OBSERVATION V
Incidents postopératoires chez une basedowienne.
Mme G.., 57 ans, Caudéran.
A présenté il y a quatre ans un goitre exophtalmique de moyenne intensité caractérisé par une hypertrophie du corps thvroïde avec exophtalmie (rès marquée : fixité du regard, saillie des globes des deux côtés, amaigrissement rapide, tremblements, troubles du caractère : anxieux, émolil, irascible: tremblement très accusé; pouls rapide et tachyarythmie; métabolisme à + 40 p. 100. Cette affection évolue sans grandes rémissions sous l'in- Îluence du traitement iodé jusqu'à février 1935, où la malade consent à se faire opérer. Elle est opérée en deux temps par M. le
Professeur Jeanneney, et le résultat immédiat est, au dire de la malade, « merveilleux ».
Le poids augmente de 5 kilos en un mois.
Le tremblement à disparu.
Les signes oculaires sont très atténués : la fixité du regard et la saillie des globes sont moins importantes.
Le pouls est normal: le cœur bat normalement.
Cet état de bonne santé persiste pendant six mois. C’est alors qu'apparaissent une série de troubles qui consistent en céphalées violentes, en casque de plomb s'installant et disparaissant brusquement. Boulfées de chaleur survenant plusieurs fois par jour. Tachyarythmie qui survient dès que la malade pose le pied par terre et cessant lorsqu'elle s’allonge. Tous les matins, la malade pleure el son, nez coule pendant quelques minutes. La ménopause est survenue depuis huit ans. En dehors de ces troubles, jamais de maladie au dire de la patiente.
En examinant cette malade étendue dans son fauteuil, on note que ses traits sont tirés, ses yeux un peu saillants sont mobiles, la paupière clignote et se ferme normalement. Pas de tremblements. Le pouls, régulier, bat à 70. Le cœur est normal. Le réflexe oculocardiaque recherché montre une accélération des battements.
On fait lever la malade, qui fait quelques pas. Elle accuse aussi- Lôl des palpitations. Son pouls monte à 90. Les bruits du cœur sont rapides et irréguliers.
La respiration est dyspnéique.
Cet état dure depuis quatre mois, malgré un traitement au lugol et à la spartéine.
On prescrit la diodotyrosine à la dose de 20 centigrammes par jour, et on continue la spartéine.
Après un mois de ce traitement, l'amélioration est nette. Les céphalées sont plus rares et moins violentes. Les bouffées de chaleur ont disparu. Le catarrhe oculo-nasal à disparu. La malade est moins dyspnéique lorsqu'elle marche, mais elle se plaint toujours de palpitations et elle est restée arythmique. Les veux ont les mêmes caractères. Le réflexe oculo-cardiaque se produit dans le sens d'une accélération.
Goux. 3
CONCLUSION, — Un traitement par la diodotyrosine, pendant un mois, à provoqué une légère amélioration des troubles subjectifs chez une malade présentant des troubles sympathiques consécutifs à une maladie de Basedow.
Observation due à l’obligeance de M. le Docteur Pesme.