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On injecte à un lapin de la thyroglobuline à plusieurs reprises. En mettant du sérum humain en présence de sérum de lapin ainsi préparé, on trouve le seuil de la précipito-réaction. D’après ces expériences, on décèle la présence de thyroglobuline dans la lymphe et le sang veineux efférents de la thyroïde, mais non dans la lymphe du canal thoracique-et des membres ni dans le sang artériel.
Puisque l’iode thyroïdien est à l’état protidique, il est très vraisemblable que thyroxine et diodotyrosine sont élaborées en partant de la thyroglobuline. Peut-être s'agit-il d'une de ces hydrolyses diastasiques comme on en voit tant d’exemples en biologie.
Harrington et Barger regardent la diodotyrosine comme un intermédiaire dans. la synthèse de la thyroxine : celle-ci serait probablement formée par l’accouplement de deux molécules de diodotyrosine avec perte d’un chaïînon d’un côté. Cette suggestion, non vérifiée, est cependant acceptée comme une hypothèse raisonnable.
Abelin, lui, pense que l’activité physiologique de l’hormone thyroïdienne est la résultante des effets antagonistes de la diodotyrosine et de la thyroxine normalement en équilibre. Cet équilibre est détruit dans les états pathologiques de la glande thyroïde, l’hyperthyroïdisme étant associé à une prépondérance de la thyroxine, le myxœdème à un excès de diodotyrosine. Il y aurait donc des thyroglobulines riches en thyroxine et d’autres riches en diodotyrosine.
PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES ET DYNAMIQUES DE LA DIODOTYROSINE
Action opposée à celle de la thyroxine.
La diodotyrosine a été étudiée expérimentalement par Abderalden et Wertheimer, et Harrington, qui la considère comme la substance même de la thyroïde. Les auteurs alle-
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mands ont montré qu'elle agissait favorablement sur la métamorphose du têtard et de l’axolotl. On obtient par son action le développement rapide des œufs d’oursins.
Zwell alimente, pendant des semaines, avec de la diodotyrosine ajoutée au régime normal, des rats qui se développent normalement, sans qu'on note de symptômes thyréotoxiques.
Abelin et ses élèves ont tendu à prouver qu'elle était un antagoniste de la thyroxine, et que la glande, qui sécrétait les deux, se trouverait, dans le cas des hyperthyroïdies, en face d’une prédominance de la thyroxine. Ils ont montré qu'elle était capable de modifier le surplus de thyroxine existante, de neutraliser, dans une certaine mesure et à certaines doses, les effets de l’hyperthyroïdisation.
C'est ainsi que, chez un rat, dont l’examen du métabolisme basal montre des élévations de + 52,6, + 98, + 153, 3 p. 100, en dernier, ne fut plus que de : + 56, + 89,6, + 61,4, + 67, 1 p. 100, si on continue le et thyroïdien en ajoutant la diodotyrosine.
Abelin montra en outre que le traitement combiné permet avec une alimentation sucrée de déceler dans le foie une teneur en glycogène de 2,52 p. 100, tandis qu'avec la même dose de corps thyroïde et même alimentation, sans diodotyrosine, on ne trouve plus de glycogène.
La diodotyrosine est capable, pour le même auteur, de faciliter l'accumulation dans la glande de colloïde: par conséquent, cette substance se comporte tout différemment de l'iodure de potassium, qui, selon Gray et Loeb, stimule la croissance épithéliale et la liquéfaction de la colloïde. Les animaux de laboratoire traités avec des injections de lobe antérieur de l'hypophyse montrent au niveau de la thyroïde une disparition de la colloïde (ou une quantité très petite de cette substance), tandis que l’adjonction ou l'administration simultanée de diodotyrosine rend à peine visible cet effet des injections de lobe antérieur, La diodotyrosine s’est montrée en général à Abelin et à ses collaborateurs comme inhibitrice de l’action activante de la glande thyroïde.
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L'action de la diodotyrosine sur la métamorphose est la même pour tous les auteurs : une action de trophicité générale.
L'action de la thyroxine est différente puisque Ungar et Zerlin lui attribuent une action inhibitrice, aux doses fortes, et stimulante, aux doses faïbles, sur le développement des œufs d’oursins.
Effets comparés de l'iode, de la thyroxine, et de la diodotyrosine.
Sainton et Simonnet ont ‘bien étudié les effets comparés de l’iodure de potassium, thyroxine, et diodotyrosine. Leur expérimentation à porté sur des gallinacés :
1° Une poule de 2 kilos reçoit chaque jour pendant un mois et demi 2 centigrammes d’iode sous forme de solution de Lugol, soit en tout 0,90 d’iode. Elle perd environ 600 grammes, ses plumes deviennent sèches et ne tombent pas, la crête se recroqueville, il y a diarrhée profuse et mort.
2° Une poule de 1.200 grammes recoit 1 milligramme de thyroxine pendant vingt et un jours, soit 14 milligrammes d'iode. L'animal maigrit rapidement et avait perdu 1/6 de son poids au moment de sa mort. Il devient irritable, combatif, son regard et brillant, il présente du tremblement intermittent, sa formule sanguine se modifie. Il y a diminution des hématies et de la teneur en hémoglobine et augmentation des leucocytes. À la période terminale apparaît la parésie des pattes, et l’animal meurt de convulsions.
3° Une poule de 1.700 grammes reçoit quotidiennement 10 centigrammes de diodotyrosine pendant vingt-trois jours, puis 0 g. 20 pendant cinquante-quatre jours, puis { gramme pendant dix-sept jours, soit 37,50 de diodotyrosine ou 18 grammes d’iode. Le poids est passé de 1.700 à 1.900 en un mois et demi, et il était de 1.950 grammes à la fin du traitement. Légère action sur les phanères.
4° a) On donne 1 milligramme de thyroxine associé à
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10 centigrammes de diodotyrosine : chute de plumes, perte de poids, cachexie, convulsions en un mois, avec 24 milligrammes de thyroxine et 2,40 de diodotyrosine.
b) On donne 4 milligramme de thyroxine associé à 20 centigrammes de diodotyrosine en vingt et un jours : blanchiment des plumes, perte de poids. On cesse le traitement immédiatement, l'animal reprend du poids, 36 grammes en dix-huit jours, mais le blanchiment continue avec intensité et reproduit le plumage des hyperthyroxinies lentes. Formule sanguine : mêmes variations.
On peut tirer les conclusions suivantes : l’iode administré sous forme de thyroxine, de diototyrosine ou d'iode minéral exerce des actions bien différentes. Tandis qu'à faibles doses (15 mg.) l’iode thyroxinien entraîne la mort rapide de l’animal, il faut environ 1 gramme d'iode minéral pour obtenir le même résultat. Par contre, avec de la diodotyrosine, la dose de 17 grammes d’iode, non seulement ne s’est pas montrée toxique au bout de près de quatre mois de traitement, mais elle favorise le développement de l'animal.
Dans les conditions expérimentales où nous nous sommes placé, la diodotyrosine ne s'oppose pas à l’action de la thyroxine dont les eflets s’exercent dans les mêmes conditions de temps et d'intensité que si elle était donnée seule.
Mais si leur action ne s'oppose pas, on est tout de même en droit d'affirmer que leurs effets sont opposés. Ces données expérimentales ont conduit à l'utilisation de la diodotyrosine dans les états hyperthyroïdiens. Nous allons en voir les résultats. Ces résultats et les conclusions expérimentales qui opposent thyroxine et diodotyrosine nous ont amené à étudier l'action de cet acide aminé dans les états d'hypersympathicotonie.