‹ Contribution à l'étude du traitement opératoire de l'arthrite chronique déformante de la hancheChapitre 5 sur 19 · HAUTES · texte numérisé non relu

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Ces arthrites évoluent donc progressivement et lentement, sans aucune tendance à la suppuration ni aux altérations graves des surfaces articulaires telles qu'on les voit dans la tuberculose ou la syphilis.

Si on examine les malades à un stade déjà avancé, on observe les signes physiques fournis par l'examen d'un coxalgique :

Limitation plus ou moins prononcée des mouvements de la cuisse : rotation et abduction surtout. La non-tendance à l’ankylose, quoique classique, n'est pas absolue.

Attitudes vicieuses même, en flexion et adduction, ou flexion et abduction.

Atrophie musculaire de la cuisse.

Jusqu'ici le diagnostic avec la coxalgie reste très difficile. On est seulement impressionné par l'absence de tuberculose dans les antécédents héréditaires ou personnels, de ganglions inguinaux et ilaques, par le bon état général, par la lenteur de l'évolution, l'absence de suppu-

ration. Mais deux signes positifs ont une grande valeur :

Les craquements articulaires perçus souvent par le malade lui-même et par le médecin à la mobilisation du membre ; craquements souvent rudes, sentis par la main et même entendus à l'oreille; quelquefois simples frottements que Nélaton comparait au bruit que feraient en frottant, l’un sur l'autre, deux morceaux de velours d'Utrecht ;

La radiographie, sur laquelle nous devons insister.

Les lésions, en effet, sont très différentes des autres lésions chroniques de la hanche, la coxalgie en particulier.

Qu'observe-t-on ? Un double processus.

1° L'usure des cartilages articulaires, amenant même une déformation de la tête, plus ou moins rongée ;

2° Une prolifération périphérique, entourant les surfaces articulaires.

C'est ainsi qu'on trouve :

Une tête fémorale plus ou moins abimée, aplatie en tampon de Wagon, par exemple ;

Un col dont l'angle d'inclinaison peut être légèrement modifié, cependant la coxa vara est rare (Perrin, Revue d'Orthopédie, 1912).

Une cavité cotyloide agrandie.

Des surfaces articulaires floues, par usure des cartilages diarthrodiaux ou par début d'ankylose. ;

Mais, surtout, des néoproductions osseuses, des ostéophytes, ( véritables stalactites osseux », soit au pourtour de la cavité cotyloïde, soit à la base de la tête. Les muscles périarticulaires même peuvent s'ossifer.

C'est la lésion fondamentale, caractéristique, de l'arthrite déformante de la hanche, bien différente de la décalcification ou des géodes tuberculeuses.

Nous verrons que ces productions osseuses suffisent parfois à gêner mécaniquement la marche et qu’elles peuvent être enlevées chirurgicalement.

Le schéma de radiographie que nous reproduisons montre — en les accusant naturellement, car les contours ostéophytiques sont habituellement flous — ces proliférations osseuses observées chez le malade de notre obser-

Vation il:

PT Lo

La radiographie met particulièrement bien en évi-

dence

Les gros traits indiquent les contours nets et de premier plan. Les traits légers, les contours plus flous.

1° Les néoproductions osseuses très abondantes, soit autour du sourcil cotyloidien, qui prend un aspect irrégulier, soit à la base de la tête fémorale. À noter la grosse saillie en forme de dent, au niveau du bord supérieur du col;

2° L’usure de la surface articulaire fémorale, qui a

perdu son aspect régulièrement sphérique.

Les calques radiographiques sont dus à l’amabilité du Dr Japiot, chef du Service radiologique de l'Hôtel-Dieu.

Les différentes interventions pratiquées dans les arthrites chroniques déformantes de la hanche.

Ainsi, c’est devant un malade gêné dans son travail ou dans sa marche, ou même retenu au lit quoique jeune encore, c'est en somme devant un,infirme, que la question de l'intervention chirurgicale se posera. Elle sera plus pressante encore si le malade fait partie de la classe ouvrière et doit gagner sa vie.

Un âge pas trop avancé ;

Un état général satisfaisant ;

Une arthrite monoarticulaire ou au moins nettement prédominante à une hanche ;

Telles sont les conditions d'intervention.

Elles n'ont pas jusqu'ici été nombreuses, en France surtout, et si nous consultons soit les traités classiques, soit les Revues des dernières années, nous ne trouvons le plus souvent, au chapitre du traitement, que des lamentations sur l'insuffisance des résultats de la thérapeutique.

Dans Duplay et Reclus, nous notons la phrase sui-

vante : « Le traitement ? Nous n’en avons pas. Soulager

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