remplissait complètement la moitié droite du pharynx, recouvrait le tiers de la choane gauche et se prolongeait sur le septum de ce côté. Pour en faire le diagnostic microscopique, on enleva une parcelle de la tumeur, ce qui donna lieu à un écoulement de sang assez abondant. Nous commençons un traitement par l’électrolyse avec un courant de 25 à 30mma; nous ne pouvons pas dépasser cette intensité parce que, à chaque introduction dans le circuit d'un nouvel ‘élément, le malade éprouve une secousse violente, des maux de tête, des bourdonnements et du vertige. Au bout de quelques séances, on commença à
(1) Berl, klin. Woch., 1889, no 47.
se servir du rhéostat ordinaire à 30 contacts; on put alors avoir des intensités de 50 à 60mma, On fit ainsi neuf séances du 15 février au 12 mars. Enfin nous employâmes un grand rhéostat à 54 contacts et nous pûmes élever l'intensité du courant jusqu’à 70, 80 et 92mma, Après ces séances, la tumeur diminua visiblement.
Le pôle positif était en continuité avec une plaque indifférente placée sur le bras. Le pôle négatif était relié à une aiguille en forme de lance qui s’implantait dans la tumeur. Les réactions postopératoires étaient si peu marquées que les séances pouvaient être répétées presque tous les jours. Pour obtenir la guérison complète, on a dû faire vingt-cinq séances qui ont duré cinquante et un jours. Elles se décomposent ainsi : Neuf séances avec un petit rhéostat (elles auraient pu être réduites à trois ou quatre avec l’emploi du grand rhéostat); ensuite dix séances pour détruire la masse de la tumeur et enfin six séances pour détruire les racines.
Le malade vient se présenter à nous au bout de sept mois; la guérison est absolue. Au lieu du malade anémié et souffreteux que nous avons connu, nous trouvons un jeune homme vigoureux, plein de force et de santé. Le pharynx est complètement libre; il n’y a pas la moindre menace de récidive.
OBSERVATION INÉDITE
(Prise dans la Clinique électrothérapique de Saint-André.)
U. M... se présente à la clinique pour se faire opérer d’un polype nasopharyngien, le 15 octobre 1890.
Deux aiguilles d’or sont enfoncées de 4 centimètres dans la tumeur.
I = 45 milliampères.
T = 15 minutes.
Nous voyons le malade cinq jours après; toute la partie du polype située autour du point d'implantation des aiguilles est en voie de résorption.
Deux cercles brunâtres tranchant sur la couleur rouge de la tumeur prouvent que la vitalité de ces tissus est très amoindrie.
19 décembre 1890. — Deuxième séance d’électrolyse. Deux aiguilles d’acier sont implantées de 3 centimètres dans la tumeur et à 1 centimètre l’une de l’autre.
I = 55 milliampères, T = 15 minutes.
9 janvier. — Le polype qui s’avançait jusqu’à l'entrée de la fosse nasale a rétrocédé à peu près de 1 centimètre. L’entrée de la fosse est tout à fait libre et le malade a commencé à respirer par cette narine. Le polype a changé d'aspect ; il est formé d’une partie très vasculaire à la base, partie qui n’a pas été électrolysée, tandis que la partie supérieure est à peu près complètement anémiée.
I — 80 milliampères.
M—W7iminutes
Te
Quelques jours après cette dernière séance, le volume de la tumeur à encore sensiblement diminué; la fosse semble tout à fait dégagée du côté externe.
23 janvier 1891. — Nous constatons que le polype naso-pharyngien s’est encore beaucoup rétracté; le malade respire très bien.
I — 70 milliampères.
T = 10 minutes.
6 mars 1891.— Examen de M. le Dr Guément. La cavité naso-pharyngienne examinée au miroir rhinoscopique est complètement libre, A l'examen de la fosse nasale qui à été occupée par la tumeur, on voit sur la portion cartilagineuse de la cloison, à 1 centimètre 1/2 en arrière de l’orifice antérieur et à 4 ou 5 millimètres au-dessus du plancher, une tumeur de consistance charnue, de la grosseur d’un pois.