‹ Contribution à l'étude du traitement médical des septicémies à streptocoque d'origine auriculaireChapitre 29 sur 47 · FES · texte numérisé non relu

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{thérapeutique spécifique à :

L'IMMUNO-TRANSFUSION

Nous n'avons pas l'expérience de cette méthode,

nous nous baserons donc sur le rapport du Professeur - Revercuon à la Société de Laryngologie à sa séance

tenue à La Baule le 15 Mai 1932. sk

Principe. — Suivant la définition de PAGNIEZ,

le principe est d'introduire chez un individu infecté Fe E et incagble de venir à bout de son infection une cerel taine quantité de sang étranger, mais d’un sang immunisé, c’est-à-dire d'apporter à l’organisme l’aide de substances bactéricides en quantité importante.

: Tzaxcx fait remarquer que ce procédé a pu amener RE la guérison, sans conférer l’immunité. L’immuno- | transfusion a été préconisé par Wricnt. Celui-ci, 15e en effet, a pu établir que le sang possède un pouvoir tr bactéricide qui tend à disparaître chez les sujets RTE atteints d'infection septique. L'injection d’un vaccin APE sur ces sujets ne peut amener une réaction suffisante.

Mais l’inoculation à un animal sain de microbes

Liens virulents de Vinjection de vaccin, provoque une FR augmentation notable du pouvoir bactéricide, proes priété qui persiste 48 heures environ et qui semble

non spécifique. C’est cette propriété que l’on a voulu

utiliser dans l’immuno-transfusion en recourant à des germes spécifiques.

TecaniqQues. — Klles sont nombreuses, On a voulu d’abord immuniser le sang du donneur #n pttro, mais le sang immunisé par ce procédé ne possède pas le même pouvoir bactéricide que le sang immunisé in vivo. On immunise donc le donneur lui-même. Quelle que soit la technique employée, le

‘donneur doit comme dans tous les cas de transfu-

sion sanguine être d’un groupe sanguin qui ne présente pas d’incompatibilité avec celui du malade, être bien portant, en particulier avoir un B. W. négatif. La préparation du donneur à été réalisée de façons différentes.

De nombreux auteurs, parmi lesquels le Professeur RevercHon, suivent une technique qui se rapproche de celle de WRrieur. Avec le microbe isolé du sang du malade, ils font préparer un auto-vaccin. Ils injectent cet auto-vaccin au donneur par voie sous-

cutanée. La transfusion ne doit être faite que 6 heures

plus tard. On a reproché à cette méthode, de demander un temps trop long. Il faut en effet, isoler le microbe, préparer l’auto-vaccin, attendre que la phase latente qui suit l'injection du vaccin chez le donneur soit passée ce qui, au total, demande environ 48 heures. Pour aller plus vite, on a voulu réaliser la préparation du donneur par l'injection de stock-vaccin, tel que le propidon. Mais cette

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Re méthode aurait, semble-t-il donné de moins bons

résultats. | DAS TzANCK et JaugerT cherchent à obtenir une … RUES immunisation du donneur par l’mjection de vaccin | 5 à doses croissantes pendant plusieurs mois. SEJOURNÉ Ÿ expose, dans la Presse Medicale du 14 Mars 1981, ” | Re les principes sur lesquels doit être basée à son avis, LES la préparation des donneurs. Ces principes sont +! sensiblement les mêmes que ceux de Tzancx et Se JaugerT. La préparation doit Lei , 19 Provoquer l’apparition des anticorps humo-

HAS raux. Le point essentiel de cette partie de la prépa- EUR ration est d’avoir un bon antigène, la production SN des anticorps est naturellement obtenue par l’injecne ; tion sous-cutanée de doses progressivement crois-

os . santes de vacein. Ce mode de vaccination nécessite ne 9 à mois. < | 20 Renforcer l’activité phagocytaire des globules | blancs. La meilleure technique consiste dans l’injecia tion, une denue heure avant la transfusion de quel-. ques centimètres cubes de vaccin composé uniquement de corps microbiens tués par la chaleur. Nous citerons encore quelques techniques qui sont des variantes des deux précédentes : À Heserr propose l’immunisation par plusieurs.

injections intra- -dermiques, puis sous- cutanées de vaccin. ; ; 7 Ouparp, Guicnarp et Le Bourco font la trans- Lee fusion avec du sang défibriné. Voici la manière dont ne ils ont procédé : D’après Wrrcnr, injecter une dose

ps Pr af

relativement faible de vaccin par voie sous-cutanée,

à un donneur convenablement choisi ; 6 à 10 heures

après la vaccination, le sang du donneur est recueill dans un bocal stérile. Ce sang est battu pen-

dant 12 à 15 minutes afin de défibriner. Puis on

l’injecte dans la veine au moyen d’un entonnoir avec tube de caoutchouc et un bout de verre introduit dans une veine préalablement disséquée. L’injec-

tion est faite très lentement et demande 25 à 30 mi-

nutes. Les auteurs font remarquer qu’un demi-litre de sang après défibrination donne environ 350 er de sang liquide. Ils ont injecté entre 350 et 500 centimètres cubes de sang défibriné.

Nerrer, après immunisation par injection intradermique puis sous-cutanée d’auto-vaccin fait des irmmuno-transfusions de 200 gr. chaque fois, d’abord tous les trois jours, puis tous les quatre jours.

Incidents chez le donneur : ce sont les phénomènes consécutifs à toute injection de vaccin : céphalée, frisson; élévation thermique, courbatures. Ces phénomènes sont moins marqués si l’on a recours à la vaccination par vole sous-cutanée et non par voile intra-veineuse. |

Incidents chez le malade : en général ils sont nuls, pourvu qu’on prenne les mêmes précautions que lorsque l’on fait une transfusion. On a cependant cité la possibilité de réactions assez marquées avec frisson, courbature généralisée.

> IncoNvÉNIENTS. — La méthode de l’immuno-transfusion présente un inconvénient important. Elle est

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souvent d’une réalisation difficile. Le Professeur

RevercHon, dans les conclusions de son rapport à la Société de Laryngologie, dit : «la difficulté reste d'ordre pratique, les centres de donneur sont rares, seuls à ma connaissance, les hôpitaux de Paris possèdent un centre organisé ». Dans la discussion LresauLr dit n’avoir aucune pratique de l’immunotransfusion, mais il croit que pour les soins de septicémie il est extrêmement intéressant de chercher à faire des transfusions. Or, dit-il, : Qil est parfois très difficile, en province et dans les villes où il n’y

a pas d'enseignement, de trouver des donneurs. »

Si on trouve un donneur volontaire, son immunisation par la méthode de Wrieur qui pour beaucoup d'auteurs est insuffisante demande un minimum de 48 heures. [L’immuno-transfusion, en dehors des cas où l’on a un donneur préparé d’avance, c’est à-dire en dehors des villes où il existe des centres

de donneur ne sera done qu’une médication tardive.

D'autre part, nous avons dit qu’un donneur ne peut être utilisé que deux fois à 48 heures d'intervalle.

Résurrars. — Le professeur Revercuon conclut son rapport en disant que l’immuno-transtusion apporte dans le traitement des septicémies : « une ressource thérapeutique indéniable. » Pour lui, elle doit être précoce, et elle sera d’autant plus active qu’elle sera plus spécifique.

À l’appui de ces conclusions, l’auteur a cité un certain nombre d’observations : à

- 19 Une observation de Brocm où l’hémoculture a été négative et qui s’est terminéé par la mort. La malade,

- une enfant de 13 ans n’avait réagi à aucun des médicaments

employés : sérothérapie antigangréneuse violet de gentiane abcès de fixation et enfin transfusion et immunotransfusion. Peut-être, note l’auteur, pourrait-on dire que cette méthode a été utilisée un peu tardivement.

29 Une 22 observation de BLocn avec hémoculture également négative, mais il semble que l'agent causal ait été Je staphylocoque.

30 Une observation de Revercuon et BERNARD : Septicémie à streptocoque d’origine otitique traitée et guérie par l'action combinée du traitement chirurgical, de l’immuno-transfusion et du sérum anti-streptococcique.

Ayant rapporté l'observation, l’auteur conclut en résumé : :

Diagnostic : otite avec mastoïdite, thrombo-phlébite du sinus général et du golfe de la jugulaire. Septico-pyvohémie à forme sévère, et au cours de cette évolution, constitution d’un syndrome pseudo-cérébelleux par méningite circonscrite à l’étage postérieure.

Thérapeutique : a) Chirurgicale : étapes successives de la chirurgie oto-mastoïdienne :

1) Paracentèse du tympan le 28 mars.

2) Trépanation de la mastoïde en raison des signes de

rétention le 4 avril.

3) Découverte, ouverture, curettage du sinus latéral et du golfe de la jugulaire, le 10 avril.

4) Découverte plus large de la fosse cérébelleuse. Ponction de la citerne postérieure.

b) Médicale : |

1) Sérothérapie avec le sérum de Vincent.

2) Injection intra-veineuse de trypañlavine qui paraît n’avoir donné aucun résultat.

Reliquet. 5

3) Hémothérapie. Il a été fait au malade trois immunotransfusions les 41, 13 et 29-avril et une transfusion ke 26.

Conclusion : La part qui revient à chacune des thérapeutique, immuno-transfusion et sérothérapie, est difficile à. déterminer, en ce qui concerne la période d'amélioration antérieure, aux phénomènes de compression cérébrale, les deux méthodes ayant été employées concurremment. Pour la période terminale de l’évolution, il n’est pas douteux que

c’est l’immuno-transfusion qui à jugulé les derniers phé-.

nomènes.

49 Une observation de RevercHon. Voici le résumé de cette observation :

Un jeune homme de 18 ans présente au cours d’une otite ancienne réchauffée une réaction méningée avec polynucléose rachidienne. Sans germe, n1 à l’examen direct ni à la culture du liquide céphalo-rachidien. La mastoïdectomie est pratiquée d’urgence le 27 septembre 1930. On

trouve des lésions osseuses étendues avec abcès extra-dural

au contact des sinus. Mais le sinus est sain, Le lendemain, amélioration considérable avec chute de la température et disparition des signes méningés.

Mais Le 4 octobre : frissons, élévation brusque de la température. Une hémoculture pratiquée immédiatement,

révéle la présente du streptocoque. Plaie mastoïdienne

norrale. Le 8 octobre on note un sphacèle de la paroi du sinus. Le 10, 12 et 14 octobre, au cours du pansernent, héorragie qui cède au tamponnement. Le 14 les hémor-

raiies cessent, les accidents septicémiques ont disparu dés le 10. L'auteur met l’amélioration sur le compte

d’ue immuno-transfusion pratiquée le 8 octobre.

Fes a

Professeur RevercHoN rappelle égal dément 20

Ir ommunications : de Tzancrk et WeisnanNw-

Nerrer (Société médicale des Hôpitaux, 5 Juillet

1929, } Lévi-Sorar et Tzawcx (Société Médicale

des Hôpitaux, 1928 et Revue Française de Gynécologie et d'Obstétrique, Septembre 1930) ; Heserr (Société Médicale des Hôpitaux, 20 Juillet 1928). Ces auteurs ont obtenu des résultats heureux avec l'immuno-transfusion au cours de diverses septicémies. Dans la discussion du rapport M. Ramapbtrer rappelle une observation de Paris et Los où l’immuno-tranfusion a été inefficace alors que le sérum de Vincent a eu une heureuse influence. Nous résumons cette observation à propos de sérum de Vincent. M. Canuyr rapporte au contraire le cas d’un enfant qui n’a pas été amélioré par le sérum de Vincent et qui a été guéri par deux immuno-transfusions. Et il dit que comme toutes les autres thérapeutiques, l’immuno-transfusion a des succès à son actif mais aussi des échecs.

Hazenen dit avoir eu recours à l’immuno-transfusion l’année précédente.

Il s’agit d’un enfant qui présentait une température à grandes oscillations depuis deux mois à la suite d’une double mastoïdite. Pendant ces deux mois on avait pratiqué des injections de septicémine, de trypaflavine, de pyoformine, sans aucun succès. On eut également recours à des transfusions qui semblent n’avoir eu aucune action, Enfin après deux mois d’oscillation on a pratiqué une immuno-transfusion, qui a été suivie d’une apparition d’arthrite purulente au niveau du coude, puis d’une pleurésie purulente. L'auteur croit que la septicémie s’est

transformée grâce à l’immuno-transfusion en septico-

pyohémie, mais dit-il, elle n’a pas eu l’évolution favorable une l’on avait espéré car l'ouverture de la plèvre entraîna la mort en l’espace de 48 heures. .

André Brocm dit qu'il a eu plusieurs fois à se louer de l’immuno-transfusion. ;

Il nous faut encore rappeler une observation publiée à l’occasion de ce rapport par Le Mée et MaGDELAINE : immuno-transfusion au cours d’une mastoïdite bilatérale compliquée. Guérison.

Monique G.., 5 ans. Scarlatine en février 1931. Paracentèse double le 1€r juin. Le 5 juin torticolis à droite et douleur à la pression de la mastoïde du même côté. Le 6 . mastoïdectomie droite. Le 7 : ascension de la température qui était tombée à 3705. Signes de mastoïdite à gauche. Mastoïdectomie gauche. Dénudation du sinus gauche qui paraît sain, puis dénudation du sinus droit. qui présente un aspect blanchâtre et sphacélique, mais qui est per- méable. Le 8 la température restant élevée, incision du sinus à droite : caillot fibrineux peu étendu. Une ponction lombaire montre une légère réaction méningée sans germe. Très mauvais état général. Le 9 transfusion simple de 150 centimètres cubes de sang. En outre, à partir de cette date on fait deux fois par jour uné injection de 10 centimètres cubes de violet de gentiane. Le 12 : hémoculture positive au streptocoque. Le 13 : deuxième transfusion simple, 200 centimètres cubes. État alarmant. Le 17 : première immuno-transfusion de 125 centimètres cubes. Apparition de phénomènes articulaires au niveau des deux épaules, des deux hanches et du genou droit. Le 22 : deuxième immuno-transfusion 80 centimètres cubes. Amélioration nette de l’état général. Les arthrites dè la hanche

et du genou droits se précisent, Les autres régressent. Le 30 juin : l'enfant quitte le service pour être confié au chirurgien. Le 14 août les plaies mastoïdiennes sont cicatrisées: À la mi-septembre l'enfant commence à se lever et en novembre il ne reste que quelques séquelles articulaires.

Comme le font remarquer les auteurs, cette observation est très intéressante, car différentes thérapeutiques ont été employées sans succès. La transfusion simple notamment s’est montrée inopérante.

À la même séance fut communiquée l’autoobservation de J. Sucu.

Otite gauche. Le 31 janvier paracentésée le jour même et paracentèsée une seconde fois le lendemain. Le 3 février mastoïdectomie gauche (D' Le Méfe) : suites normales. Le 15 : réapparition des douleurs. Le 19 : deuxième intervention : évidement pétro-mastoïdien. Amélioration. Le 20 février : frisson, température à 400, signes de septicémie. En outre céphalée, vertiges, nausées. Troisième intervention. Immuno-transfusion de 200 centimètres cubes. Lie 22 :

- amélioration nette. Le 23 : température à 3705. Cinq ou six jours plus tard reprise de douleurs au fond de l'oreille dans la région frontale, et intra-crânienne. Au bout d’un mois, les douleurs persistent, quatrième intervention qui fait découvrir un foyer d’ostéite dans la région du promontoire. Guérison.

Pour Le MÉée, cette observation met en valeur l’action possible de l’immuno-transfusion quand l'infection tend à franchir les limites du foyer causal,

Le donneur avait été préparé depuis deux ou trois

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