Pendant la grossesse
La condition primordiale pour avoir le droit d'employer la voie haute c’est que l'enfant soit non seulement vivant, mais encore viable. C’est dire qu’on n'envisagera même pas la possibilité d’une césarienne à 6 mois 1/2 ou 7 mois de grossesse, à moins qu’on ait la main forcée par une hémorragie extrêmement grave, ce qui est exceptionnel, On n’interviendra donc que sur une grossesse avancée, à terme ou au voisinage du terme.
On n'’interviendra pas non plus après la première hémorragie, sauf le cas très particulier de la multipare dont le col est béant ce qui permet, avant tout début de travail, de faire le diagnostic du placenta central. É
Mais en général le toucher ne donne que des renseignements insuffisants ; le segment inférieur peut sembler distendu, matelassé dans ses hauteurs, mais rien ne peut faire conclure au siège exact du placenta.
Le mieux est d'attendre, laisser la femme répéter ses hémorragies. Le plus souvent on voit ces malades supporter très bien ces pertes de sang qu’elles réparent les jours où elles ne saignent pas et arriver ainsi à terme pour accoucher spontanément.
Mais la femme sera sous une surveillance rigoureuse, car s’il y en a qui supportent très bien ces hémorragies répétées, d’autres s’anémient progressivement comme le montrent les examens de sang successifs où la teneur en globules rouges baisse régulièrement. Si l’intervention chirurgicale semble peu tentante chez des femmes ainsi anémiées, il faut cependant savoir s’y résigner à temps, si l’état de la femme semble trop grave pour qu'on puisse continuer à différer l’intervention.
En somme, en dehors des cas de placenta central sûrement reconnu chez une femme près du terme, les indications de la césarienne pendant la grossesse sont rares.
On immobilisera la femme, on essaiera de calmer la contractilité utérine, on remontera son état général, tout cela pour gagner du temps et atteindre ainsi la viabilité de l'enfant.